I. APPKL DES 60.000 HOMMES
s'en faut que tout fût à blâmer dans son administration. Il pressa le rappel des soldats en congé, opération assez mal mise en train par son prédécesseur ; il s'occupa de l'approvisionnement des places fortes, de l'instruction des troupes, qui était fort négligée, de la liquidation de la solde arriérée, d'un plan de concentration. Enfin , il demanda à plusieurs reprises la suppression des compagnies rouges, et, afin d'arrêter les scandaleuses nominations de légionnaires, il obtint du roi une ordonnance réglant les conditions d'admissibilité et d'avancement dans la Légion d'honneur'. Mais on était moins reconnaissant à Soult de ces mesures qu'on ne lui en voulait pour son arbitraire, sa courtisanerie et ses défis au sentiment national. 11 avait interdit le séjour de Paris aux officiers sans emploi, traité odieusement Kxelmans, donné des pensions aux Vendéens, misa la demi-solde sept cents officiers de plus*, fait une promotion de généraux entièrement composée d'émigrés et de chouans3. Il
I. Circulaires et lettres île Soult du 6 décembre l*U au 50 février ISI5. (Arch. Guerre.) Rapports de police. i"> janv., i, 1. 8. fev.,2 et « mars. 'Arch. nal. P. 7, 3739.) Zap|M>lin au roi de Wurtemberg. Paris, tu décembre l»U: • Depuis la nomination de S«.ulton travaille beaucoup au Ministère de la Guerre. - 'Arch. AIT. etr.. ft7V)
L'ordonnance royale du I" février sur la I>Kion d'honneur ont encore en vigueur aujourd'hui. aauf quelques modifications. Soult l'obtint du roi en lui montrant «ne liste de itw nouveaux lecionnaires et«»n lui disant: •-« Sire, que donneriez- vous donc le jour d'une bataille? . (Happ. de police. U janv.) (Arch. nal. K. 7. -T.»!».)
i. Ordonnance royale du Ifi décembre, mit iJtnrnnl mihtairê). Cf. situations générales des 15 sept, tau et l.\ janvier IMV i Arch. (iuerre.)
L'ordonnance du M dec. rendue sur la proposition de Soult et |w>rLint qu'a dater du I" janvier tMS . |es «Mciers généraux et ofiiciers de tout "rade qui ne seront pas emploie* ne pourront recevoir que le traitement de demi-vdde ., a trompe plusieurs historiens. Ils ont attribue a Soult la mise * l.i demi-solde de tout les officiers excédant le complet. Or. comme on l'a vu 1815. 1, celte mesure avait ete prescrite par l'ordonnance royale du ti mai et mise à exécution dés le mois .le juillet Seulement, un certain nombre d'ofilciers avaient e(e, par tolérance.. u ne^hc-n. e. maintenu* a l.i solde entière quoique sans emploi. 0 -.to.-t et. il de chose* qui lit cesser l'ordonnance du t'> décembre.
3. Promotion du 3u décembre t*U: Ptcquet du Hoisifuy. de Frotle.de
avait osé clin» au général Travot : « — Je ne vous emploierai qu'après que vous aurez rendu vos biens d'émigrés '. » Il venait enfin de porter l'irritation au comble en provoquant dans les régiments une souscription à peu près obligatoire pour ériger un monument à Louis XVI 1 et en faisant nommer grandchancelier de la Légion d'honneur le comte de Bruges, qui n'avait jamais commandé qu'un régiment noir à la solde de l'Angleterre. Puis, malgré les promesses et les circulaires du duc de Dalmatic, la solde arriérée restait impayée. Chaque jour d'audience publique, les officiers à la demi-solde, qui 6'autorisaient de l'acquittement d'Exelmans pour res- • ter à Paris en dépit de l'ordre du 17 décembre, arrivaient en foule rue Saint-Dominique. Un jeudi de février, ils étaient plusieurs milliers. Leurs femmes braillaient : « Les gens qui ne manquent de rien veulent nous faire crier: Vive le roi î Nous crierons : Vive celui qui nous fera vivre et meurent tous ceux qui nous font crever de faim î » Soult apostropha des officiers qui portaient encore des boutons à l'aigle : « — Quand le gouvernement nous aura payé ce qu'il nous doit, répliqua l'un d'eux, nous serons assez riches pour faire changer nos boutons. Jusque là nous les garderons, car ils nous rappellent notre ancienno prospérité*. »
Los nouvelles du congrès de Vienne avaient déterminé Louis XVIII à rappeler (>0,000 hommes sous lesdrapeaux.de fut parmi les 100,000 déserteurs des classes 1814 et antérieures, portés comme « rentrés
Malartic. d'Andigne. de La Prevallaye. Châtelain, «lit Tranquille. «Je Hohan- Chahnt, etc.
