‹ 1815 (volume 3)Chapitre 61 sur 226 · CRAINTES D'ASSASSINAT · texte numérisé non relu

CRAINTES D'ASSASSINAT

homme n'aurait pas six pieds de terre sur la tiMe 1 ». Au mois d'avril, l'assassinat de l'empereur concerté à l'hôtel Talleyrand avait manqué par la faute de Man-

darines de l'ile d'Klhe avec lesquels il avait noué «les intelligences *. Knfin. il y a des soupçons que Bruslart.

!. Geraud. Journal intime, lit. N .... duc et pair, a madame d'ArbouviHc Aix. 17 août. Arch. AIT. etr.. i>?j.)

ï. Les t et 3 avril 1814, l'assassinat de Napoléon à Fontainebleau fut concerto à l'hôtel Tallcyrand entre Houx-Laboric, secrétaire du gouvernement provisoire, et Maubreuil. l-a défection probable de Ma r mont, annoncée à Paris dès le soir du 3 avril, fit abandonner ce projet qui paraissait désormais inutile. Mais on se ravisa les ht rt 17 avril, la mort de Napoléon étant préférable à son exil. Maubreuil quitta donc Paris dans la nuit du 17 au I* avril, muni de saufs •-«iinluits cl d'ordres de réquisition signés: Dupont. Ansrlés. Bourhenne. Sarken et llrokenhausen. mettant toutes 1rs autorités civiles et militaires. fran« aises el étrangères, a sa disposition « pour un,unMion teerètr de In ping haute importance •. Plus tard, les royalistes prétendirent que le but de cette mission était . la reprise de* diamants de la couronne et de fonds appartenant a l'Ktat .. Or. les diamants de la couronne, que d'ailleurs Napoli-on ne songeait pas a emporter, et |»>s fonds du trésor privé avaient été repris a Orléans des le 13 avril. Le but réel dé relie mission était donc bel et bien l'assassinat de l'empereur sur la route du Midi. Mais Maubreuil. soit qu'il fût pris de scrupules, soit qu'il reculât devant les difficultés et les périls de l'entreprise, soit encore qu'il préférât le \o| au meurtre, ne suivit pas Napol.nu et se coutenta d'arrêter prés de Montereau les voitures de la princesse Catherine de Wurtemberg, femme de Jérôme, et de lui voler son or et ses diamant*. Sur la plainte du e/ar. Maubreuil fut arrêté aux Tuileries |e r. avril et laisse au secret jusqu'au mois de mars Le !•> octobre, lors de son

Ira ns fixement de la • .-iieierirerie a la pris..ti de l'Abbaye, des amis, ou dés protecteur* p-sle> inconnus boiis.-ulérent les ^••>ndarmes et minM Maubn uil à im-iue n> s'évader. M;tis il refusa, disant qu'il voulait .'-tre jni:<-. (Il pr. n-inlil toujours il avait nipporf»" intact»' aux Tui|éh«-s |:i •-assette ■lé la prmeesse llalherine et >pi il n < tait pers. eut» <jue pour avoir manque le coup i-utitre Napoléon. Le I'» mars, Louis XVIII. avant de quitter lé- Tuilen»"». donna l'ordre de uiéttre en liberté le coiute .le M.oihr.-inl

Cf. Interrogatoire de Maubreuil. lettres, déposition*, >-\r An h Mi' i r d'-ssier dé M.ihIt' nil. «;<»rr»-sp. f?euerale à la <|al»> <lu S d» .einlr» hit ••[ <lii I" mars 1 *■ I .s . V'ilrollés, \/,„i., ||, teio... Tall»>> raud. M m . III. II'.» I.'.' II. Il'.us-s.jse, tet V-wo-p-m r/«- Tollryr.md i .irl i- b- du Jo«<h*1 tin l>. t,->ti •lu

1» ;i,,ut 1V>|. et 1813. i"»-VH|,|

.V ltap|K»rts de Mariotti. Livonrnc. iis. pt., Hf» vr Ar.b. AlT etc. I»*" 4. 1^- oolon.d ...nilé dé •:. ,\.- |{ . adjoint au ouinn->«.ui v extraordinaire

l'ancien chouan nommé maréchal decamp par Dupont, s'était donné cette mission libératrice en venant prendre le commandement de la Corse \

