NAPOLÉON SOUVERAIN DE L ILE D ELBE U
Peyrusse, trésorier général et payeur général. Ainsi, Balbi avait l'intérieur, Drouot la guerre, IVyrusse les finances. Avec le grand-maréchal du palais, Bertrand, qui était comme le ministre d'Etat, ils formaient le conseil de ce royaume lilliputien. Napoléon créa une cour d'appel, car depuis 1808 le tribunal ressortissait à la cour de Florence. Il nomma un inspecteur des ponts-et-chaussées, un directeur des domaines, un inspecteur aux revues, un fournisseur des vivres. Pons de l'Hérault, directeur des mines de l'île, en conserva l'administration. Cambronne eut le commandement de Porto- Ferrajo \
Trois bataillons du tt.V de ligne et un du régiment colonial italien tenaient garnison dans l'île avant l'arrivée de Napoléon. Il lit savoir qu'il accepterait les sous-officiers et soldats qui voudraient rester à son service et constitua ainsi le noyau d'un bataillon désigné sons le nom de \tr bataillon ou Bataillon «le chasseurs ou Bataillon Corse; il fut complété à 100 fusils, au moyen d'hommes recrutés en Toscane et surtout en Corse1. I n deuxième bataillon, dit Bataillon franc ou Bataillon de l'île, d'un effectif de V00 hommes, fut organisé avec les miliciens elbois \ Napoléon attendait en outre un escadron de chevau-légers polonais licenciés du service de France et le détachement de la vieille garde que le traité de Fontainebleau l'autorisait à avoir à l'Ile d'Elbe. Ces troupes débarquèrent le 28 mai. Les grenadiers et chasseurs formèrent un bataillon «le (J07 hommes .officiers compris ), appelé le Bataillon Napoléon. Les Polonais, qui comptaient parmi eux quelques
i. Napnkon. Corretp.. ii.'.Gft. îi.Sf.T, il .r»GH. îi.nTrt. et<\ P»-\ni-«\ iu it', Forrui, !VU.
i \rt|»..Ks»n. Cormp . ?l w, îl .v.v Kallrr %n U Campf-M I'1'» Situation u>« lrrm(**« »t.itifnu><"'<4 a l'Il-' ■l'Hit.»- au I" f«'vri»-r iMi A r- ! i <iu. rr>-
i. Niift..|.-,.|l. t'orr >[> , :\ .f.«
mamclucks et chasseurs à cheval de la garde, furent répartis en deux compagnies, Tune à cheval, de 22 hommes, l'autre à pied, de 96 hommes, celle-ci destinée au service des pièces. Le chef de bataillon Mallet, promu colonel, eut le commandement dos grenadiers et chasseurs ; le major Jermanowski, celui des deux compagnies polonaises. 43 canonniors do la garde, 21 marins de la garde, un peloton de vétérans, trois brigades de gendarmerie complétaient cette petite armée, forte d'environ 1600 hommes*. Los soldats conservèrent l'uniforme français mais ils prirent la cocarde elboise, blanche et rouge, semée d'abeilles d'or, — «des abeilles qui piqueront un jour », écrivait un grenadier *. Napoléon avait adopté pour ses nouvelles armes un ancien écusson de l'île, datant de Losmo Ier : d'argent à la
i. Napoléon. Corretp., 21.56*. 'I.W. 21 .619. 21.0*1». Contrôles nominatifs du Bat;iilk>n Napoléon et <lo l'Escadron Na|»dcon -cites par Fi**lTe. A7i/>of#'oi» et la garde, M9-lr61. Etats des services des officiers du l>ataillori NajH'leon. (Arch. nat., AF*. IV. I70t>., Rapports du capitaine de vaisseau de Moncabne, 13 juin, et de l'amiral Lhermitte, Toulon. J sept. iAreh. de la Marine. UU 415;. — Les effectifs cites dans VUr d Elb* el Ui Crut Jour» (Corretp. fie iWapolton, XXX. Kl . ainsi que beaucoup d'autres détails sur le séjour a l'ile d'Ell>e. sont erroné*
Aux termes de Parti, le XVII du traite de Fontainebleau. Napoléon e'.ait autorise a emmener dans sa nouvelle résidence 400 hommes de bonne volonté. Mais les ut»tki<1i»m"s el chasseurs s 'étant présentes en plus cntnd nombre, le* c-n.T.iux Petit et Camhronne avaient rede a leurs prières et les avaient désignes pour partir. A Savi.ne, où ils s'embarquèrent, le commandant de la flottille anglaise chargée de les IransjHirter n'avait fait nulle observation. Le fait, connu peu après, donna lieu a un eehanjre de lettres entre Talleyrand, Pupont et Maloiiet. Arch. Guerre. S, il el 22 juin, i (Juant aux Polonais Napoléon s'était entendu à Fontainebleau avec Jermanowski, pour en recruter un escadron de hu hommes destine à l'ile d'Elbe, et un autre de to, qui devait former la jrarde de Marie-Louise a l'arme. L»-s premiers s'embarquèrent a Savom; avec les irrenadiers. les autres allèrent d'aU»rd a l'arme, mais comme ils n'y trouvèrent pas l'impératrice et que l'on refusa de leur <i.'tiner b-ur solde. Napoléon |«-> fit venir aussi a l'Ile d'Elbe. : Itapp. de Bertrand à « .aulaincourl. Paris, I" juin 1*1 > Arch. AIT. etr.. i L'empereur trouva avoir aiioi phi-, de soblats qu'il m» croyait. t>'apr« ^ sa note du H» m.n ' orresf... J I jt.s H est clair qu'il attendait scu-
lemenl ly.t tfivnadiers el chasseurs el M> Polonais.
