CHAPITRE V
LA (ilJERKE EN VENDÉE ET FOUCHÊ A PARIS
I. Préludes de l'insurrection de l'Ouest (10 avril-10 mai). —La prise d'armes et les premiers combats (Il mai-18 mai).
II. Les envoyés de Kouché en Vendée. — Combats d'Aizenay, de Saint-Gilles et des Mathes (20 mai-4 juin). — Mort de La Koehejaquelein 4 juin).
III. Intrigues et machinations deFouché. — Les entrevues de Bàlc.
Le duc do Bourbon avant vainement tenté à la tin de mars d'insurger la Vendée et la population paraissant accepter de bon ctrur le gouvernement impérial Napoléon se croyait assuré de la tranquillité de l'Ouest. Les garnisons d'Angers, de Nantes, de Hennés, de Vannes reçurent l'ordre de rejoindre les armées d'observation. Il n'allait rester dans toute retendue des 12% |.T el 22' divisions militaires (pie les dépôts et la gendarmerie5. Or « la pacification
I. • L«-* i TaihlfS 'l'iUlr iTIHTIV fivil.' <l.lll< l'Ouest >)llt ••uttlj»lt'l<'lll''[lt 'll*-
pnru. • hapports <lu ti«-ut»-n;tnt <!»• poli' ••• .1 AnL-ers, -M mnp« r Arrh. n.if K7. 4T7i). • Iians le \laiu»'-»'t-l«<>irr. In Yrn.l. r 1»- «s l>«u\-Si*vivs. les eolotnn»!» in<i|.i|f>sotil n« « u<-ilii«-i aux « riMlr : Vin»- IVinporvur ! J'ai par-oiiru la V. n «!•►♦•;»%••<• Ir-'i«< L'' ii<l.irnw>s viiL-nx-ul. l'arloul la population i-t.nt • >i»l»-t»t<\ • Hap|»>rl Moi.iml. T avril An h. tiurrre . - A la iioiimII'- <!«• l'appel aux artiif. -lu «lu.- Il..url»«ni. 'Morainl avait «-le <miv<.>.- p-ur r< |-rnii. r l*m»urre. Imn \a]"'lf-ii, ''.>!,>•»/' ., Jl'.M Mais «piaiel il • tait airi\'\ !•! t!> ou |i- M mai>. l-ul l'Un. »l . i.ot pa< • il if ou plutôt !<• paraient, i. Na|H.|.ou, r^i/r ty... i f. bav..ut. < orrttp., lo;i.
«le l'Ouest n'était qu'une expression du Moniteur. Depuis un un, les menées des nobles et les anathèm«»> des prêtres avaient réveillé, dans cette région, les haines anciennes contre les bleus. Kn avril et en juillet 18U, des milliers de paysans avaient pris lc> armes sous le prétexte de « faire rendre gorge aux acquéreurs » et dans le dessein de piller et d'exercer d'abominables représailles'. Ces hommes, fanatiques ou bandits, étaient toujours disposés à entrer en campagne. S'ils n'avaient répondu qu'en très petit nombre à l'appel du duc de Bourbon, c'est qu'ils étaient terrorisés par le retour foudroyant de Napoléon. Dans leur imagination, ils revoyaient le tout puissant empereur de 1811. acclamé par la Franci» et reconnu par l'Europe. D'Autichamp et plusieurs autres chefs «les anciennes armées de l'Ouest avaient bien compris l'état d'esprit du pays : c'est pourquoi il> avaient conseillé de relarder le soulèvement jusqu'au jour où une nouvelle marche des Alliés vers les frontières le rendrait à la fois plus facile et plus eflicace V Rentrés chez eux. ils s'occupèrent de préparer la prise d'armes. Pendant tout le mois d'avril, ou tint «les conférences au château de La Hochejaquelein. à Saint-Aubin «le Hauhigné, en présence «lu comte Auguste et «le ses «leux sieurs, mesdemoiselles Louise et Lucile. Puissamment secondés par le clergé «les campagnes. d'Auticliamp dans le Maine-et-Loire. Sapinatifl et Saint-Hubert dans les l)cux-Sèvre>. Suzannel dans la Vendée. Itobert. 1rs neveux «le Chatvtle, La Salmonière «'t l'ancien chautfeur Tandais dans la Loin -Inférieure, d'Andi'rné dans la Mayenne. d'Amhrugeac et tiliàlelain dit Tranqnilh* dans la Sarthe, Piquet l)u lioisgiiy dans l'Ille-et-Vilaine, !>«•-
l'insurrection vendéenne
sol dp Grisolles et Joseph Oadoudal dans le Morbihan fomentèrent l'insurrection. Les deux manifestes des puissances dont ils répandaient des copies annonçaient clairement la guerre : le rappel des militaires en congé et la mobilisation des gardes nationales mécontentaient les paysans ; le départ des troupes les enhardissait. De jour en jour, ils se montraient plus disposés à écouter les meneurs. Puis chaque parti a son contingent de gueux et de scélérats, pécheurs en eau troublequi, selon l'expression bretonne, « aiment mieux chercher leur pain que de le gagner ». Ceux-ci furent les premiers à donner l'exemple en prenant le fusil \
Des le 10 avril, des bandes parcourent les environs de Saint-Brieuc. de Vannes, de Bennes, de Vitré, de Fougères, de Bressuire. faisant le coup de feu avec la gendarmerie, maltraitant les acquéreurs, rançonnant et désarmant les habitants qui refusent de se joindre à eux. D'autres rassemblements se forment à Boispréau, à Chollct, à Machccoul, à Savenay, dans les forets de La (iuerche, de Teillay, île Loudéac. Le maire d'Ancenis demande des troupes pour défendre la ville. Aux Herbiers, quatre cenls paysans armés de bâtons ferrés assaillent un détachement d'infanterie. La bande de Bobert, dit le marquis de Carrabas', occupe (iallais.u La tranquillité est menacée, écrit de Bennes, le iti avril, le général Calîarelli ; elle sera compromise si Ton n'ajourne pas le départ des bataillons
I. Relation de Siunnuet. Relation «le d'Andigrié. Areh. Guerre, armée nY l'Ouest.) Préfet «le Maine et-Loire à bavout, r> avril. Chef d'es.adn.ns de gendarmerie a Da\out, Nantes. I'j et .tu avril. Miot de Melilo à bavt>ul. Napoli'on-Vemh-e. 30 avril. (Areh. Guerre, i N«»le «lu général Charpentier [Portefeuille dt IJuona/xirt*. II). Canuel. M-'». »ur la qurrre d< Vendée, Lettre de Su/annel h Ma la r tic, cit«*e par Canuel. k>l. b'Autichanip. Otmp. de Vendéen Hli, i3 il. — Seul «le t«>us le» chefs royalistes. Piquet bu Boisiruy fut arrtte par la gendarmerie.
