Napoléon. Corrstp.. I
LKS ENVOYÉS DE KOlCHÉ
bles qui si* trouveront iltms le pays sans v être domiciliés devront le quitter sous quinze jours, à peine d'être traités comme fauteurs de guerre civile. La léte de La Hochcjaquclcin et des autres chefs de l'insurrection sera mise à prix, leurs maisons seront rasées, on prendra des otages dans leur famille. Une commission militaire sera instituée pour juger les individus arrêtés les armes à la main'.
L'empereur ne s'abusait pas sur le dévouement de Touché. Si. le 2ii mars, il I l'avait fait ministre de la police ce n'était pas qu'il crut à sa lidélité. Mais il savait ce qu'il y avait à attendre et à craindre de lui et, tout bien pesé, il préférait encore, dans ces jours de crise, un sacripant de cette espèce, prêt à toutes les trahisons mais fécond en ressources et souverainement habile, a un serviteur dévoué et maladroit comme le duc de Kovigo. (Test pourquoi Napoléon qui disait : « Je n'apprends plus la vérité que par les traîtres', «avait repris l'ouché. U'cst pourquoi il avait tenté de reprendre Talleyrand \
Ihi moins à l'occasion de la guerre de Vendée, Fouché justifia les calculs de Napoléon. Il ne lui déplaisait pas de seconder ce maître détesté, si en même temps il travaillait pour soi-même en paraissant servir les royalistes, Bien avant havout, qui avait pourtant «les informations aussi précises et aussi alarmantes.
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i. Molln n. M m . IV, i.f. 1815. I, Oh.
VIO
le duc d'Otrante avait prévu et annoncé un soulèvement dans l'Ouest1. Aux premières nouvelles de la prise d'armes, il demanda carte blanche à l'empereur pour arrêter l'insurrection en composant avec les chefs. Ce plan ayant agréé à Napoléon, qui redoutait par dessus tout d'affaiblir ses armées d'opérations, Fonché lit appeler le comte de Malartic. ('/était Malartic, ancien chef d'état-major de l'armée du Maine et familier du comte d'Artois, qui avait amené le duc d'Otrante au prince dans la nuit du 13 mars. Ainsi que nombre d'autres agents royalistes, il était resté à Paris grâce à la protection du ministre «le la police. Fouché lui dit : « — Celte insurrection prématurée est nuisible à la cause même qu'elle veut servir, car elle va autoriser Bonaparte à prendre des mesures violentes. On ravagera l'Ouest, on armera la canaille, on mettra h la disposition de l'empereur des forces qui. après avoir réduit les vendéens, lui serviront à prolonger la résistance contre l'étranger. Comprenez bien que le rétablissement de la monarchie ne dépend pas d'une guerre dans l'Ouest. C'est dans le Nord que le sort de la France va se déeider. Les hostilités ne commenceront que le 15 juin. D'ici là, la Vendée sera écrasée. Aidez-moi donc à arrêter l'inutile effusion du sang français. (Jue les ehefs vendéens licencient leurs paysans et rentrent tranquillement chez eux. Je leur garantis toutes les sûretés... Acceptez la mission que je vous offre, (/est le seul moyen d'empêcher le départ des troupes et la mise hors la loi des départements insurgés \ .»
Bien qu'il n'eût aucune foi dans le succès des ven déens et qu'il jugeât cette insurrection inopportune.
l K'»u« !i.- à t»ivotil, i" avril **t M mai 'Ar»-h. <;u<«rr.-
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LKS KNV0YÉS DE FOUCIIK .Vil
Malartic montra des scrupules. A remplir une pareille mission, on risque trop le soupçon d'y avoir été déterminé par des raisons sonnantes. Après quelques hésitations, il consentit cependant à aller en Vendée, mais à la condition qu'il lui serait adjoint deux autres commissaires : MM. de Flavigny et de La Béraudière, anciens officiers des armées royales de 'l'Ouest. A trois, la responsabilité serait moins lourde. Les commissaires quittèrent Paris le 20 mai. munis de saufconduits et d'une lettre de Fouchépour les autorités civiles et militaires. Fidèle à ses engagements, le duc d'Otrantc fît suspendre le départ des troupes et l'exécution des mesures de sûreté générale1.