i. \ r .iii. ■ urt. grenadier à la :>' compagnie du Bataillon Napoléon, a M"" Chcrvm a Verdun. Porto-Ferrajo. t" J. ■ (Aiv|i. AIT etr., cTS.j
N A P OL KO N SOUVERAIN DE i/lLE D'ELBE H9
bande de gueules chargée de trois abeilles d'or1.
Le brick C Inconstant, de 10 canons, cédé par la France en vertu du traité de Fontainebleau, lVspéronade la Caroline, armée d'un canon de fonte, les deux felouques C Abeille et la Mmtche, appartenant aux mines <le Kio, le demi-chebec t Etoile, acheté par l'empereur 8,822 francs, et un grand canot constituèrent la marine de guerre. L'enseigne de vaisseau Taillade, qui s'était marié à Porto-Longone et qui fut promu lieutenant, eut le commandement de cette flottille montée par 129 hommes d'équipage*.
« (le sera lile du Repos, » avait dit Napoléon en débarquant3. Or, au moins pendant les six premiers mois, il déploya une activité presque fébrile. Obéissant à son génie organisateur qui le poussait à mettre sa marque partout où il passait, il voulut transformer l ile d'Elbe. Il réorganisa la douane, l'octroi, l'enregistrement, leva les droits d'entrée sur les blés, sauf sur ceux à consommer dans Porto-Ferrajo, afferma à nouveau les salines et les madragues. Il établit un lazaret, réunit l'hospice à l'hôpital militaire, construisit un théâtre, augmenta les fortilications, répara les casernes, planta de la vigne, s'occupa de l'acclimatation des vers à soie, encouragea les défrichements en distribuant des terres, assainit et embellit la ville, qui fut pavée, pourvue d'eau et entourée d'allées de mûriers. A deux lieues marines au sud-est de l ile se trouve l'ilot «le Pianosa. L'empereur en prit possession, le fortifia et y mit une garnison «le trente hommes avec cinq Imm-
». Cnrresp. du frem-ral liuval, 27 niai. (Aroh. AIT. Hr.. 675 l.,> nmi\«Mii |tawll<>n fut artère le V mai dans imite* les commune!» de llli* '(Napol«-on. (*orrr«p.. îl.."»Mi.i
i. État <Ws dépenses pour 1<m» l'Aliment» de S. M.. HortorVrrajo, fii sepl. happ. de l'amiral Lhermitte, i juin et * sept. Arrh. delà Marine, lit» Il S). SaH.N.n. forretp., SI »70, il. 57», il v«*. tl.iHU, il. t..'.. il ftH. ICipport do Mariolti, l.ivourne, s* st.pt. ISU An h AfT. ctr.. muo .
