‹ 1815 (volume 3)Chapitre 21 sur 226 · LA RENAISSANCE DES PARTIS · texte numérisé non relu

LA RENAISSANCE DES PARTIS

-qualifiaient « d'anarchie révolutionnaire », tandis qu'ils attendaient « un gouvernement réparateur », c'est-à-dire : « une épuration générale », la destitution en niasse des fonctionnaires, le licenciement de l'armée et sa reconstitution en régiments provinciaux commandés par les anciens condéens et les héros de la Vendée, l'abolition des divisions départementales, le rétablissement des provinces et de leurs anciennes franchises, la suppression des chambres, de la liberté de la presse. île la Légion d'honneur, la restauration «les parlements, la dénonciation du Concordat, la restitution des biens d'église et des biens nationaux — avec ou sans indemnité aux acquéreurs, suffisamment indemnisés par vingt années d'usufruit — la simple tolérance «les cultes dissidents sans salaire à leurs ministres, la réintégration des nobles dans la plupart de leurs privilèges, la réorganisation complète du clergé afin qu'il reprit son rang et son influence dans l'Etat1. En résumé, ce que voulaient les émigrés, c'était la royauté absolue, la contre-révolution, le rétablissement des trois ordres, le retour au réfime de 1788. Villèle, dans une brochure adressée aux députés de son département, concluait ainsi : <• Revenons à la constitution de nos pères, à •celle qui rendit la France heureuse et (baissante. J.rs parties de notre ancienne organisation qui ont souffert nous coûteront moins à réparer que les nou-

I. trilm» <î«* îfc>ml«>ll« < ci du ••■•rni'- '!<> \"l7i£m< ou mi, Wnn<\ moi Itlk. S.n«ït-Aik'u.in a Hl:ir;is, Pan». I" juin. M<'in<>ir>- <l»' Bl i -.iv l.:nnl.«-i t h |W«pi<l. nm*i*M) chff Ut «*< »i j ^rr»- 1 1- >n «1«-» 1'it< s <!«• I.i f«»i. « ,li;i]<itt<«, ti }mJIH . AlfWi h V;ill.-iis«-, Paris.» <!.•«•. iAn ti A(T. »*lr . «Hi». »>l :•. »>7 >.j i.nrr<"«p. <!<•'» pmffls <*t r:tj>[*<rK <\<- policr. t* ni.u. ii in.ti. i'.' jhiIU-I. ÎT -••pt., 'j no».. I »1'c. (Amh. mt. :>*i. h. 7, i"7l. K. T. JM\ K 7. i".c. Vill- ]«•, *»K%t rmi>on» *»r U projet dt t otuttintio». 4 . 1 1 : 1 1 ■ :■ 1 1 1 1 • », v» ,i /H uas,

IH, f*. Jl>, *i, »• <>i. "U. 7.1. W> 'Ht'lt r ,lr I ar,lot nu coi, if, i>> 1~ . Si /'roi- *rc*nt# ra/>(xirt de h'ourh* «•'< 1 1< » t • î I ■ •< | -«r» . Lrt>«* I. ''H Vill<-;c, \/nn,, |t

i«î-2il, Jk»,î#l W>. Vilrolt.», :i<) M?. KirN—, Corrrip., |, 7*.*--**.

voiles institutions ire coûteraient à établir». » Et lo marquis do L'babannes disait au roi : « — Quelques années d'un despotisme absolu, voilà quoi sera lo baume salutaire*. >» Ho plus exaltés oneoro demandaient que le retour à l'ancien régime fût inauguré par lo bannissoment d'un bon nombro do révolutionnaires et par le supplice ou tout au moins par la déportation dos régicides3.