Napoléon, qui pressentait ces trames, en avait l'esprit anxieux et le cu»ur ulcéré. Il ne se lassait pas de questionner Campbell : — « Avcz-vous des nouvelles du congrès?... Croyez-vous qu'on pense à me déporter?... On ne trouvera rien qui puisse

dans la i3« division militaire, au comte d'Artois, Toulon, 12 juin 1814. <Arch. nat., AF. IV, 1934.) — Nous donnons seulement les initiales du signataire parce que nous trouvons au moins inutile de deshonorer un nom bien porte aujourd'hui.

1. Exaspère par l'exécution de Frotte. Rruslart aurait écrit jadis au premier consul qu'il périrait de sa main (W. Scott, Vie de Xapol., XVI, 9v). Ouoi qu'il en soit, quand Napoléon apprit a l'Ile d'Elbe que Rruslart était nommé commandant de la Corse, il ne douta pas que cet homme n'y vint avec des desseins homicides (Campbell, 328. Rapport de Mahotti, 24 janv. Arch. AIT. étr., JWOj. — R'après une note confidentielle annexée à la lettre précitée du colonel C.de B. (Arch. nat. AF. IV, I934j. ce serait en effet pour assassiner l'empereur que Rruslart aurait été nommé en Corse. « nomination qui a étonné tout le inonde, même lesemigrés». Une lettre d'une dame Cervoui, patriote corse activement mêlée au mouvement bonapartiste de mars 18(5. rapporte aussi que vers le milieu de janvier elle empêcha avec des hommes à elle et un nomme Sandreschi. ex-chef de bataillon, l'embarquement ù Alissio des émissaires de Rruslart. ^Lettre de Corse, « mai 1815. Arch. nat. F. 7, 3774.) On lit enfin dans la relation du lieutenant colonel La borde, qui était à l'Ile d'Elbe adjudant-major au Rataillon Na|K>leon, qu'un assassin envove par Rruslart arriva à Porto- Ferrajo. Il fut soupçonné, reconnu, maltraite par la foule qui voulut l'echarpcr; des grenadiers le dégagèrent et Napoléon lui fit grdee. ( Xapolèon et la garde, relation du royagt de Fontmnrbteau à file d t'lbr et de file dKlbe à Parie, p. 43. • A signaler encore la lettre de Giraud, chancelier du consulat d« r.ivilta-Vccchia, 13 février (Arch. AIT. étr.. Rome, »40j; la lettre du roi Joseph au gênerai Lamarque, 1» septembre 1830 {J/êw., X. 340; ; la proclamation de NajH>leon a l'armée de Corse 26 février (Arch. Guerre ' ; sa lettre à Davout «lu i2 mai laii et la note de Davoul annexée lArch. Guerre ; ses ordres d'arrêter Rruslart KCorresp., îl.7ul, ii.»vo> ; enlln les tenues méprisants dans lesquels Massena ordonna de mettre en liberté Rruslart qui. échappé de Corse après le 2u mars, venait d'être arrête à Toulon. (Rapp. du lieutenant de police de Toulon. 21 mai. Arch. nat. F. 7. 3774.)

Il faut citer cependant, à la décharge de bruslart. la lettre de sou aide de camp Dehouel au comte de Murans, aide de camp du duc de Rourbon. Rastia, lu mars m* Arch. nat. AF. IV, ikjk, :. ... Ruonaparte avait pense que M. de Rruslart voulait le faire assassiner ou empoisonner, (le soupcou avait fort afflige M. de Rruslart. • lichouel ajoute d'ailleurs : • Si l'on eût

• coûte les avis du gênerai aux ministres, on aurait évite ce qui arrive. Mais

• •ù l'a abreuve de refus de toute snrle dans ce qu'il demandait pour le bien •le sa mission. • — La mission de Krushrt ctait-cllc donc, non pas de faire assassiner Najmleon. mais, comme le prétend M. de Martel f U» hittoritnt f>i.,tn<aitrt. 11, l«»4;, de le faire enlever de l'Ile d'Elbe?

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