‹ 1815 (volume 3)Chapitre 42 sur 226 · LES CONSPIRATIONS H · texte numérisé non relu

LES CONSPIRATIONS H

s'agitaient. Un sous-préfet démissionnaire, Floury de Chaboulon, partait pour l'île d'KIbe atin d'exposer à celui qu'il appelait toujours l'empereur la situation troublée du pays Bovigo disait à Jaucourt : « — Nous re verrons Bonaparte, et ce sera bien la faute des Bourbons'. » Kt Barras disait au comte de Blacas : « — Je vais m'oecuper de réaliser quelques fonds qui me permettront de m expatrier si le tyran de ma patrie réussit à la remettre sous le joug *. » Plusieurs députés constitutionnels étaient revenus à Paris sous l'influence de l'exaltation de la province, déterminés à obtenir ou à conquérir des garanties sérieuses contre l'arbitraire des ministres et les revendications des émigrés. Le parti libéral se préparait à une lutte vigoureuse au cours de la prochaine session, et, s'il le fallait, à un nouveau 14 juillet 4. Plus impatients et doutant un peu de l'énergie des constitutionnels, les bonapartistes et les jacobins voulaient au contraire profiter de l'absence des Chambres pour un coup de force. Le complot ourdi depuis plus de six mois, et que l'on avait tour à tour ajourné, abandonné, et enfin repris et modifié, se tramait à nouveau. Fouché en était le principal chef. Après avoir tenté ainsi que plusieurs autres sénateurs évincés d'entrer à la Chambre des pairs, après avoir offert, vingt fois ses services et son dévouement aux Bourbons, après avoir eu des entre-

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vues sans nombre avec Vitrolles, avec Rlacas. avec Malouct, avec Reurnonville. avec le duc d'Havre \ ce Scapin tragique pensait à renverser le roi puisque le roi tardait à le faire ministre.

Dès le mois de juillet 1814, Touché avait conçu le projet de remplacer Louis XVIII parle duc d'Orléans, qui, fils d'un régicide et soldat de la Révolution en 92, aurait pour lui, pensait-il, les libéraux, les jacobins et même les bonapartistes. Il s'en ouvrit à Talleyrand, alors assez mécontent de la tournure des choses et du peu de cas que l'on faisait de ses conseils sur la politique intérieure*. Talleyrand parla discrètement au duc d'Orléans, mais celui-ci lécouta avec froideur, et. sans nommer personne, il rapporta, dit-on, l'entretien au roi 3 . Le prince se dérobant, les deux compères revinrent à l'idée d'une régence, ce rêve qui les avait hantés pendant la dernière campagne de Napoléon \ l'n complot fut formé ou plutôt ébauché avec la connivence de plusieurs officiers généraux, d'anciens révolutionnaires et de meneurs du faubourg Saint-Antoine. Les moyens d'exécution consistaient en un mouvement sur les Tuileries d'une partie de la garnison de Paris, appuyée par les faubourgs en armes. Le but était la proclamation de Napoléon II. avec Marie-Louise régente et le prince Lugène, Talleyrand, l'ouché et havoiit membres du conseil de régence 5. Avant

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