‹ 1815 (volume 3)Chapitre 56 sur 226 · LE CABINET AUTRICHIEN ET MARIE-LOUISE · texte numérisé non relu

LE CABINET AUTRICHIEN ET MARIE-LOUISE

qu'une jeune femme accompagnée d'un enfant de quatre ou cinq ans ayant débarqué mystérieusement le i'r septembre dans la baie de Marciana et étant restée deux jours enfermée à la Madone avec l'empereur, personne ne douta que ce ne fût Marie-Louise. Les habitants préparèrent des illuminations, les canonniers attendaient l'ordre de tirer une salve. « Ce fut un rêve, dit Peyrusse. L'empereur revint seul de Porto-Ferrajo. Il avait reçu la visite de la comtesse Walewska1. »

A Fontainebleau, l'empereur, se plaignant aux commissaires alliés du n'avoir pas déjà Marie-Louise auprès de lui, disait qu'il était sur qu'elle aussi désirait le rejoindre C'était vrai. Ace moment Marie-Louise comptait suivre la destinée de Napoléon. « — Ma place est auprès de l'empereur, disait-elle. Je veux le rejoindre. Je me trouverai bien partout où je serai avec lui s. » Mais déjà les puissances avaient disposé d'elle et de son fils. Napoléon était encore trop populaire en France pour qu'on ne voulût pas supprimer sa dynastie. A l'île d'Elbe, le tils de Marie-Louise serait le prince impérial; à Vienne, on ferait de lui, s'il vivait, un duc autrichien ou un éveque4. Dès le 8 avril, le comte ScbouvalotV, commissaire des Alliés, fut envoyé à Blois bien moins pour protéger l'impératrice que pour s'assurer de sa personne'.

Par un reste de respect humain, l'empereur d' Autriche, c'est-à-dire Metternich, son tout-puissant

I. Peyruss«\ Campbell, 3«i-303. Rapport d<« Mariotti. Lm.urne.

13 sept. lArrh. AfT. Hr.. I*w>i - Le n septembre, l amiral Lhn mille annonçait trravement au minisire «le la marine que l'areliidueliesM- Marie-Louise, aa-om|*j(nw de sou tils, avait débarque incognito a l'Ile d'hUn-. Arch. de U Manne. RI. m i

î. < «'impl»'ll. Xapol>'o+ ai fClhii,

I. Relation du colon. I lialbois ^citée par Rautsel. M<-m., U, iT'.-iTT. Cf. Mené val, Somr , II, 'XS-'H.

Celait l'idée de l'imp-raln-v d'Aulnelie en !*H. M- n- II, Iom .\ 5. Rapport de Meneval An 1. AIT. etr., l*-i-'i ' f Rau^-t. I/. ,., Il i>k-lis.

conseiller, recula devant le scandale d'une séparation ou d'un divorce imposés. Il préférait amener Marie-Louise à abandonner Napoléon d'elle-même. Afin d'éviter une première révolte de sa part, qui eut traversé ce beau projet, on prit garde «le ne point lui signifier tout de suite qu'elle ne reverrait pas son mari. On temporisa, on mit en avant divers prétextes, on usa graduellement le peu de volonté qui pouvait être en elle.Corvisart lui avait conseillé les eauxd'Aix. Quand il vint la voir à Rambouillet, l'empereur d'Autriche persuada qu'au lieu d'aller directement à Parme ou à l'île d'Elbe, elle ferait bien de se rendre d'abord à Vienne, près de sa famille, et d'v attendre la saison de< eaux Après avoir beaucoup pleuré, Marie- Louise partit pour l'Autriche. Mais pendant ce vovage et pendant son premier séjour à Schonhrunn, elle écrivit plusieurs fois à Napoléon *. et «lès la fin de mai elle réclama l'exécution de la promesse qui lui avait été faite d'aller aux eaux d'Aix. et. delà, à Parme et à l'île d'Elbe*. On l'invita a difîërer smi départ jusqu'au retour de l'empereur d'Autriche. La reine Caroline des l>eux-$irile<. la grand'nière de Marie-I^ouise. se trouvait alors à Vienne. Itien qu'elle eut voué une haine ardentes Napoléon, «die était indignée de cvsmanu'iivre* : — ijuand«»n «*st mariée, c est pour la vie. disait-elle. >i j'étais à la place de Marie-Louise, j'atta-

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