‹ 1815 (volume 3)Chapitre 75 sur 226 · LE MARÉCHAL MASSK.NA · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL MASSK.NA

de Cannes qui, a l'arrivée de Cambronne et de son avant-garde, à cinq heures du soir, était parti au triple galop. I n gendarme de Fréjus transmit cet avis au chef d'escadron de Draguignan ; ce dernier réveilla à deux heures du matin le général Morangics pour le lui communiquer. Mais contrairement à ce qui arrive d'ordinaire, la nouvelle, en passant de bouche en bouche, avait perdu de sa gravité. Tandis que le brigadier de Cannes avait annoncé à Fréjus^ le débarquement des troupes de l'île d'Elbe », sans parler d'ailleurs de Napoléon, le gendarme de Fréjus dit seulement à Draguignan que « cinquante hommes de la garde de l'ex-empereur étaient arrivés de l'ile d'Elbe1 ». C'est cette dernière information que Morangiès lit parvenir à Toulon, au général Abbé, lequel envoya copie de la lettre à Masséna à Marseille, en l'accompagnant de ce rassurant commentaire : « Le préfet maritime me dit qu'il est avisé que «les grenadiers de l'Ile d'Elbe ont eu des congés |M»ur revenir en France dans leur famille. C'est ce que je puis présumer » *. Masséna reçut le message le 3 mars à neuf heures du matin et ne crut pas que pour surveiller cinquante hommes il fallût mettre en mouvement la garnison de Marseille. Il instruisit de l'incident le ministre de la guerre, terminant sa lettre par ces mots : « (Juant à moi, je suis de l'avis du préfet maritime que ce n'est qu'un débarquement île quelques hommes ennuyés de rester à l'île d'Elbe \ » Au mois de janvier, en effet, sept grenadiers munis de congés définitifs avaient débarqué à Toulon et avaient dit qu'un très grand nombre de

I Cf. M'iranin»-* à XUhe, Drairuijman, 2 mars«!ans lwnuit Anh f,u.*nv . H I.' m^mo au m^mo. bniguiguan, t mars. « hmrrs du matin > \U' j»ar M.iosF iia. V' m.. "»T .

: Al'tf à Masséna. Toulon, t mars {.-il. par Massma, I/..,».. .

1. Ma**cnafc Soult, Marseille. J mars. Arrh. (iu.-rn-. Cf. M;iss.«n.-i..l/,-w.,«-r.

leurs camarades étaient sur le point île quitter Porto- Fer rajo V

Mais le prince d'Essling n'allait pas tarder à être mieux informé. Le comte de llouthillicr, préfet du Yar, et le général Morangiès, ne doutant pas qui' le détachement de l'île d'Elbe ne prit la grande route de Provence et décidés à lui barrer le passage, s'étaient rendus à Fréjus le 2 mars au matin et y avaient concentré environ trois cents soldats, gendarmes et gardes nationaux. Dans la soirée, ils apprirent parmi rapport des gendarmes envoyés en reconnaissance du coté de Cannes que Napoléon lui-même avait débarqué, avec un millier d'hommes et du canon, et qu'il marchait sur Grenoble. Bouthillier transmit la nouvelle à Masséna qui reçut l'estafette le mars à neuf heures du soir*. Le point le plus rapproché de Marseille sur la route que suivait l'empereur était Sisteron. dont la vieille citadelle, d'ailleurs dépourvue «h' garnison, commandait le passage de la Duranee. Masséna expédia incontinent une nouvelle dépêche à Paris3 et. sans attendre au lendemain, il donna l'ordre au général Miollis de prendre le 8.T de ligm* et six compagnies du TiS* (presque toute la garnison pour se porter en hâte sur Sisteron. La tête de colonne quitta Marseille à trois heure- du matin. Le surlendemain. bOO volontaires de la garde nationale se mirent en mute à la suite île la ligne. L'état de santé du maréchal lui interdisait de commander l'expédition en personne. Au reste, il connaissait trop la rapidité des inarches de Napoléon pour croire que la garnison de Marseille arriverait à

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