LA LI1IEHTÉ DE LA PRESSE
prés de huit cents1. Chacun voulait voir imprimer ses idées sur la chose puhlique. A lire cette multitude d'écrits, il semble que même chez les politiciens l'opinion en faveur de l'empire était plus générale qu'on ne le croirait. Il n'y a pas de brochures ouvertement orléanistes, il y a fort peu de brochures nettement républicaines, et quant aux pamphlets royalistes, d'ailleurs très véhéments et très injurieux*, ils comptent seulement pour un sixième dans le total îles publications des Ont Jours. Les cinq autres sixièmes ont pour auteurs des libéraux sans cocarde et des napoléonistes de toute nuance'.
Les impérialistes purs, les ultras du parti exultent à la seule vue de leur idole. Qu'il régne longtemps et que sans s'inquiéter des criailleries des libéraux et
I. Plu» de six cents sont mentionnas dans le catalogue de la Bibliothèque nationale, et ta Bibliothèque est loin de posséder toutes les brochures publiées alors. Ainsi, dans les deux cent* que j'ai reunies, il yen a plus de trente qui n'existent pas rue de ltichelleu. et un asseï grand nombre de pamphlets, cites dans les journaux de l(M». ne s'y trouvent pas davantage.
t. • La France a le sentiment de la chute prochaine «le Bonaparte. Ce brigand qui a vole le trône de Louis XVIII n'a pour lui qu'un petit nombre d'hommes flétris et souilles. » — ■ Maîtres du inonde, venez reparer la faute magnanime que vous avez commise en accordant la vie à l'homme ««•lieux qui devait être mi» en jugement pour le tissu d'horreurs dont sa vie privée et publique était semée. » — • Kn sitrcant le traite de Fontainebleau, ce vil jongleur avait déjà la pensée de le violer, comme il a viole tous les autre». . — • 11 faut faire justice à la nation française des hommes odieux qui l'oppriment et attirent sur nous les armées de l'Euror*-. . - • Bonipartc est un criminel. (rn mot est sur toutes les lèvres : A bas Napoléon ! » Bonaftartt au 4 moi. Du rttour ds Bonaparte Réfutation dr la DtriamUan du Consnt dt£t*t. Bepomr à Carnot. W.tra a un archtréaut. Le Jacobmumr réfuté. f*n>tr*t»tton >U l'immense majorité dr$ Frnnrait. De* inléréfi dala France, etc.. et<\
i. Je ne me suis pas astreint à lire toutes les brochures publiées pendant les t.ent Jour», mais j'en ai lu deux cents au hasard, nombre, qui permet, je crois, d'établir une moyenne |n,ur tout l'ensemble. Voici le classement de
ces deux cents écrits :
Brochures royalistes M
républicaines i»
libérales sans couleur dynastique 4>
lil»eral* s bonapartiste* il
napoléonistes *k
bonapartistes jacobines 23
-îles écrivassiers, il rende la France glorieuse comme en 1811, à cela se bornent leurs vu'ux : « Le premier règne de Napoléon est plus rassurant que 1rs constitutions faites ou à faire, car il a garanti les fortunes, la liberté et l'égalité <les droits. >» — «< J'écrirais des volumes s'il me fallait dire jusqu'où il a porté ses bienfaits I » — « Napoléon revient sur les ailes de l'amour. Peuple abusé, reconnais ton prince, ton libérateur et ton Dieu... On ne peut point aimer l'empereur, on ne peut que l'adorer' .»
Les jacobins conseillent à l'empereur de prendre la dictature populaire et de renoncer à l'appareil gothique et aux vaines pompes renouvelées de la royauté. Ils réclament des mesures révolutionnaires, la mise hors la loi des nobles et des traîtres, leur bannissement perpétuel, la confiscation de leurs biens : « (Test dans les hommes de la Révolution et dans le peuple magnanime, qualifié de vile populace, que Napoléon, environné des traîtres qui l'ont perdu l'année dernière, trouvera son meilleur appui. »> — « Ce sont les ennemis de l'intérieur qui sont les plus à craindre. Sévissez, la loi a la main, contre ces scélérats. » — n One Bonaparte ne s'entoure plus de l'appareil des trônes vulgaires. Ses malheurs lui sont venus «l'avoir oublié la Révolution. » — La noblesse est et fut toujours l'ennemie de la nation. Les imbles conspirent encore. Frappons-les de la foudre exterminatrice» *. »
1. /.'Amour du Bien, l'/ntén-t de loiu. Concertation entrt une dam* bonapnc tutc et une liante hourliouixte. I.e Hetour de /V»i/wrvur. Cf. Ijrttrr aux memhrrt du colln/e électoral. Onclguet vente* in-dite*. /*■ Itereit de .Xapotéon. Lrt V<r«r de la France accompli*. L'H'ouihC >Ut merle. Lettre d'un garde national m» m m te de Lille. L'élan de l'âme, /(h a ta en i/m rira lr dernier! elc, olc
2. ( a»*e* dr la chute dr A-.»»* XVII/. /tu .l/oi/- ranumur. Conspiration dr la nnble**e féodale. Cf. /.>• peuple et lu dictature sam-rront l'honneur rt la patin', t'n dictateur momentanément n'-rrnaire. Ksawrn rapide du gow-ermemat. V>rur ifnn républicain rt% fareur de la dictature. La llettauration de la hherté. Dr la noble**» et du peuple. < lr.t vie.
LA LIBEKTÉ DE LA PKESSE
Mais c'est le libéralisme qui domine chez ces polémistes par occasion. A elles seules, les brochures d'opinion libérale égalent le nombre total des écrits royalistes, démagogiques et napoléonistes purs. Les libéraux de toute nuance, bonapartistes modérés, exorléanistes, anciens royalistes-constitutionnels résignés au fait accompli, républicains ralliés à Kernpire acceptent Napoléon mais en lui posant des conditions. Il devra abdiquer le pouvoir absolu, bannir toute idée de conquête, donner les libertés nécessaires, soumettre sa volonté à celle des représentants de la nation : « 0 Napoléon, ton sort va dépendre du système que tu suivras ! Fais des efforts pour restreindre ton pouvoir. Tout esl perdu si tu songes à l imiter toimême. » — « Il nous faut des garanties. Vos anciennes constitutions sont avilies, dégradées, méprisées... Mes conseils sont le sine qua non de la conservation ilu troue impérial. » — « Vous ne pouvez rétablir le régime de I80:>. La France veut être libre. Vous auriez demain des rebelles au lieu île sujets si vous ne donniez pas la liberté1. »
i. Adre**e a r empereur. Ohirrvntion n .XapolMn. Mémoire à l'empereur. Cf. Le* Kpoqury de la nation. Dru nu* et delà nicet/ntt deco»*erier Xipol^m. Ht flfTK'nM d'un houtmt libre, ftr flexion* d'un Frnnrnut impartial. I* Conciliateur r*rafe**i>>n de fut d'un militaire. l'n Frnmai* n »*» rompatrinte*. Défendez notre Uherti-. Le Cri du peuple: (Jh^Ii/w* nbternilinne. A* Patrie avant tout, que m'importe Xnp<il''-<m ,' l ue l'nntlitution et pot dr nmttil ution. Lettre d'un bon Frrtucai». tjuatre -lueur*. Lettre d'un .\i,n de la Liberté. Opmiun d'un Fnmrau. Au l'ruple fraivaix, rlc, etc.