Correspondance gênerai.-, «lu M avril au 8 mai Areh. Guerre).
de guerre. »> Le 20, il écrit derechef à Davout : « La révolte fora explosion si Fou retire les troupes. Alors il faillira une armée en Bretagne. » De Nantes et d'Angers, les mêmes avis parviennent au ministère : « Si Ton ne suspend le départ des troupes, dans un mois on sera forcé d'en envoyer le triple1. »
Mais une nouvelle guerre «le Vendée ne paraissait encore à l'empereur qu'une conjecture plus ou moins fondée, une menace pinson moins redoutable. I^e danger était il la frontière. C'était là qu'il fallait concentrer toutes les forces de la France. Davout réitéra >«••■» ordres de diriger « malgré tout » les bataillons de guerre sur Farinée. Quant aux populations de FMuest, on le* contiendrait avec les dépôts, la gendarmerie augmentée de dix lieutenance* mobile-, six cents canonniersde marine appelés de Brest et de Bovhefnrt. les douaniers et les gantes forestiers organisé* militairement et les gardes nationaux de bonne vob*nt»: des fédérations bretonne et angevine. Om- pui— je faire. ëerixit Charpentier, avec vingt f • r* par
département, la plupart pactisant a* . v ia p-qubtion; a\ev quelques centaine* de «F .i:a:iï.-r> qu'il \audrait mieux empl"\era corder le >\- ; t ^i'ir>- • jui r>Mif'eruie île s- ixar.* •• îr. ... r.- «î- kï' -
vr. \v. ■ 1 v î et ; .... ; \.i ^im*\>- : -
*.. ce. \\ c-t i:v.' — S r> n; ir-
ce-* \2 . I » : . •. Ni r-- : *•
L INSL KKECTION VENDÉENNE 563
conduite à Toulouse l avait désigné au choix de l'empereur
Cependant l'insurrection, jusqu'alors localisée sur quelques points, s'étendait dans tout le pays ; les bandes allaient devenir des armées. Dans l'Ille-et- Vilaine et le Morbihan, les colonnes mobiles formées de 20 soldats, de 10 gendarmes, de 10 douaniers et forestiers et de 00 gardes nationaux n'imposaient pas aux rebelles. Dans le Maine-et-Loire, Delaborde, inquiet pour la sûreté des villes, retint les 4.V et 20" de ligne nonobstant les ordres exprès de Davout. A Nantes, où s<> réfugiaient les paysans des environs et les acquéreurs de biens nationaux, on craignait un coup de main sur le château dont le pied du rempart était accessible et qui contenait Gi bouches à feu, 15,800 kilogrammes de poudre, 450,000 cartouches et 12,000 gargousses. Charpentier écrivait le 9 mai à Davout: « Malgré les supplications des autorités, qui m'ont conjuré, au nom de la patrie, de suspendre le départ du bataillon du O.V, j'ai exécuté vos ordres. Aujourd'hui tout Nantes vocifère contre moi pour vous avoir obéi >»
Le 1 1 mai,Suzannet,d'Aulichamp et Auguste de La Rochejaquelein tinrent une sorte de conseil de guerre à la Chapelle-Basse-Mer. I>es chefs vendéens comptaient attendre le commencement des hostilités sur la frontière avant de se mettre eux-mêmes en campagne, mais une lettre du marquis de La Rochejaquelein, communiquée par son frère Auguste, vint précipiter les choses5. Louis de La Rochejaquelein
I 1815. 1, inS-ill».
t. Lettres à Davout : de Bigarre. Rennes, 7 uni Cf. 31 mai); do Delal>ord»', Angers. 7 mai ; du g* rx'ral Sainl-Sulpire. Tours. 7 mai ; de Charpentier. Nantes, n mni. Préfet de Nantes au gênerai Brouard, 5 mai. vAreh. Guerre. 1