Les événements survenus depuis une dizaine de jours étaient de nature à faciliter la mission de Malaisie. Au lieu des 14,000 fusils, des millions de carlouches, de l'argent, des pièces de campagne et des .'100 canonniers anglais, promis par La Hochejaquelein et ses aides de camp*, les vendéens n'avaient trouvé, à Saiiit-dilles, que 2,000 fusils et un million de cartouches. Encore une partie de ces armes et munitions, dirigées vers le Bocage sous l'escorte d'un fort détachement, avaient-elles été enlevées le 10 mai, près de L'Aiguillon, par la colonne de Travot. Ayant appris, le lendemain, que les corps de Suzanne! et de Sapinaud et la division de Charette se concentraient à Aizenay pour se porter sur Napoléon-Vendée. Travot s'était déterminé à les attaquer malgré sa très grande infériorité numérique. Il avait un millier d'hommes et les royalistes étaient sept nu huit mille. Mais l'ancien lieutenant de Hoche avait l'expérience de ces guerres; il savait que les paysans se gardaient
I. Itetation •!«• MalartK. Arcli. r,<n»rrv. Arm«^ l'n.i. st \ i. KHntiMii <!.• Siijuinnrt Arc!», dm-rn-, Arimv ilv l'on, -si'. I>\\uti. Ii.uiij.. Camp. Je tSiS dam.% la YemUe. i<>. 41.
UVtt d étaient à pou près incapables de soutenir un ,v»mKat de nuit. Il régla sa marche do façon à arrive!" à Wenav le 20, vers onze heures du soir. L'armée navale n'avait ni grandgardos ni petits postes. Les impériaux pénétrèrent jusqu'au milieu du bourg sans être signalés. Quelques coups de feu ayant alors donné l'alerte, les vendéens se précipitèrent hors des mai- >on> et s'entassèrent dans les rues, pareils à «les moutons chassés de l'étable par un incendie. Dans leur alFoloment, ils tiraient les uns sur les autres. In beau-frère de La Hochejaquelein et le jeune Charette furent blessés à mort en s'ellorçant de rallier leurs gars. Après deux heures de combat, les vendéens se réfugièrent dans les bois avoisinants et Travot resta maître d'Aiz-enay '.
A la suite de cette échaullourée, nombre de paysans regagnèrent les villages. La masse était découragée, les chefs étaient désunis. Le marquis de La Hochejaquelein s'était arrogé le commandement en chef en vertu d'un prétendu ordre du roi*. Il y avait là au moins de quoi étonner Sapiuaud comme Su/,aimel. d'Andigné comme d'Autichamp. Vétérans des guerres de la Vendée, auxquelles Louis «le La Hochejaquelein n'avait pas pris part, tous quatre étaient ses égaux ou ses supérieurs en grade. Puisque le roi le voulait, ils se résignèrent à obéir au colonel de ses grena-
I. l<;i|»port de Trn\i>t, *h itwii. hHatiori de Suiannet. Arch. Gueriv i Cnnuel. M'-,», fur la tjHtrr* de Vendée, v.m;o. " \ -:«•. Tr.iv<d n'avait a\i-< lui *\tv> Mo hnmmw d<-s 4i- rl M*, nu *endarm«'s à pied, h<» Kendartn*'* a eheval. 14* 1%-inoiitiifi's e-t iU> chas^eure de la Vendre.
i • Le roi m .i ordonne de prendre provisoirement le commandement en <hef. .Lettre de La ltoeh<*jaqiielciii à d Aulx hamp, Ce ri sa v, ii mai (cite.par «t'Autu hamp, Camp. »/« en V»nd>e. >t .
l.<-ui> XVIII ;iv <iit si peu ordonne a La llo.-hrj.trpielein de prendre n« < <.iiiin;iii<l.-m<-iit que, le »1 juin. Clai k»- e.nv.ul .1 ■ « hn-ci : • Lomi nr \huI ;ippn»uviT, monsieur le m.tnpiis, que vous a>e/ plis, même provi«v.ir« iii'-nl, le litn- de f tx ral eu < lu-C. pan .- que eel.i <-..ninl>uera a r» \fill»T |rx j.il..uM, s. . Lettre nlee |mt d AuiK hamp. >i, note.,
COMBATS d'aIZENAY ET DE S A I X T- G 1 LL ES 573
diersàchevaLmais ils le firent à contre-cœur. Ils disculpent les plans du jeune général en chef, récriminèrent sur son inexpérience, et s'ils commencèrent par exécuter ses ordres, ce fut sans confiance et sans zèle.