s. Extrait de la .-orr.sp du viu-ral l'uval, i7 mai Ar. h. AIT. »*tr., «7.V)
chcs à fou. C'était un poste militaire, mais l'empereur projetait aussi de peupler cet îlot et de le fertiliser par de grands travaux d'irrigation. Le plan d'un village fut même dressé, et Napoléon nomma le curé de la future paroisse. « — L'Europe, dit-il en riant, va m'accuser d'avoir déjà fait une conquête î » Dans l'île, les routes étaient rares et mauvaises. Il les fit réparer, élargir et en fit ouvrir cinq nouvelles. Il établit une rampe carrossable à la place de l'escalier accédant au sommet de Porto-Fer rajo. Les gens du pavs et les soldats de la garde étaient employés à ces divers travaux1. « Le grand plaisir de Bonaparte, lit-on dans les rapports adressés de l'île d'Elbe à Paris, est d'ouvrir les chemins. Il aime les hommes utiles et a admirablement traité un maître jardinier et un maître maçon vêtus sordidement. Il ne les lâchait plus et les accablait de questions. Il emploie ses soldats à démolir des murs. Ils ne sont pas contents et disent qu'ils ne veulent pas faire le métier de maçon. Il les appelle grognards et malgré tout les fait travailler». »
En cHet, les grognards grognaient un peu, car ces Français sVnnnvaient sur ce rocher italien dont ils disaient : « (/est un fameux refuge pour un renard. » Mais ils prenaient leur mal en patience grâce à leur idolâtrie pour le Petit Caporal. L'empereur passait parfois six heures de suite au quartier, touchant les literies, goûtant la soupe, le pain, le vin, causant familièrement avec les hommes, et se montrant toujours, selon sa coutume, « sévère pour les officiers et bienveillant
1. Napoléon, f'orretp., ti.:m, ii..v>:, î\ si.r.st. it.ssa. ji..s*6. h.vh. *l.r»W. il »l.*ix. 2I.6W. Si tiTi <;f. iVvrusM'. «lampion. Forvsi. ev- . ei le Mémorial de Vile d Hlht du p n.'ial Vincent, dan* )<>* .Wwoiiw* de Tout. III
i. K;ip|H>rt de Moneahrie, Toulon. I l juin <Arrh. d»* la Marine. Bl». 4li> Rapport anonyme. 17 wpt. Arch. DuifriM
.NAPOLÉON SOI.' VER AIN DE l/lLE D'ELUE 15t
pour les hommes1 »>. Il avait acquis dos vignes dans File. Fn voyant les raisins mûrir, il dit à Peyrusse : « — Mes grognards les vendangeront avant moi. » Les soldats n'y manquèrent pas. Quand ils savaient qu'une vigne était à l'empereur, ils la regardaient comme à eux et y maraudaient sans scrupule. Un jour, l'empereur rencontra cinq ou six grenadiers qui regagnaient la caserne Saint-François avec une provision de raisin : « — D'où venez-vous ainsi ? » dit-il en affectant un air sévère. « — Sire, nous revenons de Saint- Cloud. » Le mot courut la garnison, et les soldats n'appelèrent plus que Saint-Cloud le petit domaine de San-Martino*.
Chaque jour, l'empereur faisait de longues courses à cheval, des promenades en mer. de rudes ascensions. « On dirait, écrit Campbell, que Napoléon veut réaliser le mouvement perpétuel. 11 prend plaisir à fatiguer tous ceux qui l'accompagnent dans ses excursions. Je ne crois pas qu'il lui soit possible de s'asseoir pour écrire, tant que sa santé lui permettra les exercices du corps. Hier, après une promenade à pied par un soleil ardent, qui a duré de cinq heures du matin à trois heures de l'après-midi, et après avoir visité les frégates et les transports, il est monté a cheval pendant trois heures encore — pour se dé fatiguer , m'a-t-il dit ensuite1. •» Ainsi. Napoléon ne pense pas a tenir sa promesse de Fontainebleau aux soldats de la vieille garde « d'écrire les grandes choses qu'ils ont faites ensemble Cela sera INeuvre du prison nier de Sainte-Hélène. Le souverain de l'Ile d'FIbe est encore trop homme d'action pour écrire autre
1 . Rnpport pr^il»\ 17 s«*[»t lArrh. <iu»*rn'.' H.'ipjvrt <\* lMi**nuni«-.iii. 1 i nt« T\\+T d<* V Anttlop* . f Dnsmi<* p ir W in.'tir»* «!<• |{hi<1>\hi\. ii« • \ »*th t > r»' \r> \\ 11,1^ Y. 7, J.771; i::tiri|»l..'ll. 2k7, Jk9 «i.n.-ri! Vino-nl. M<->» -if Tout, I>>
i. iVvruw i<» i M< MiiiM*, ll il'1 cr»,iKi>li»T'». / '»*»• <»>i <• >'»• Xa/n)i> on, T;i-?4.
a. OiniipNHI. X.iyot-vn .•/ Klb*. i 4 J.
chose que des ordres. Il commande, il organise, il construit, il inspecte, il marche, il monte à cheval, cherchant à s'étourdir et à oublier dans cette agitation incessante qui lui donne l'illusion de l'action.
