‹ 1815 (volume 3)Chapitre 201 sur 226 · dation de Suzannet. (Areh. Guerre, armée de l'Ouest · texte numérisé non relu

dation de Suzannet. (Areh. Guerre, armée de l'Ouest

s'était rendu de Gand à Londres, muni de lettres de Jaucourt', et malgré les déclarations publiques de lord Castlereagh et de lord Liverpool que l'Angleterre, tout en combattant Napoléon, s'abstiendrait de soutenir la cause des Bourbons, il avait obtenu l'envoi d'armes et de munitions aux royalistes de l'Ouest. Des le 10 mai, la frégate the Astree louvoyait en vue de Saint-Gilles. La Rochejaquelein était à bord, attendant que les insurgés vinssent aider au débarquement des fusils et des cartouches. La prise d'armes fut fixée au 15 mai. Ce jour-là, et la nuit qui suivit, le tocsin sonna dans toutes les paroisses. Le surlendemain, Suzannet avait cinq mille hommes à Légé, d'Autichamp cinq mille à .lallais, Auguste de La Rochejaquelein deux mille aux Aubiers et Sapinaud quatre mille aux Herbiers. Déjà quinze cents habitants du Marais et du Pavs de Retz s'étaient levés à l'appel de Robert et du jeune Charette. Sur la rive droite de la Loire, d'Aitdigné allait réunir un millier <le royalistes à Cossé; Desol de Grisolles commandait deux ou trois mille Morbihanais. et d'autres bandes tenaient la campagne dans l'Ille-et-Vilaine et les Cotes-du-Nord. Les imwrgés étaient armés pour les deux tiers de fusils de chasse, de mousquetons et de vieux fusils de munition, pour l'autre tiers de fourches, de fléaux, de faux, de bâtons ferrés'.

Secondé par les paysans du Marais, qui dispersent un corps de deux cents douaniers et gendarmes et repoussent une colonne mobile, le marquis de La Rochcjaquelcin débarque le 15 mai, à Saint-Gilles, ses

1. Jaurmirt a La Châtre. Gand, 8 et 14 avril, 13 mai (Arch. AIT rlr..

2. Relation df Suzannet et d'AndiK'ie (Arch. Guern- Canuel. Gmerre dé Yendte en isn. M, 3»», SI. 5j. [l'Autn hamp. Camp, de fSIS dans la

41. Leltrrsà hnvout:de Ihlabonh? et de Nnirean. An^t'rs. 16 rt 17 nia»; d«- Charpentier, Nantes. !rt mai; de Vabrv, Ouiiu^-r, il» mai; de Ritranv, Uftines. 31 mai. \Ar>:h. Gm rre.)

l/lM-AUHHECTION VENDÉENNE 567

2,000 fusils et ses munitions et opère sa jonction a Soullans avec 1rs divisions de Suzannet et «le Sapinaud. D'Autichamp occupe Boispréau. Chemillé, Cholet, évacués par la troupe. Près des Eschaubroigncs, Auguste de La Bochejaquelein attaque le 2iV de ligne et le force a la retraite. Bressuire est pris, Aneenis, les Sables, Napoléon-Vendée sont menacés'. Aux dix-sept ou dix-huit mille insurgés de la Vendée et aux quatre ou cinq mille Angevins et Bretons en armes sur la rive droite de la Loire, le général Delaborde peut opposer tout au plus quatre mille hommes «le troupe de ligne, la gendarmerie départementale et, avec les douaniers et forestiers, les gardes nationaux fédérés « qui n'existent encore <jiic sur le papier » et deux ou trois cents volontaires organisés par Travol sous le nom de chasseurs de la Vendée *.

La situation est grave, mais Dclahordc. qui demande à être relevé de ses fonctions, « ses forces phvsiques le trahissant », et ses lieutenants. Charpentier, Bigarré, Noireau, Oufresse, Travol, s'exagèrent le péril. A les entendre, les rebelles sont quarante mille, et dix mille Anglais s'apprêtent à débarquer. Laval, Nantes, Saumur, Niort vont être attaqués. Les gardes nationales ne veulent point se battre, les douaniers désertent, les gendarmes eux-mêmes ne snnt pas sûrs. <« C'est la guerre civile comme en ît.'L écrit Charpentier, tout le Morbihan se lève à la voix du duc de Berry. » « Bennes esl en danger, écrit Bigarré, j'ai dix mille insurgés autour de moi. Bientôt il faudra six cents hommes pour porter une dépèche de Bennes

I. KHation <lc Su/.inin'l Arrh. «iurrri- ; l»'Auti .•h.'iinp. ' .«»>/<. de M/3 d.,.,. Ut Yend><, 2<i, li-U. Camirl. Hnerrr de Yrmte* «-n M/J..IT .».-..*. l,»'tlrr« a l'avout: fie l>Hnl*«n1«:. <o mai ; <!«• \<>irv:iu. 17 H Jn m;u : <i< s.mni»*r. r> mai. I»irf< tcur d. s <-.intnhuti->n«« <!•• If< ;uiprrau a l>tkii»ord.\ 1* mat. Imfra d'trlon, Niorl. ii mai.<Ar>h (ïnerrr.)

i iH laliorde a hav.mt. * m.n Arch. »iu« rr»-

à Angers». .» L'énergique Travot prend malgré tout 1'otlensive, se jette avec mille hommes en plein pays insurgé et enlevé aux blancs un convoi de munitions3. .Niais lui-même ne peut s'empêcher de subir l'affolement punirai. Il parle de 30,000 fusils et «le 4 millions de cartouches reçus par les royalistes. <« Si j'avais eu 1,200 hommes hier, écrit-il le 19 mai. j'aurais pu détruire toutes ces bandes encore mal armées. Je les aurai demain mais ce sera insuffisant, t'n renfort de 10,000 soldats n'est pas une demande exagérée 4. »

Os appels désespérés commencent à émouvoir l'empereur qui le 15 mai encore disait : « Toutes les troupes sont nécessaires aux frontières et une victoire dans le Nord fera [dus pour le calme intérieur que des régiments laissés dans l'Ouest 4. »> 11 prend les mesures les plus promptes et les plus énergiques pour réduire l'insurrection. Il décide la formation d'une armée de la Loire que commandera le général Lamarque. « avec de jeunes généraux sous ses ordres ».en remplacement du général Delaborde « qui est trop mou ». 800 gendarmes à cheval, 2.000 gendarmes à pied, 2 régiments île la jeune garde, 2*) bataillons de ligne, 8 escadrons île cavalerie, 3 batteries seront envoyés dans l'Ouest ; la jeune garde et les gendarmes partiront en poste, lin attendant l'arrivée «le Lamar«|iie, Lorhiiicau dépêché à Angers secondera le général Delahorde. On exilera de la Vendée <*t on placera en surveillance en Bourgogne tous les hommes réputés dangereux. Tous les ex-no-

1. l>tl[vs à Davf.ut: df Drinhonh». i* < t 19 mai; «If Noireau. IT mai : d.- Saultiicr. 19 mai ; d«* Charpentier, m mai :«lf MU'anv, M mai. Tra\«»t a l»<laWnle. ii mai. Ki^anv à Lainarque. 3i mai, (Aroh. Cm-rre.

i. Trav.ila I>.l;ii.orde, il et i:> mai. Arfh. liuertf.t Cnnuri, <>u<r,,:.i- Vend", .V». 7 3.

i. Rapports «le Travot. 19 et 25 mai. tArdi. Guerre.)

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