LA MORT DE LA ROCHEJ AQI'ELEIN
Le li juin, les vendions avaient atteint Sainl-Jeandes-Monts quand un paysan apporta la nouvelle que Travot, arrivé à Rie, venait de détacher à leur poursuite la brigade du général Estève. La Roehejaquelein envoya Tordre aux paroisses du Marais de prendre les armes pour attaquer les bleus sur leur liane pendant qu'il les combattrait avec la division de son frère. Les Maréchains ayant mis un peu de lenteur dans leur mouvement, il se trouva engagé seul, le V juin, contre la brigade d'Lstève. Les débuts de l'action furent cependant favorables aux vendéens qui, abrités derrière les haies et les fossés, repoussèrent trois assauts. Estève feignit de battre en retraite afin d'attirer l'ennemi en terrain découvert. Les paysans électrisés abandonnèrent leurs abris et se jetèrent en avant, dans la direction de la ferme des Mathes, mais ils s'arrêtèrent bientôt, à la vue de l'infanterie qui avait fait volte-face et les attendait rangée en bon ordre. Lue charge à la baïonnette les balaya. A ce moment même, le marquis de La Rochejaquelein entendait à sa gauche les cris et les premiers coups de fusil des gens du Marais. Il ordonna à son chef d'état-major, le général Ganuol, de rallier les fuyards; et voulant voir ce qu'allait produire la diversion qu'opéraient les Maréchains, il vint se placer sur une petite éminence, à portée de carabine des impériaux. Le lieutenant Lupin, des gendarmes de Paris, le reconnut, dit-on, et dirigea sur lui le feu de ses hommes. On vit La Rochejaquelein tomber de cheval puis se relever en chancelant. Il s'agenouilla, fit le signe de la croix et retomba la face contre terre1.
I. Rapport do Lamnrque à Davout, Nantes, 0 juin. Rapport penernl de Lnniar-iue, Clisson. 2* juin. (Arch. Guerre, Armée de l'Ouest.) Canuel. Roaudiamp. III. us.
Ouand ih eurent vu t.>mr..>r La Rochejaquelein, les gendarmes s avancè-
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I^i mort de l^a Rochejaquelein acheva d»* désorganiser l'insurrection. Les gars du .Marais »*t l«-» paysans des environs de Bressuire. qui venaient d»combattre sous les ordres immédiats du marquis, brûlaient de le venger, mais les vendéens ne demandaient pour la plupart qu'à rentrer chez eux. <>tt«guerre les laissait indifférents, car ils ne confondaient pas avec la sanglante dictature de la Convention le gouvernement impérial qui avait rétabli h» culte catholique et qui, pendant douze ans, leur avait donné la pai\ intérieure. Ils s'étaient levés entraînés par les paroles, les menaces, les promesses de< nobles, les uns pour obéir à une sorte de poinl d'honneur, les autres dans la crainte d'être chassés des fermes, ou dans l'espoir d'une haute solde «'t du pillage. Or, ils n'avaient reçu ni solde ni vivres ; les armes mêmes et les munitions promises manquaient ; on les fatiguait par des marches et des contre-marches incxpliquablcs : dans presque toutes les rencontres ils avaient été battus. Ils étaient découragés
Les chefs ne Tétaient guère moins, bien qu'ils s'efforçassent de cacher leurs vrais sentiments. D'Autichamp, Suzannet et Sapinaud exprimèrent
rent. prirent !■•* papiers qui étaient sur lui et l'enterrèrent. Le lendemain, tlanmd retrouva le cadavre, d'après les indications d'un paysan, et le lil inhumer dans le cimetière du Pcrrier.
I. • beaucoup de paysans marchent par force, sans Atre animés de l e* prit de • Lainnnpie à bavoul. Angers. 31 mai. — ■ Les campagnard* ne prennent le» arme* qu'avec répugnance. • bigarre à bavuut. benno. 4 juin. — . La moiii». de* gen* marchent par force. . La Ril»>.sièr* a Na pul. i.ii, Nanti », 7 juin. — * Marchent seulement jusqu'à présent les domestiquas le f.rnie i-t les va^alH>ndsà <jui les nobles donnent junqu'a du francs par jour. • barouillard a Oarnot, Bressuire, 6 juin. 'Arch. Gucrru. Of. Itelations de Suzannet. de d'Audignc et de Malartic. Rapport du lieutenant de gendarmerie de Haiuilxeuf. is mai. Lettre à Davout. Nam». i9 mai. -Arch . Ciiierre, Armée de l'Ouest. < Happort de Résigny. Niort. H mai. l'urtffeutllt d* fiuonapartt, luT-lus.j D'Autichamp, Cmmp. d* Ywnd*. 71. Du Chaiïaut, Relntmn, 16.