MENACES DE DÉPORTATION H
me compromettre chez les conspirateurs italiens
On veut me faire assassiner! » Pondant une promenade avec Bertrand, Drouot et Campbell, il s'arrêta soudain et s'écria, comme se parlant à luimémo : « — Je suis un soldat. Qu'on m'assassine, j'ouvrirai ma poitrine, mais je ne veux pas être déporté. » Tn autre jour, il dit au commissaire anglais : « — Qu'on sache bien que jamais je ne consentirai à me laisser enlever. Il faudra faire brèche à mes fortifications1. » Toutes les précautions étaient prises, en effet, contre une tentative «l'assassinat ou un coup île main sur l'Ile. Les nouveaux débar- . qués devaient présenter leurs passeports à la Santé, puis à la Place, subir un interrogatoire, indiquer un répondant dans l'île; ceux qui paraissaient le moins du monde suspects étaient rembarques ou restaient sous la surveillance de la petite police elboise. Au mois de décembre, époque où l'empereur reçut un mystérieux visiteur qui loi apportait des nouvelles du congrès et où trois frégates françaises, la Néréide, la Fleur de Lys et la Melpomène, vinrent croiser dans les eaux de l'île, Porto-Ferrajo fut mis pour ainsi dire en état de siè^o. Les forts furent armés et approvisionnés, les garnisons augmentées, les eanonniers exercés au tir à boulets routes: il y eut pour consigne de commencer le feu sur les navires de guerre s'ils entraient dans la rade en nombre supérieur h trois \ Les paisibles habitants de l'île d'Klhe
1. \'<»if à |..r<i l.iv«TfHV.l. H«»m>- o fryri»r. Sti|»|»l>-m<'iit aux lhtp<t(rht of WWJm.vIum. IV i:.impl» ll, :u*. ij*. n-». y.,». |{;.|>purts nY Mariotti. I.iv»urn*-. 1 ; .toiil. <»»,[»t.. i" nuV'Miihn*. \*> >\< ■<■ . ii janv.. 1 i «'I ii f<>\ r . Arrh. Afl ••tr . (.«iMi.- — in.'in.' crainte i-xi-lait dan* 1 Vnt<»urat:r d*- r> in|>. r«*ur. .l.-lm Ay a -o friniiK-. l'orto-Kerraj.i. ii janv. Arrh. AfT. . tr . HT...
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redoutaient un bombardement. Ils désiraient d'ailleurs que Napoléon restât leur souverain, car ses façons simples et accueillantes pour les humbles, la vie nouvelle qu'il avait donnée à l'île, les travaux qu'il y avait faits, les nombreux visiteurs qu'il y attirait, enfin tout l'argent qu'il y dépensait le rendaient populaire. « Le pays, dit Foresi, non sans quelque hyperbole, avait pris l'aspect d'une île fortunée1. »
A l'île d'Elbe, Napoléon ne cesse de répéter : « Je veux désormais vivre comme un juge de paix... L'empereur est mort, je ne suis plus rien... Je ne pense à rien en dehors de ma petite île. Je n'existe plus pour le monde. Hien ne m'intéresse maintenant que ma famille, ma maisonnette, mes vaches et mes mulets V >< A supposer que sa résignation soit sincère, son ambition morte, son âme rassérénée, et qu'il prenne au sérieux sa nouvelle devise inscrite dans la salle à manger de San-Martino : Napoleo ubicitmqiie felix^ il faut reconnaître (jue l'on fait tout pour réveiller en lui le lion endormi. Louis XVIII le laisse sans argent, l'empereur d'Autriche séquestre son fils, Metternich livre sa femme à un rulian de cour, Casllereagh veut le déporter, Talleyrand complote de le jeter dans une oubliette, d'autres songent à l'assassiner.
Ksi -ce à dire que si l'on avait servi à Napoléon la rente stipulée, qu'on lui eût rendu sa femme et son fils et qu'on eût assuré sa sécurité, il n'aurait pas tenté l'héroïque et fatale aventure qui aboutit à
I. Kor» si. \apol. ail isola d*in:iba, iù ; Cf. 23, 24. Kapporls pr> cites d«l'avvnl de Mariotti. 5, 27 .1. t., i jaiiv., i6 et 27 fVvr. 1V> russe. 2J4, J3S, 2>. Lieulennnt-eolonel La horde. .\a/>ol. >-t la yard* à l' il* dKlb*, 40-4-1.
i.iiainphell à ^.isllen-a^'li, l'orto-Ferrajn, 17 sept. Itispatcht of \V*litngt9n, Suppli-iiUMiL IX.j S/U-feA of a eon'>*r.iation trith Xapol. at A'/Aa, 27. Camphell .Va o/. at Elba. I7V>, Wi. 317. cf. .ïu;>. Kapport sur l'Ile dElhe du 17 ». pt. Arch. Gut rrc). Kapport de Jordan, Koiik-, «4 août, \\rch. AfT < lr.. !>(.•«.;