‹ 1815 (volume 3)Chapitre 181 sur 226 · PAKIS EN AVRIL KT EN MAI · texte numérisé non relu

PAKIS EN AVRIL KT EN MAI

la harangue do Napoléon aux officiers fut chaudement accueillie1. Pour le défilé, l'empereur se plaça devant le pavillon Médicis. très en avant de son étatmajor, et ayant à sa droite le général Lnbau et à sa gauche un grenadier sans armes, chargé de prendre les pétitions. C'était sa seule protection contre un Ilot de peuple que l'on avait laissé pénétrer dans la cour des Tuileries et qui s'agitait à dix pas de lui. « Il aurait été bien facile, dit un Anglais témoin de la scène, de faire feu sur Napoléon et mémo de le poignarder. J'admirais sa sérénité. Son visage est très pale, ses mâchoires pendantes, mais pas autant que je l avais entendu dire. Il n'est pas bien gros, mais son ventre est si saillant que l'on voit son linge passer au-dessous île son gilet. Il tenait ses mains jointes par devant ou par derrière, mais quelquefois il les séparait pour se frotter le nez, prendre plusieurs prises de Ubac et regarder à sa montre. Il poussait souvent des soupirs, avalant sa salive et paraissant souflïir quelque douleur dans la poitrine. Il regardait tout ce qui se passait autour de lui en fronçant les sourcils et en les rapprochant l'un de l'autre, comme pourvoir plus distinctement. Le défilé dura deux heures. Il passa par toute cette ennuyeuse cérémonie avec une impatience paisible ». »

1. Itapporl de police, 17 avril. ;Arch. nat.. F. T. 3774.) Rap|vort du chevalier d'Artez, i't avril {Di*p>«ch* of Well.nyton, Supplément, X. i47j. Uob house. Lettres, I. 39. Moniteur et Journal de ï Empire, 17 et 18 avril.

Napoléon. Corresp., XXXI. 107. — Sur 1rs craintes d'une sédition dans la Karde nationale, cf. nipp.de Héal. i7 mars. (Arch. nal., AK. IV, 1931.)

l^i revue, d'abord annonce pour le 9 avril, fut remise au dimanche suivant. On en conclut que l'empereur redoutait de passer celle revue. « l.a raison de l'ajournement, dit \a|>o|eon à Saiule-Melène. ' tait «pu- le dimanche 9 la garde nationale se trouvait en concurrence avec des troupes «le ligne qu'il importait île faire partir tout de suite pour leur destination. • L'assertion de Napoléon est exacte. Il y a un ordre de I>avowt du 9 avril prescrivant de « mettre en route pour Metz les huit régiments d infanterie et de cavalerie passes en revue aujourd'hui • (Arch. Guerre).

i. Ilobhouse, Lettre*, I, tf-37.

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Dès le 2i mars. Napoléon avait inauguré l'empire libéral en abolissant la censure1. «< - — Je ne crain* pas <le donner la liberté de la presse, dit-il : depuis un an on a tout dit sur moi. » Mais au grand étonnement des royalistes, la plupart des journaux usèrent de cette liberté avec beaucoup de discrétion, f 1 y avait des raisons. Le 20 mars, les publicistes qui depuis <juin/e jours traitaient Napoléon de « tigre altéré de sang » et autres gentillesses étaient peu rassurés sur la façon dont le susdit tigre allait apprécier ce langage. Ils craignaient la suppression ou la conliscationde leurjournal, la prison pour eux-mêmes*. Dans cet état d'esprit, ils souscrivirent sans difficulté à la proposition que leur fit faire Fouché d'accepter le contrôle officieux d'un rédacteur-censeur désigné par le gouvernement. Ils redoutaient bien davantage! Jouy fut placé à la Gazette de France \ Dupaty au Journal Général. Lacoste à la Quotidienne qui. le 4" avril, devint la Feuille du Jour3. Le Journal Royal avait de lui-même cessé de paraître. Quant au Journal de Paris, rédigé par Jay, au Sain Jaune. bonapartiste de la veille, et au Journal des Débats. abandonné par les Berlin et repris par Ktienne. il n'était pas nécessaire de les soumettre à un examen.

Cinq jours après que cet arrangement eut été convenu parut le décret abolissant la censure. Les journaux auraient pu s'en autoriser pour remercier leur censeur. Ils trouvèrent sans doute plus avantageux

I. ItulUtm des /loi*. ;c mars. (Le décret est .kilo du î. CVst ainsi qu»' l<-s Itcrtin partirent le io mars |H»ur la Ik-lpiqut». J. (J. le* n« »!••!* au livre <!«• Mi>s William*, /lelntton </<■» finement*, i*- II<>Mm>u«<\ /.•lire*. I, Ix*. /.es viihf* d* Duona/ntrte *t d- tn adhérent*. i>* i"i. ttte «ne tes Cent Jours, intn><luclion. 6. Na|xile<m, Corresp.. t\9i\.

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