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LES ENTREVUES DE H A I, E

l'autre confidentielle. Toutes deux étaient rédigées de façon à convaincre le ministre autrichien que Napoléon était le seul souverain qui convint à la France. Quand Fleury revint à Bàle, il pouvait, cette fois, se donner sans imposture comme l'envoyé de Fouché. Ottenfels déclara que les résolutions des Alliés de ne jamais reconnaître Napoléon étaient irrévocables, mais qu'ils consentiraient à laisser régner son fils. « — Mais que fera-t-on de l'empereur ? demanda Fleury. — Commencez par le déposer. Les Alliés, qui sont généreux et humains, prendront ensuite et selon les événements la détermination convenable. — Mais, enfin? — Je n'en sais pas davantage1. »

Ottenfels en disait assez. A supposer que la question de la régence eût été sérieusement discutée par les Alliés, ils l'avaient résolue négativement. Mais Metternich pensait quecette forme de gouvernement était celle dont les Français en général et Fouché en particulier s'accommoderaient le plus volontiers. 11 en faisait la proposition dans l'espoir que Fouché s'emploierait activement, par la persuasion, la ruse ou la force, à obtenir l'abdication de l'empereur. La France désarmée de IVpée napoléonienne, les Alliés, qui ne voulaient donner aucune garantie, agiraient en maîtres. Selon les paroles d'Ottenfels, « ils prendraient alors la détermination convenable » non seulement sur le sort de Napoléon mais sur le gouvernement môme de la France*. Napoléon ne s'était pas déterminé à sa grande aventure pour obéir, redevenu empereur, aux sommations île l'étranger avant de faire parler la poudre. Il n'était pas l'homme du sacrifice. Il n'avait nulle intention d'abdiquer. « — Pas

I. Veury de Chalxtulmi. II. <;f. Napoléon. Corrrtp . XXXI. 11-4

1. Cf. Metternich. Wm., I, 2<>v U« »;.i*.'s, Memor.. la. Geniï, P,P-c^i. Il, »7.

si bete! » dit-il à Lucien '. Ht les propositions de Metternich notaient ni assez précises ni assez sûres pour l'y déterminer.

Les conférences de Baie n'eurent pas de suite Fleury n'y perdit pourtant point toute sa peine, car il en rapporta la certitude que les négociations entrr Mettcrnich et Fouché se bornaient à de values pourparlers et qu'il n'y avait pas complot contre la vie de l'empereur, comme celui-ci Lavait d'abord soupçonné. Napoléon resta néanmoins en déliance : l<duc d'Otrante avait trop tardé à lui parler du billet «le Metternieh. Ayant appris par une indiscrétion d'Otlenfels que Montrond et Bresson de Valensolles avaient été chargés, à Vienne, de messages secret* pour Fouché, l'empereur ordonna de mettre en surveillance ces deux agents. Mais déjà Bresson, que Fouché jugeait le plus compromis ou le moins discret, était parti pour Londres. Le ministre de la polie*lui avait fait confier par son collègue «le la guerre la mission d'aller acheter 40.000 fusils que proposait un armateur anglais. L'empereur gronda très fort Da vont, croyant qu'il était le complice de Fouché. Bien vraisemblablement, il était plutôt sa dupe 3.

A Sainte-Hélène, Napoléon dit plusieurs fois qu'il aurait dit faire fusiller Fouché. A Paris, il avait pensé

l. Notes de I.U' ien Bonaparte 'Arrh. AfT. «Mr.. 1*1 >j.

Fleury retourna une troisième fois à I tri 1 - - . I* 1'.* in;ii. <>i y alton<lit vainement jijs<pi au Ci juin le pr. ten<iii Henri Werner. M» tterim-h. peut être averti par Foiiehe, avait ju.'.- inutile <!<• ru ilimicr les pourparlers. Fleury .1.- ChaliMulon. Mm. 11. 47-H, cl lettre .le Fleury à Napoléon. Bonn: l-it-rc. 6 juin, . itee .tans i>* Vo^/V^//* ttw«i«irt>: ;«i 27 i

!. Fleury <le ChaCMiloti, .!/»«»., II. H. i> '.»». Mo!iHim|..m. H><-itt, II. Csn • if. Mi m. d» Ao.».-',<\ ||. tu. — Au retour Me sa ihinmmii m \Vnne, Kre«sot, avait remis à I)a%..ut un rapport très Lien fait sur IVtat il. s arnu-*** alliées et sur le ir plan .t.- campagne. (Aiv|,. (iu* i iv. C'.rr.-p. entrai»-. ia il.itr .In t avril . i

l.*.Mnp» r.'nr av.nl m.uIu faire arr'U r un autre airent fie Fou.hc nomme li- p. mu, m us .-..t homme put cauix-r la frontière suisse. Fleury. Il, 46. Cf I»a\niit;i Marula/. :t mai. Arch. <iuerr.O

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du moins à le destituer1. S'il no le lit pas, c'est qu'il avait ses raisons, et ces raisons-là il les avait oubliées dans son exil ou il ne voulait pas les dire. Au retour de l'île d'Klbe, il lui fallait compter avec le due d'Otrante. C'était le chef du parti jacobin, et son opposition à toutes les mesures autoritaires de l'empereur lui avait gagné les libéraux. Sa disgrâce eut été regardée comme l'indice du retour à l'absolutisme. Carnot lui-même, qui baissait et méprisait Foucbé et qui, n'étant pas bommeà se donner à demi, montra pendant les Cent Jours un entier dévouement à l'empereur, le déconseilla de destituer le duc d'Otrante. •< — Il y a un mois, dit-il. j'aurais approuvé le renvoi de Foucbé. Mais aujourd'hui cela augmenterait les irrésolutions et les défiances déjà si grandes de l'opinion. » Napoléon temporisa, attendant qu'une victoire lui donnât l'autorité nécessaire pour cette espèce de coup d'Etat s.

I. Montholon, ttêcitt, II, W«»-iiU. Lavallette, AAv.«., il, lui. cf. Mém. de Fouch/y II, 31*», Ji'i-3jn.

i Fleury .le Uiaboulon. \f- »i . II. Rovign, Mrm., VIII, «.".. V*»»».. f.irno/, II, V»8.

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