LES ENTREVIES DE BALE
tout crûment : « — Pour cela, il n'vtiuucdcux moyens. Le premier est l'assassinat... » OMenfels Tayaut interrompu avec une indignation feinte ou réelle, il reprit : « — Le second est un complot. » L'Autrichien ne dissimula pas que complot ou révolution était ce que Ton attendait de Fouché. Fleurv dit alors, et avec raison, que M. de Metternich s'exagérait singulièrement la puissance du duc d'Otrante s'il s'imaginait que tout ministre de la police qu'il était, il pourrait arrêter l'empereur comme un simple roi fainéant ou soulever contre lui le peuple de Paris. « — D'ailleurs, ajoutat-il, M. Fouché n'en aurait pas le désir. IL ne pense plus comme l'an dernier. Il est sincèrement rallié à l'empereur qui a pour lui les sulFragcs unanimes de la nation, qui n'est plus l'ambitieux et le conquérant d'autrefois et qui est le seul chef qui nous convienne. » Cette déclaration avait d'autant plus de force qu'elle semblait faite par le mandataire de Fouché, c'est-àdire par un confident de l'homme qui passait à Vienne pour un ennemi irréconciliable de Napoléon. Très déconcerté, Ottenfcls manifesta sa surprise et laissa même voir son trouble. Flcury en profita pour insinuer que le prince de Metternich ferait œuvre de grand politique en amenant une pacification générale par un accord avec le gouvernement actuel de la France. Ottenfcls se contenta de répondre qu'il informerait M. de Metternich de la nouvelle disposition d'esprit où était le duc d'Otrante ; puis les deux émissaires se séparèrent en convenant de se retrouver à BAle sous huit jours'.
Le soir même du départ de Flcury pour la Suisse*,
I. Kleury de Clial>oul*n. A/;.w.. II. It-ît. Instructions a OttrnfHs. (Motlernirn, H, 5I4-51C..} Cf. Napoléon, (Kairen d* S<i<nte-Hélé*e {Corrvsp.,