‹ 1815 (volume 3)Chapitre 187 sur 226 · LA COMMISSION DE CONSTITUTION · texte numérisé non relu

LA COMMISSION DE CONSTITUTION

de faire élire, non point par les seuls collèges électoraux, mais directement par les assemblées primaires, des députés qui eussent mandat d'examiner ces cahiers et de s'en inspirer pour élaborer la constitution. Si l'on voulait procéder d'une façon moins démocratique, il y avait l'élection d'une Constituante par les collèges électoraux. Mais que l'empereur prit l'une ou l'autre de ces mesures, combien de temps allait-il falloir pour la convocation des électeurs, la vérification des pouvoirs, la discussion, par cinq ou six cents députés, des soixante ou quatre-vingts articles organiques d'une constitution nouvelle! Six mois, au moins, se passeraient avant que la constitution ne fût rédigée, votée, promulguée. Sans doute, ce retardement pouvait servir à Napoléon en lui permettant de conserver temporairement la dictature. L'idée d'une constituante ne laissait pas cependant de le troubler. Il ne savait ce qui en sortirait. Ses droits de souveraineté mêmes risquaient d'être mis en question. Kn outre, tout lui faisait présager une très prochaine campagne, et s'il se défiait pendant la paix des résolutions d'une assemblée, à plus forte raison les redoutait-il pendant la guerre 1 .

Dans ces circonstances. Napoléon aurait bien voulu rétablir purement et simplement les constitutions de l'empire, comme il y avait un instant songé avant île quitter l'Ile d'KIbe1, ou encore temporiser en laissant les choses dans l'état jusqu'au règlement de la question extérieure. Mais si porté qu'il fût aux illusions,

t. Cf. Sapote"». L'Ile dElhtet tet Ctnl Jouit Corrt$/>., XXXI. il»;, et Fleury de tihaboulon, Afem , Il 7i-Tl.

î. NapoWs.n. L'UaVKlbe et tel Cent Jonrt (( orres,,., XXXI. t.- - L". t»|mrvur a va il lueii vil.- «Tarte mile p.Mi>«»\ • «v. imiiltiU surviiu», «iil- il. •v.ixmjI douii," \me lel\e s.-, mi>».- a I # >|»rit pubho <|iK> luul <<■ s>*W-h».' ne parai*aail plus adapte a lYlaldr la Franco .

l'empereur avait l'esprit trop juste pour ne pas voir «pie tout cela était impossible. « La nation, disait-il. s'est reposée douze ans de toute agitation politique, el depuis une année elle se repose de la guerre. Le double repos lui a rendu un besoin d'activité. Elle veut ou croit vouloir une tribune et des assemblées. Le gouvernement des Bourbons, gouvernement faible et contraire aux intérêts nationaux, a donné à ces intérêts l'habitude d'être en défense et de chicaner l'autorité. Le goût des débats politiques parait revenu »> En efFet, la bourgeoisie était férue de libéralisme, et les proclamations du golfe Jouan, les harangues «le (ircnoble, les décrets de Lyon avaient réveillé dans le peuple l'esprit de la Révolution. Aux Tuileries, les ministres, les conseillers d'État, les aides de camp, les princes Joseph et Lucien prêchaient la modération, les idées libérales, les nécessités nouvelles. Le général Calîarelli écrivait de Rennes: « On attend la convocation des électeurs pour le Champ de Mai. » Le général drundler écrivait tl'Amiens: « Les malveillants disent que l'empereur ne veut point «humer «le constitution. » Les journaux et les brochures réclamaient «les lois « vraiment nationales L«»s <• faiseurs «le constitutions » se multipliaient, el adressaient à l'empereur leurs plans et leurs conseils. Chaque jour, il lui en arrivait par brassées1. On allait jusqu'à «lire que Napoléon allait ab«li«juer et proclamer la République'. C'était là ce que l'empe-

1. J>iij.ïliiin Constant. *ur le* Cent Jourt, II. Cf. LavalleUV

y.m . il. ri t:f.

i. Ili iij.iinin Constant, Mi-m., II. Mt .l\. Napol.on. L'Ile d'Elbe et l*t Cr, i Jonn ( ..rrrxf,.. XXXI, M'> Notes «le Lunm Arrh. AIT. ••lr.. IHI.% Ij Fayette. Mein., V, ♦ IV41'». Caflan-lli à havout, Itennej,, H> avril. Criin«!kr a havoiil. Amiens. 17 avril. Cf. SeNasdani a I)avoul, Amiens. 17 avril. Kvtr.nls «1e la <-orr« sp. «It s préfet* el «le la n.rresp. de jmliee ccrn-rale. a\nl Ar h. nal. F. 7. 37" $ ï

; llull.-tms île U- al. 1 > avril. Happ «le poliee. 17. 19, t* avril. I" mai An h. nal.. AF. IV. f'JV, F. 7. iTTi. NaH«-..n, L it, dKlbê et te* Ont Jour.

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