‹ 1815 (volume 3)Chapitre 182 sur 226 · LA LIBERTÉ DK LA PRESSE · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ DK LA PRESSE

de le conserver. Tout en déclarant la presse libre, le gouvernement n'abandonnait pas ses droits de poursuites devant les tribunaux et, en outre, les gazettes restaient soumises au bon plaisir de la poste qui pouvait refuser de les transporter en province1. La tutelle acceptée par les journaux les garantissait contre les actions en justice et contre l'arbitraire de la poste. Au reste, le censeur se montrait bon diable. 11 savait ne pas insister pour faire passer un article communiqué' et se bornait à mettre son veto sur les entrefilets trop franchement hostiles. Encore, s'il empêchait les insultes à l'empereur, les fausses nouvelles, la discussion de la forme même du gouvernement, il autorisait le blâme des actes du souverain et de ses ministres et la libre critique de la nouvelle constitution impériale. Souvent même, soit insouciance, soit légèreté, il laissait publier îles articles ou des nouvelles tout à fait nuisibles à la cause de l'empereur. Les journaux les plus dévoués, le Nain Jaune luimême, provoquaient parfois l'indignation des bonapartistes et des patriotes. « Je viens de lire le \ain Jaune, écrivait le 20 mai le général Hugo a Davout. Kst-il possible d'outrager aussi horriblement le grand homme*! ►>

L'empereur, dit-on, aurait voulu s'assurer l'appui ou du moins la neutralité du Censeur. Des ouvertures furent faites par Fouché à Comte et à Duuoyer. H leur proposa la rédaction du Moniteur ou Mies places qui leur conviendraient. Ils refusèrent tout.

I. Le 7 juin, l:i post<: refusa «le transj...rt«M- !•* Jnurnnt ta Ftuillt

dn Jù'tr r.r <>uo/»/i>«n» , t l'.l nitarqu: C*n*tur det On-im, 17 juin.) i. Mis* HHma Williams, Htlntion dt% ri**i»<«ien/». M. n«>liv .1. <i»m-ral Ilupi à Davout. Thmnvillr. 1.1 mai. An h. Utirriw) - Con vrrli aux iô-rs nouant»-* qu'il fallait, s»-lon W vieux pnn.ifH. «I.- ihilotc i\ ce, <i<MtiHT la plus trramit* pul»li< it>> aux alt.Hjiif* r..nlr»' l>injH>r«-ur, Ir Vdin Jauni :i\;ut pul-ln- <lans n' «lu lu mai le fra^nu-nt «fun*' l.roohur* 1res violent»' : H»napmrl< au i mai.

Fouché aurait dû comprendre que de pareils hommes seraient incorruptibles. Mais il avait des autres la interne opinion que de lui-même, c'est-à-dire la plus mauvaise. Au commencement d'avril parut le numéro V du Censeur. Comte v niait les droits de Napoléon à l'empire et y déclarait que le gouvernement n'était que provisoire. I^a livraison fut saisie chez, les libraires et chez l'imprimeur par un agent subalterne. L'opinion s'émut justement. Quelle confiance avoir dans les déclarations libérales de Napoléon qui faisait saisir un journal par mesure administrative quinze jours après avoir supprimé la censure ! Comte réclama à la préfecture de police et à la police générale. « On a le droit de me poursuivre, disait-il. mais on n'a pas le droit de saisir le Censeur. » Fouché, qui d'ailleurs était |>artisan de la mesure, et Héal se retranchèrent derrière de prétendus ordres de Napoléon. Kcgnaud et Benjamin < Constant intervinrent auprès de l'empereur. Les exemplaires furent rendus'. Comte s'empressa d'ajouter à la livraison une demi-feuille remplie d'outrageante> plaisanteries contre l'armée : « Il faut remplacer l'ordre de l éteignoir par l'ordre du >abre... Ke«4e à démontrer l'influence de la moustache sur le raisomicnient... Qu'est-ce que la gloire? I n lion qui fait trembler tous les animaux a-t-il de la gloire l^a bravoure est-elle estimable en soi ? Celui qui brave les \ovaireurs pour leur enlever leur bourse e>t-il estimable i ! ■* l>es poursuite-*, judiciaires furent alor* demandées au procureur général L«*gou\ qui déclara qu'il ne croyait pas devoir en ordonner1.

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