Ce besoin de mouvement, cette difficulté de tenir en place expliquent la multitude des habitations de l'empereur à l'ilc d'Elbe. Descendu à l'Hôtel de Ville, il avait aussitôt choisi comme résidence la Palazzina des Mulini, située dans la ville haute, entre le fort Stella et le fort Falcone. Cette maisonnette fut réparée, surélevée d'un» étage et augmentée au rez-dechaussée d'une grande pièce pouvant servir à la fois de salle de spectacle et de galerie de fêtes. En même temps, l'empereur fit aménager à son usage le « château » de Porto-Longone. Pourvu à la ville, il s'occupa de sa résidence d'été. 11 acheta dans une jolie vallée une grange appelée San-Martino, qui fut tant bien que mal transformée en maison de campagne. Le salon fut décoré de peintures à fresques, représentant des vues d'Egypte dans la manière de Hubert Robert. L'empereur voulut aussi un piedà-terre près des mines de Rio. Puis au cours d'une excursion au mont Capanna, le point le plus élevé de l ile (800 mètres d'altitude), il s'arrêta sous une châtaigneraie séculaire, non loin de la petite église de la Madone de Marciana. Séduit par le site, il ordonna d'y construire un bâtiment fort simple mais assez vaste, composé de cinq pièces d'enlilade et d'une cuisine en retour. Il y habita du août au i septembre. Le 18 septembre, il acquit l'isthme du cap Stella, au sud de l ile, pour en faire un parc de chasse qui devait Aire fermé à sa base par un mur de trois cents toises sur cinq pieds de hauteur1.
I. Yipolron, Cormp.. i\ :>~*. il.W. i\ 1><J<<, i'.U.ï, il.t.i.l. i\ MO, 21.64». Cf. K .rosi, Xaf,ot. all'uola frlVElU, Si, 31, ruv».:, M-morutl, ttO.
NAPOLÉON SOUVERAIN DE l/lLE d'eLBE 153
Les nominations et décrets faits par Napoléon portaient : « Napoléon empereur et souverain de l'ile
d'Elbe, avons décrété et décrétons »> Il avait
une armée, une Hotte, des domaines. Il se crut obligé d'avoir aussi une cour. Il adjoignit au grand-maréchal, deux fourriers du Palais, quatre chambellans et six officiers d'ordonnance elbois. Chaque soir, aux Mulini, on jouait au reversi. Parfois il y avait cercle, et le colonel Campbell était choqué dans sa fierté aristocratique de reconnaître parmi les cinquante ou soixante femmes présentes une couturière de Porto-Ferrajo qui avait raccommodé ses uniformes. La troupe du nouveau théâtre se composait de comédiens amateurs, dames de l'île ou de passage et officiers de ta garde ; la musique des grenadiers faisait l'orchestre. En janvier et en février, il y eut six grands bals, dont trois masqués, au palais et au théâtre. L'empereur avait réglé lui-même l'ordonnance de ces réceptions dans les plus petits détails. « Les invitations, écrivait-il, doivent s'étendre sur toute l'ile sans cependant qu'il y ait plus de deux cents personnes, maximum de ce que peut contenir la salle. En supposant qu'il y ait plus de deux cents personnes à inviter dans l'Ile, il faillirait faire deux séries... Les invitations seront faites pour neuf heures. Il y aura des rafraîchissements sans glaces, vu la difficulté de s'en procurer. Il y aura un buffet qui sera servi à minuit, line faudrait pas que tout cela coùtAt plus «le mille francs*. »
Madame mére, puis la princesse Pauline avaient
Cainplfll. Xftol. at Hlba. JU.>. Marcelin f'ellet, .Va/toi. a l'iU dElb*, 104.
