‹ 1815 (volume 3)Chapitre 43 sur 226 · LES CONSPIRATIONS M · texte numérisé non relu

LES CONSPIRATIONS M

«l'agir, il fallait connaître les sentiments «le Marie- Louise, «lu prince Eugène, «le la cour de Vienne. Il fallait surtout que Napoléon fût éloigné de l'Europe, car on craignait qu'il n'eût pas assez d'abnégation pour ne point vouloir profiter personnellement «le cette révolution. Marie-Louise se trouvait alors aux eaux d'Aix, en Savoie ; on lui dépêcha , Corvisarl et Isabey. Foucbé écrivit à Eugène, et. le Jt» septembre, Talleyrand, «lésigné par le roi comme son plénipotentiaire au congrès, partit pour Vienne1. Tout en y défendant « les principes du droit des gens » il allait travailler à faire déporter Najxdéon «lans quelque île «le l'Océan Ce n'était point que le prince de Hénévent se fût entièrement livré à Foucbé et à s««s complices, mais dans cette circonstance comme dans tant d'autres, cet bomme à double face agissait à deux lins. En poursuivant l'enlèvement «le Napoléon, il servait Louis XVIII, et il secondait en même temps, sans s«» compromettre, le parti qui se préparait à le renverser. « Double intrigue, «lit Narras, intrigue perpétuelle de Talleyrand comme de Foucbé3! »

Mr»i i(r t'oHrhr, II. :iiHi..tMi. Mémoire* manuscrit* «le Barras. Chateaubriand, A/<-m., VI, s>*. Gui/«d. .V»-m..l. J»o-.i7. Il> tl«» de Neuville, \t<->*.. II, 4.1, 47. H.i|»(N>rt au ministre de la guerre (cite par Chenier. H ut. *l* /tarour. 4 î lM-|H»HiiiMHH»lr Ca pelle /'rocs dr .\V y, II. 14*;, de Vaulchicret «lu maire de |»i.|««. >|io**ier «le \»'v. Arch. «inerre.) — Sur les rapport» constants de Tal.'-.vnuul, avant <|. part jxnir Vienn»:. et de Kt.ii* he.qui hahitait le château • !«• Perrière*, mais -pu venait très s«)uvent a Paris, voir le rap|K>rt de poli»*»- du H août Ar«'h. nat. Y. 7. it(M »,.

liapre* le Journal de la renie Catherine. Laftitte. Carnot et V y «levaient faire parité aussi «lu ■ <-n-. li de régnée, niais Irè* vraisemblablement «es trois personnage* n'avaient pas donn»- leur ar.jinescemriit a ce projet. «>t peut être même licnoraient-iK Mais on se proposait de le» pn« lamer, une foin la révolution a> « nmphe.

« Journal de la reine C, «Utérine. Ibivik'o, M>->»., VII. Jîl. Jlii-.U". Chateaubriand, A/em., VI. U>i. \t< >u , </«■ touchr, II, 3<>o-Jol. Cf. M-neval. Sonv , H. H<v 111, 3V«. ltau*«et, !/,„, . m, ,«t |a n„te de police du 7 iuar« l«n lArch nat. F 7. 8.»<n> * .

i Talleyrand a Louis XVIII Vienne i\ ort . î.s nov et * >U-r. i\,r<-etp. dr T«tl*yrand et A* Lomt XVIII > |.a\:ilh'lte, \i,m.. Il, I I». IttAiC'i. WV>" , VU. 3*1. ili JU Cf. Hv.le «le N.-HV.IU. V.»* II. H,, in ïj

I Meiinnres manu»- i ils |i,rras.

lit".

Fouché, au demeurant, rivait pour remperour un exil plus sur. L'un île ses affidés lit proposer à Louis XVIII île donner son assentiment à l'assassinat de Bonaparte. L'assassin, paraît-il, (Hait trouvé, niais les conspirateurs voulaient pouvoir accuser plus tard de ce crime le gouvernement royal. Le roi, qui comptait sur les puissances pour le débarrasser de « l'homme de file d'Elbe ». s'indigna et repoussa le projet Fouché, d'ailleurs, n'avait pas cessé de correspondre avec Talleyrand; il lui écrivait tantôt directement, tantôt sous le couvert de Ualberg qui avait été adjoint au prince comme second plénipotentiaire Ce fut sur les instances de Dalberg que Mctternich consentit à entrer en correspondance secrète avec Fouché*. Partisan déterminé des Bourbons et absolument hostile à l'idée d'une régence, Mettcrnich était fort éloigné de prêter la main aux machinations de Fouché et de Talleyrand. Sans doute, la raison qui l'engagea à écrire au duc d'Otrante fut de se renseigner sur la véritable opinion «les Français, dont on était assez préoccupé à Vienne3.

Kn attendant que le congrès décidAt du sort de Napoléon. Fouché s'était retiré dans son chAteau de Ferrières, mais les révolutionnaires et les officiers qu'il avait facilement associés à ses projets ne cessaient pas leurs conciliabules. C'est ainsi qu'en octobre et en novembre, le bruit d'une conjuration

t. Hoviwo, l//#w., VII. Jil. Cf. VI. 3<.4.