Or. non seulement le gouvernement de Louis XVIII allait à rencontre dos théories politiques dos royalistes et do leurs vieux do représailles, mais il ne faisait rien ou presque rien pour eux-mêmes. L'admission dans la Maison militaire, où la solde était fort pou élevée, quelques pensions sur la cassette royale, quelques emplois dans l'armée, des centaines do croix de Saint-Louis et dos milliers do décorations du Lys no compensaient pas aux veux dos émigrés les places qu'on no s'empressait pas de leur donner et les biens que la Charte défondait do leur restituer. Les plaintes et les récriminations s'élevaient autour du troue. « Dos régicides, des factieux, de misérables bonapartistes, écrivait à Blacas le chevalier de Saint-Aignan, obtiennent des places, des dignités, des pensions, et je suis réduit à mendier aux portes du palais do mon souverain une récompense qui m'est duo et que je ne devais attendre qu'autant do temps qu'il en aurait fallu pour s'enquérir et s'acquitter \ ►> Jusque dans la chapelle des Tuileries, on condamnait la faiblesse et 1 eiroïsme de Louis XVIII. On l'appelait, comme la petite cour

1. ObirrvatiOH* *.ir l< projet de Constitution fr'-imprim.-.-s dans 1rs .Vrm. do VillHi-. 1. h»:',.

i. M;ipjhi> d«- f.hnbmm.'s. Lett>rt nu comte du lllar**. f»~»

1. Mvinoirr dr Blams. <Aivh. AIT. «'lr:uiLror<-s. i.t;>.} C.f Carnet. Mrmoira nu roi, 17 ot îM-lol {édition «l'avril Comte de liarruel Heauvert,

/W»im III, lit.

V Sjint-Aiffnan ii Hlacas, lo juin. (An li. AfT. etr.. 64<ï.)

LA RENAISSANCE DES l'AIllIS G3

«le GnSlentz avait appela le malheureux Louis XVI: le roi des Jacobins. « <!Vst à llartwvll. disaient les mécontents, qu'il a pris ces idées libérales. Il n'avait pas le droit «le donner cette constitution abominable. Il s'est fait le complice des révolutionnaires en consacrant dans la (Charte la spoliation de nos biens. VA quel droit peut avoir un roi de disposer du bien dautrui? Mais que lui importe, pourvu qu'il mange, qu'il devine des charades et qu'il écrive «le petits billets ' ! »

Ainsi parlaient ceux que l'on accusait d'être « plus royalistes que le roi >.. Ils l'étaient, en effet, et non sans motif. La Charte n'empêchait pas Louis XVIII de vivre en roi, avec une liste civile de vingt-quatre millions, mais elle empêchait les émigrés de recouvrer leurs biens et leurs privilèges. On disait au faubourg Saint-Antoine : « (Juand le roi a dîné, il croit son peuple heureux. ' » < ht aurait dit non moins justement au faubourg Saint-t îermaiu : « Le roi est rentré aux Tuileries, il croit que nous sommes rentrés dans nos chAteaux. >» Or, en fait de» châteaux, beaucoup d'émigrés, qui avaient épuisé leurs dernières ressources pour venir à Paris, habitaient des mansardes. Au mois de décembre, plusieurs d'entre eux. dénués de tout et las d'espérer, retournèrent «mi Angleterre reprendre leurs modestes places «le professeurs \

La bourgeoisie, devenue déjà «pu'hpie peu méconteiite de ce qui se passait, était surtout inquiète de ce qui pouvait survenir. Le langage «les journaux l'irritait, les pr«q>«>s d««s royalistes l'exaspéraient, leurs prétentions l'alarmaient. « On va maintenant jus-

I. («apport* df po!i<-«*. V* jmllH. i. ?? s»-j.t . •> ix.v fArrli n.»t F ~. V :, ITT t. ^ Chalunm-s. Lettre* ;»*. VI. M J f». |«rvs .1 s«.n on. |.\ Cm* 4 millet Arrh. Afl\ «-tr.. 67 • • NNVIUnirtnti a »'..f«tkr«\i>rh. 4 <«t : • l.«>s ■ nugr>"* t*iuit aiiHM irril*"^ runtri* nu l<«> j:n ot.»nj. i-l les t»>n:ip;irli«t<»v - {/htfxiicht. Su|»|il»Miitiit IV

î. K i|>porl <!«• [h.Ikv, tti s«'pli*mlm- «Arch. n.it V. i: \* .)

Page 1