I. Pey russe l'Appendice. die nombre de décret* ainsi re.lic« >. En
décembre seulement Napolroii ••cri\it ti brouot : • Vous ♦ il.i . i » ? relie formule de fmuverain de l'il*« d'Ella* qui «-si ridicule ». Con , tp . ji r.sv)
t. Napoléon. * orrrsp , ii.t>6ï. Peyrussr, it»J. «irmrnl Vm< . nl. 1M-H7. femphell. M.ttl. Itapport» de l'a «en t de Martolli. .«. d. v. ù jativ , 19 fevr., ciUs par !Vll"t. d'à près les archives «lu consui.U -t.- l.iwmrne.
iKir>
rejoint l'empereur, la première le 2 août, la seconde le 30 octobre {. Ces deux princesses, le grand-maréchal et madame Bertrand, Drouot, Cambronnc, le colonel Mallet, le major Jermanowski, le directeur des domaines Lapi et sir Neil Campbell, le commissaire anglais, formaient la société habituelle de Napoléon. De nombreux visiteurs venaient sans cesse rompre la monotonie d'un commerce continu avec les mêmes personnes. C'étaient des officiers de l'escadre anglaise de la Méditerranée, des gentilshommes italiens comme le comte hitta, des pairs d'Angleterre comme lord Douglas, lord Kbrington, lord Bentinck, des touristes de tous les pays comme le Norwégien Kundbzowet le conseiller d'Etat prussien Klamproth. (Tétait aussi une foule d'aventuriers des deux sexes, inventeurs de villages en bois pour la colonisation de la Pianosa, conspirateurs deCiéncs, de Milan, de Bologne, offrant de faire insurger l'Italie, intrigants porteurs de nouvelles pour l'empereur et prêts a l'espionner au profit de qui les voudrait payer, comtesses jersiaises, grandes dames romaines, belles phanariotes. aussi jalouses d'obtenir les faveurs de Napoléon que s'il fût encore aux Tuileries \ Afin de rendre son ile hospitalière. Napoléon donna l'ordre d'établir à Porto-Ferrajo
1 Nn|».i|.'<,n. ron>i//.. îl.tMI. Rapp. de Mariotli. Livourne, « août. lAreh AIT > tr.. i»"'M I>"- le ' ' mai. l'empereur avait ••nvuyr la fn'^-ate fAr ('* dauntej cliiTi-ht-r Paulin»- à Kréjns, mais la prmresse ««tait déjà partie pour Sapins .tepuis <pi<-|.pies jour*. i<larupl>»-||. Ht. *>:t,\ Pauline vint de Naple* à l'fli- 'l'I.llx'. !<• i" juin. *'t in repartit le surlendemain, ((rem-ral Vinrent. î"'i — Elit- y n vint «-n oet«.t.re, sur h- hri-k l'/uronttant. Pey russe. 201 <;f. Nap'.l. nii. / orr,-y, , 2i «.u. et lettre du grenadier Vraincourt. pnrto-h «i rajo, c >\< i ut ■!■»- : • La prin.evs.- B-.iu'hexe nous aime comme ses yeux. C»M n«>n* «pu l'avon* été chenlier a N'aples. Murât nous a 1res bien reru< et fait <\>s ra.h-.iux. • :Areh. AIT etr.. »'.:>.
2. pe\ru<*e. H apport «I»» Miri"tli. !.i\.>urne, 9 aonl. (Areh.
A(T etr., I»"-» t 'o>t>-- rtntini. 1 ilr (nrd FJ>\ iiK/frtn ■ R^rnr britannique, \*t' Rapports <le |'aL'. :it .le ManMti. I»'. i. i. 4. :. jfi. s: <hr.. I« et I* fevr. ' o î t • • «* par Pell.t Camph.II a Mari'tli. i'> >\ <- '<-itre >biH.\. Adye à m femme. Port-» K' ir.ijM. ïî j mv. 'Areh. AtV . Ii . ».:.>., Rapp. de l'amiral Lh"rmitte, .» s. ;-t (An h. > la Marin»-. lit- +1 s
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<« une bonne auberge avec une vingtaine de lits «le maître* ». (> n'était pas trop, car dans un de ses rapports, l'espion que Mariotti, consul général «le France A Livourne, entretenait à l'île d'Klbe signalait pour un seul jour l'arrivée «le cent passagers1.