2. Hovik'o. VII. nv-XM,. M»>n»val. II. ii«V Cf. Foin-lien Talleyrand. Ferrures. 15 sept. torrrt/). dr / atirijrtii.il tt </.• Louis A'I'V//. — La lettre <»u une des lettres <le Metleruieh a Fouehe lui posait < e.s tr^is <jik->tions : • Ouarnverait-il : 1" si 1 empereur reparaissait en Fraie-. : i> si le roi «le Home se présentait à la frontoie appuy- d'un Corps autrichien*

si nen de tout eela n arrivait. maison une reNolulion se lit toute .seule r • Fouehe répondit : • hans le premier . a>. tout dépendrait d'un régiment : s'il passait du rote de Bonaparte, l nriif-- suivrait, bans le seeond ras. toute la Frauee s« deelarernit pour le roi de h-ine. Ijans le troisième ras, la révolution *e ferait en faveur du riue d ur!- . .us. .

i. Tnlh-yrand n L-ms X VIII. Vi.-!iu-. -*•• nov (Com-tp. n-,.r Ao.o# A Mit )

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militaire se répandit partout1. A la tin d'octobre, on arrêta une trentaine d'ofliciers à la demi-solde et quelques gardes du corps, soupçonnés à tort ou à raison de comploter l'assassinat du roi et des princes*. Ces rumeurs émurent les cabinets européens. Le czar questionna Talleyrand3. Lord Liverpool se montrait déterminé à rappeler Wellington, de peur que s'il restait à Paris les chefs de la conjuration ne le gardassent comme otage. « Il n'est pas douteux, écrivait-il le i novembre, qu'un mouvement ne menace d'éclater à Paris. Dans cette prévision, le roi doit prendre des précautions. La principale seraitque les membres de la famille royale ne restassent pas tous ensemble à Paris, car le but des conspirateurs étant d'en finir avec la dynastie, ils ne tenteront rien si les Bourbons sont dispersés. Le salut d'un seul sera la sauvegarde de tous 4. »

L'alarme était grande aussi dans l'entourage du roi5. On a vu que le soir du 30 novembre Marmont mit toute la garnison de Paris sous les armes8. Ce déploiement de forces parut excessif, mais les appréhensions de Marmont n'étaient pas tout à fait chimériques. Son erreur fut de croire que la date de l'exécution du complot était fixée, alors que les conjurés discutaient encore leur plan et leurs moyens d'action.

1. Bapp. de polie-, I3. 1». *> «*"t-. H. *" nov., t. 7 dec. {Arrh nal. F. 7. 377i et 3ii>o*j. Minisire de Danemark à Bon gouvernement, 1* n<>v. (Atvh. AfT. *'tr.. <>::>]. Happ. à Dupont. 13 nov. 'Arch. Guerre. * Talleyrand à l.oui* XVIII, i.» nov. \t'orrrtp. ar+c Louu XYlll.) Wellington à Castlereagh. * oot. Uverp*-.! à r.astlereagh, i nov. ^Wellington. f>t*(,ateht. Supplément, IX.i

t. Wellington a C;»stlereagh. Paris. 1 nov. iDupatch*, Supplément. IX ) MiniMre de Danemark a x»u gouvernement, 14 nov. (Arch. AfT. »-t r. , «<7 > j

J. Lettre prmttv de Talleyrand à Louis XVIII, tr> nov.

4. Liverpool a Castlereagh. Londres. I nov. à Wellington. 4 nov. (Wellington. Dupatcht. Supplément, IX.)

s Jano.urt À Tallevrand, Paris. i'J nov. (Corr-ip. </- T*lt>-yr*nJ rt ,i* Loh $ X Vitl, 140 )

Deux mois plus tard, le procès d'Exelmans et le langage des royalistes le 21 janvier ayant avivé les colores, et l'émeute de Saint-Roch, dont quelques révolutionnaires regrettèrent de n'avoir pas profité1, ayant montré que le peuple était facile à soulever, les conspirateurs résolurent de brusquer les choses, quitte à se passer de Fouché. Celui-ci. averti, revint en hAte à Paris. Il tint plusieurs conférences avec Thilmudcau, Davout, Merlin, Kegnaud, Drouet d'Krlon, les frères Lallemand et autres. Bassano, Rovigo, Lavallette, Héal, Oudot, Thuriot, (iarat, Grégoire, Siéyès, Prieur de la Marne. Gauthier, les généraux Lefebvre-Desnoëttes, Turreau, Chouart, Frégeville, Merlin fils du régicide). César Delaville, Chastel, lierton connaissaient aussi le complot ; mais si les uns y étaient positivement affiliés, les autres le désapprouvaient et refusèrent de s'y associer*. Fouché aurait voulu enrôler Carnot dont le Mémoire au roi avait ralîermi la popularité. Mais l'ancien membre du comité de Salut public avait trop de défiance

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