IV
chesse d'Angouléme lui témoignait donc beaucoup de sympathie, mais de cette sympathie un peu hautaine et très familière que l'on reporte d'un vieux serviteur sur son enfant. Elle afîectait d'oublier en public comme en privé que la petite Auguié était devenue duchesse d'Klchingen et princesse de la Moskowa. Bien n'était plus pénible à la maréchale que de paraître à ces Tuileries où elle avait été reçue naguère avec tant d'honneur et d'où elle ne sortait plus maintenant que la rougeur au front et des larmes dans les yeux. Ney. qui aimait passionnément sa femme, était exaspéré. « — Vous êtes bien heureux, dit-il un jour à 4^avallette, de vous être mis à l'écart. Vous n'avez à subir ni insultes ni injustices. »> Puis, semportant, comme il lui arrivait trop souvent : << — Ces gens-ci ne connaissent rien. Ils ne savent pas ce que c'est que Ney. Faudra-t-il le leur apprendre 1 ! »
Tandis que le mécontentement gagnait un grand nombre d'officiers généraux, il augmentait parmi les cadres et surtout chez les officiers à la demi-solde. On détestait Soult plus qu'on n'avait jamais détesté Dupont. « Soult s'est vendu aux Bourbons » était le cri de l'armée*. Sans doute, si des iulluenees et des préoccupations extra-militaires ne l'avaient dominé, le duc de Dalmatie eût été un bon ministre. 11
1. La Fayolte. M-hn.. V. 3I3-U6. LavaHKt»*. Vm.. Il, Ui-113. bu.-hosse d'Abrantès, .!/->«. . A' VIII, 3<»o. Imposition de Hounn-mt. </V<W* </* AVy. II. IW/i — Dans l'intérêt d<» la d**fen«<\ Herryor nia devant la <:hamhrv dp* pairs humiliations subir* aux Tuil.rVs par la inar»««-h;»l»' Ney. {Procit d* AVy. II. 300.) Mais le fait était <-n *[>'• ' !'»^' *<>rt«- d<> noton-l.- puMique. Thiers (XIX. assure qu'un ann«n roloin-1 d«- la iraid'- lui -lit avoir lu ces mots dans uni» lettre écrite par V y à <i ff-nnii'- ;i|»rf* sa défection : • Maintenant, tu ne pleureras plu* en triant d-'s T'iiN-ries. •
i. Happ. do poli.-.», i, 24 janv (Arrh. 111t. F. :. v v.» )