Dans cette multitude de visiteurs, les Français, généralement «l'humeur peu voyageuse et retenus en outre par la difficulté «l'obtenir et même «le faire viser des passe-ports pour l'île d'Klbe, étaient les moins nombreux. Il venait surtout «les Italiens et des Anglais, les premiers par intérêt, les seconds pour satisfaire un sentiment de curiosité admirativc. « Les Anglais, écrivait Mariotti, ont une vive admiration pour Napoléon. Ils ont acheté à Florence t«>us ses bustes en albâtre. Tous les capitaines anglais ont son portrait «lans leur cabine3». L'empereur tenait l'Angleterre pour la plus redoutable «les ennemies «le la France. !><• là était née sa haine ardente contre cette puissante. Mais ce sentiment, par sa violence même, impliquait qu'il reconnaissait la grandeur, la forc«k r\ l'énergie terrible et superbe du peuple anglais. Napoléon était le moins vindicatif «les hommes. Empereur, il avait combattu les Anglais par tous les moyens et avec un sauvage acharnement. A l'île d'Klbe. il ne songeait pas à leur garder rancune d'avoir précipité sa chute, et la curiosité, l'admiration, les hommages des citoyens «le la nation qu'il regardait comme la première du monde, après la FYance, flattaient son juste orgueil. Les Anglais étai«*nt donc l«'s bienvenus. Il les invitait à sa table et leur rendait cn-
I NapoK-tn», Carmp , îl i.U
t. Rapport h Mariolli. l'nrto-fVrr.ij". b >\rc. H jt»'- |nr MarvHtin FvM.-t., .1. Rapport d»* Mari«4ti. I.i>.iuni''. V ;t'»wt An li. AIT » lr . »»•■ ' f \ .... du«- et pair, à M** <!' Art»mvill«\ Au. 17 nm'it : • ... I Au--!.'^ <| >u . * l . . - , *\vnl dan» l'Il»' <«nl |n.ur lui l.i i uii"-itr |;i |>!u<. Mu;. Au^i il l ui imi* \r* fn*\* p«»ur I»'* AliKlaiv.. I>t mit» > )]•> >\>- » ..nn|,l .-11 »M Imita fut r.ij»-
tive. . (Arch. AIT. .-tr.. f»:v
cens pour encens. Il vantait leur marine, leur armée, leur parlement, leurs orateurs et leurs hommes d'Etat ; il exaltait « leur aristocratie respectable et puissante », la fermeté et la conscience de leurs politiques « qui ne changent jamais d'opinion », se proclamait sujet anglais « puisqu'il habitait une île et que l'Angleterre possédait toutes les îles ». Il demandait à Campbell une grammaire anglaise, s'inquiétait s'il ne serait pas lapidé par le mob de White- Chapel au cas où il viendrait à Londres, et se montrait disposé à accepter comme pis-aller de finir ses jours en Angleterre. Il appelait son canot de plaisance : Usher, du nom de « son bon ami le capitaine de l'Undaunled », et, le 4 juin, il assista à bord d'un bâtiment anglais à une fête donnée pour l'anniversaire de la naissance de Georges IIP.
Le colonel Campbell était admis dans l'intimité de l'empereur. Cet officier, l'un des quatre commissaires chargés de conduire Napoléon de Fontainebleau à Fréjus, avait été spécialement désigné, avec le général autrichien Koller, pour le suivre jusqu'à l'ile d'Elbe « afinde lui faciliter les moyens d'installation* ». Koller quitta File d'Elbe le li mai. Une dizaine de jours après, Campbell fit savoir au grand-maréchal qu'il était prêt à partir « si Napoléon ou tout autre attribuait sou séjour dans l'Ile à quelque motif inavoué ». Aux termes du traité de Fontainebleau, l'empereur devait être libre et maître dans son île, et Campbell n'avait point pour mission — du moins pour mission
I. CnmpMI. 173, 1*0. 211, 2t7, 1*9. Sktech of a conversation trtth XapoUon at Klba. 13. il, 45. Conrertations de lord Khnnyton (Hertte 6nf«Hnique. < h ncral Vincent. 20:1. X ., «Un* et pair, à M™* d'Arbouville, Kit,
17 août. ( An h. AfT. étr., »»:."..) Itjip|*.it de l atent de Mahotli, t, « d»r.. 10 fi'vr. i .il. s par Pellet,. Extraits de rapport», 2a juillet, 3 nov. (Arch. liât. h'. 7, 3.73n).
i. < ..- M.ut 1rs pn>|ir«'s pan. les .].• C.miid.ell au pn-M du Var. (Rapport dr liMutlulJi.-r, s. d., classe par erreur a la date du is février. An h. nat., 3.0M*.)