1. Jaucourt à Talleyran.l, Il fevr. 'Corm/>. </« 7 «lUyrand tt d* Loutt XVtH. 4Hi,nole.) i. Smilt au roi, i* février. (An-h Guerre.)
K;«l»port8 de police, 3, « février. 3 mars. (An h. nat. F. 7, 3T30.)
l/APPEL DES 60.000 HOMMES
dans leurs foyers sans permission », que l'on résolut de lever ce contingent Ces hommes, il fallait s'y attendre, ne se prêtèrent pas de bon gré à leur réincorporation. Seuls, les individus qui avaient quelque motif de réforme à faire valoir se présentèrent aux revues d'appel. Ceux que l'autorité militaire retenait comme bons pour le service s'insurgeaient et bousculaient Les gendarmes aux cris de: Vive l'empereur! *. Les recrues de la Gironde disaient : « Avec la paix nous aimons mieux le roi, mais pour faire la guerre nous voulons Napoléon, qui marchera à notre tète. » A Avesnes, les rappelés allumèrent une sorte de bûcher et y placèrent le buste de Louis XVIII. A Trévoux, à Bellay, à Sancerre, ils parcoururent les rues, battant la caisse, criant: Vive l'empereur ! et maltraitant les passants qui portaient la cocarde blanche. A Saint-Florent, ils insultèrent une procession, par des chansons obscènes, des blasphèmes et des bordées d'injures contre le curé et le roi. Dans l'Isère, les maires aidaient les insoumis à se cacher. I^»s deux tiers des anciens soldats désertaient en route. Le 70' reçoit 15 hommes au lieu de HiO, le 4.V. 1 10 au lieu de Tt'Ali*. A la fin de février, sur les (30,000 rappelés, .'tt.OOO à peine avaient rejoint les corps
Cet appel alarma la population en venant confir-
I. Ordonnance royale «lu 3 novembre. (Journal mthtairt.) Circulaire de Dupont, 1 nov. (Arch. Guerre.) — De peur d'inquiéter la population, on ne voulut pas rappeler les militaire *jue W* régiments avaient envoyé* en conite régulier au mois de juillet. Rapport de Davout a Napoléon, s. d. du i5 au 17 mars 1815... (Arch. nat. AF. IV, l»3«.)
i. Correap. des préfets, dfc. «i«l4-janv. im. (An h. nat. F. 3739, ft F. 7, 1773. j Correspondance générale, dec. I81*-fev. 1M5. (Arch. Guerre.)