C'est au milieu de ce désarroi que les envoyés <le Fouché rejoignirent le 2\) mai. à Mortagne-sur-Sèvres, le comte d'Autichamp. Celui-ci approuva l'idée d'un armistice', mais il fallait que les autres chefs y consentissent. Malartic se remit en route pour le centre delà Vendée. Déjà il avait écrit à Suzannet afin «le lui exposer l'objet de sa mission. Suzannet communiqua la lettre à La Rochejaquelein et chercha a le convaincre de la nécessité d'un accommodement. Le trénéral en chef se récria*. Seul entre tous, ou à peu près, il croyait toujours au succès. Le surlendemain du combat d'Aizenav, où son armée de huit mille hommes s'était débandée devant les mille soldats île Travot, n'avait-il pas eu l'insolence d'écrire à celui-ci : « Comme commandant en chef de la grande armée de Vendée, je vous ordonne de vous rendre auprès de moi afin de prendre mes ordres. Vous seriez puni comme traître et rebelle si vous persistiez dans votre défection'. » Il comptait nourrir la guerre par les
I. Relation de Malartic (Arch. Guerre, Armée de l'Ouest i. — D'Autichamp (f'amp. de 1«f5 eu Yf>i>Ue. «i. di : prétend qu'il répondit qu* « il ne voulait point entendre parler do ces pro|K>sitions ». Mais si l'un se rappelle que d'Autichamp avait s<»userit.lc il mars, à des propositions analogues du colonel Noireau. alors qu'une insurrection vendéenne se liant par La Hochelle et ll<<rdeaux avec celles du Lanvruedoc et de la l'rovcnce eut pu donner de grands résultats, on peut <lifli< i !em«-nt douter qu'il ait repousse 1rs ouvertures de Malartic alors que la guerre de Vendée ne pouvait aboutir qu'à l'écrasement des royalistes et à la ruine du pays.
i. Canuel, lu:i-!u9. Cf. Relation de Suzannet. sAn h. Guerre, Armée de l'Ouesd.)
3. La Hochejaquelein a Travot. Ce ri sa y. Î3 mai Arch. Guerre .
Cette étrange missive fut remise à Travot par hussard, commandant la cavalerie vendéenne. • — Connaissez-vous le contenu de cette lettre 1 lui dit Travot. — Non. — Vous êtes heureux. Je vous aurais fait fusiller tout à l'heure. Je ne réponds pas à cette lettre. M. de La Hochejaquelein ne connaît pas Travot. • Déposition de Sapinaud. sDo*sier de Travot, Arch. Guerre )
réquisitions. Il envoyait aux maires l'ordre do lover tous les hommes de vingt à cinquante ans et de subvenir aux besoins des femmes et des enfants, à peine de payer les frais do la guerre sur leurs propriétés1. Après une longue et assez vivo discussion. Suzannet céda on feignit décider, et il fut arrêté que 1«t Uoohojaquoloin, avec les quinze cents hommes de la division de son frère Auguste, partirait pour la côte où était signalé un second convoi anglais. Le corps de Suzannet et ceux de Sapinaud et du comte d'Autiohamp, qui étaient à quelques marches, devaient suivre le mouvement et venir occuper le Marais en forces3.
Le li juin, au matin, \jà Hochejaquelein surveillait, à bord du vaisseau anglais le Supcrô. le débarquement dos fusils, des munitions et de six pièces de campagne \ quand il reçut un « arrêté » do ses trois lieutcnanU. daté de Falleron. 31 mai. T.et arrêté* portait que, vu le découragement des pavsans et la prochaine arrivée do renforts aux troupes impérial»^, ils renonçaient au mouvement concerté et engageaient M. le marquis do l*a Hochejaquelein à re\ eiiir dau> >on pays pour y attendre que le commencement di- Inutilités sur les frontières permit de depl-'Ncr t«»ute> les force" de la Vendée -. A c-tîe j :Ve , ,, \}r .-tait joint.* une tre* langue
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