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officielle — de le surveiller. Bertrand ayant répondu à Campbell que l'empereur « croyait sa présence encore utile, indispensable même et toujours agréable », le commissaire anglais ne se contenta pas de ces paroles. Il exigea un écrit. Kn conséquence, Bertrand lui adressa le 27 mai une Note se terminant par ces mots : (i Je ne puis que réitérer au colonel Campbell combien sa personne et sa puissance sont agréables à l'empereur Napoléon. >► C'est ainsi que Campbell resta à l'Ile d'Elbe où, désormais assuré de n'être plus suspect à Napoléon, il ne manqua pas «l'informer le Foreif/n 0//rCt*,avee la plus grande conscience, de toutes s«>s actions et «le toutes ses paroles1.
L'insistance de l'empereur à retenir Campbell s'explique par plusieurs raisons. Il se sentait abandonné dans son lie, privé de toute relation diplomatupic avec l'Europe. Or, telle ou telle circonstance pouvait survenir où il eût besoin «l'un intermédiaire auprès des puissances. Campbell était dans sa pensée désigné pour remplir ce rôle. En outre, l'empereur appréhendait quelque entreprise contre l'île et contre lu im«%me. soit «les corsaires barharesques. soit «le l'Espagne, qui n'avait pas été appelée à ratifier le traité de Fontainebleau, soit du gouvernement français qui, encore qu'il l'eût ratifié, était bien capable de ne point l'exécuter. La présence «l'un commissaire anglais lui paraissait une sauvegarde. Sans doute, pour s'assurer cette intervention éventuelle, il s'astreignait à une
1. Campbell. 24l-i4î. «73 A l'appui de s"n iv. it. Cmpl-ll dmiii" !•• texte de la lettre <!<• BtTtraml *'l ri le une dtqnVlte de «ia*tler»>:iLrh. «lu • ."•juin. • l'invitant à se considérer comme résident anglais a 1*1 d'Klb«« s;»-!prendre d'autre titre officiel que c»dui <pu lui a drja rte re. onnu i< 'est :\ -linde rnmmisioire anglais) et a romniuniqurr rotmne par le ,-»ve<- !«• <'•■-
parlement des Affaires étrangères • Casllrreak'h avait d\ullettr> <vnl n Campbell le '» avril • qu'il n-siderait dans I ' 1 1 « - pi>qu'fc rion\.| ,.r.1r«- m Vï pule«m jugeait que la prv*»-nre d'un officier aucuns pul hn <"'tiv <l>- quelque utilité pour défendre l'Ile et sa |*r>onne contre •••nie attaque >.«i m-ulle •
surveillance de tous les instants ; mais ne savait-il pas à défaut d un soldat comme Campbell. îl y aurait dix agents secrets pour 1 espionner. En acceptant de t>onne grâce un surveillant plus ou moins oftieiel, en le priant même de rester auprès de lui. il prenait le meilleur moyen pour calmer les défiances des Alliés.
Pendant les premiers m*»\<. Napoléon crut à la venu«' d»* rimpératrice et de son tils. Il Comptait que Mari»»-L"ui>e habiterait tour à tour Parme et l'île d'Elbe \ L"hyp.ithè>e d'une séparation n'ayant même pa* été énoncée au cours des négociations de Fontainehl. au. il semUait implicitement convenu que l'abdiea^ion ne pouvait. >"ib aucun prétexte, priver l'enip. -reur de ses droits d'époux et de père. Iles appartements furent pré' parés p>ur Marie-Louise au palais des Mulini. et l'empereur indiqua ce sujet au peintre chargé de d.-c« -n-r l'un des plafonds de San- Marîiiio : deux pi-' -oii^ attachés à un même lien ■ !• u* ]>■ n<t'u-l e r-."""'!T'' .i nii'MM't' qu'ils sYl< "i^nent*. » 1! 1 -i:r,a l'-'i-hede ne j -iut tirer le* feux d'artifice, <! :i l-'î a ù!. .!-« \,"* i >iwer\ er p-'iir l'arrivée de 1 i:u | - : .it : iv »• qu il a:î» niait .ians premiers jours •!> s- ; !'-ii;!'!V;. ' • ! îe cro \ an ce e! r. 1 j arîa^ee par l ent.-ura.e >l" l'em; -ereiïr e! par t -ii> le* K. :- ■!>*. si bien
> \ .. — .< •• ; t>, t I, -.r, ' » M^fnl.
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