J. Corresp. dr* préfets. t>, i, ii et iû dec, Il janv. Kapp. de police t% dec (Arch. nat. F. 7. 377J. F. 7. »7I9.) Soult à Durutte. :* dec. Marchant à Soult, ti d»-r. M«>n<-ey à Soult, iC de.-. Colonel du 7o' a D"urmont, Il dec. Colonel du *^ à Pinoleau. 14 fev 'Arch. Guerre t
*. Kapportde Davout à N;i|K>leon, ». d. (du rïau J7 mars (Arch. nat. AF. IV, 1936.)
mer les bruits de guerre. Or, la France rebelle à la guerre en 1814, quand il s'agissait de défendre les frontières mêmes de la patrie, voulait encore moins prendre les armes en 1815 pour conserver une province au roi de Saxe et pour rendre Naples au roi des Deux-Siciles. La croyance à un conflit était générale; déjà l'on s'en apercevait à la stagnation des affaires, au ralentissement des commandes, à l'arrêt des travaux !. Mais le fisc n'y perdait rien. Malgré l'atroce misère du pays, résultat de l'invasion et d'une mauvaise récolte, les amendes, les saisies, les ventes, les garnisaires se multipliaient. « Le commerce est tourmenté, écrivait le comte d'Hauterive à Talleyrand. les manufactures sont paralysées, les propriétaires sont chargés d'impôts que l'on exige avec une barbare rigidité, même dans les pays où les Alliés n'ont laissé que la misère. Les droits réunis et le monopole sur les tabacs s'exercent comme sous Bonaparte, et même avec un peu plus de rigueur5. »
1. Rapport sur l'esprit public, il et î* nnv. MU. 5 janv. «sis. Dumon-
eeau à Soult. M.-n.'res, h <!.•.•. Krllm-mann a Su.hrl. Strasbourg, ii dee. (Arch. (iuerre.i Onrresp. drs pn-Ms. et rapp dr jH.li. ,>. janvier el revrier (Arvh. nal. K. ?. cl V. ", -M. Al.'xan.lt.' a <<nite do (irinx.ard. Pari.*, 19 janv. (Ar- li AIT. rlr . «:«•.• - A la v. rit.-, !a mit.' montait. Après nvoir
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entrr t; rt :» fi ,in.s, Hlr «tut m f.\ii.r à T*. Mais <>n anusait le ban m Louis • de fait.- la hatissr dr la nuit»' par des nx.y.-ns ruineux • ihapp. rte police. iS jau\i< r. Arch. nat. Y. 7. nr.i'.t. Tlnn* iW'lll, r.o*-:.o:i, monliall «juo l.ou;s « Ii'-r.'li.iit à iin|ni>»T ii l ' tr.in.-.T par I.» hausse dr la renie. I»e fait, 1rs .♦. lj..n> dr la Kan.pir n'avaimii |.,»s tn-mlr dans la rnrine proportion. Kll. s étaient a 1 1 T j fr. a la l.n 'l'a. ml ; a w.»> en d. . -emhre: a M*0en février.
i. b'Ilaiit. nve a Tallevrand. Paris, Y* nrt.d.iv l«l» r,,,-re,p ,/,- TnUeymnd et >lr l.wiit \ \ III P. n it.v \ 1 1 t du |.n t< t d- I Indre. ;i janv. Soult à Alliex , 4 f.'vm i Uanm |..hih .à s', mit, -f. \n, r. Aux-v s. mil. IX f.-v.. etc. (Arch. liii'Ti-- II, >['|.< >ils ii •[ ,|,. j..|i. r i : janvxT ■ ; . Les pour, suites pour 1rs dr- iU r- uni- ...ni an-'-! 1 1 m !<■ u -'-s .|ur ■-..us l'empire. • — ( i mars : • I .a n j-m nr . x 1\ .• p.mi 1 t i ■ u l ! «I< s imp -ts l'enx >.i de i?artlisairrs, r|. . m- . i.ul.Mit. ',t l'.'is Ii s . 1 . | >-i rt 1 1 f • :its . La s ili-r.i. ||.iu de*
rentiers p.. m la lian-se a la l'.mrs.- i invti-.' pas iix-.milentcmrnt
d.-H .li'i.atinn.Mil- I . s , , ; - 1 n ,,| ,,,,»- du t, i r- m l.<mi- «mit lellmnent impit'.xal.l. s * | . i * 1 1 .'n K.-ra .|u. -timi aux «liamhres . Arrli nat. K. 7, 3TJλ.)