‹ 1815 (volume 3)Chapitre 77 sur 226 · LA NOUVELLE AUX TUILERIES · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE AUX TUILERIES

Le soir, 1 empereur coucha à Gap, d'où le préfet et le général Rostollant s'étaient retirés, et le lendemain, t> mars, il passa la nuit à Corps, distant d'une marche de Grenoble !.

En 1815, le télégraphe aérien s'arrêtait à Lyon. I^a dépêche que Masséna avait adressée de Marseille, dans la soirée du 3 mars, au ministre de la guerre, fut donc portée par un courrier jusqu'à Lyon et n'arriva à Paris que le 5 mars vers midi. Emu de la gravité de la nouvelle, Chappe pril sur lui d'apporter cette dépêche à Vitrolles, au cabinet du roi, au lieu de la transmettre au maréchal Soult J. Vitrolles présenta la dépêche toute cachetée à Louis XVIII qui la lut plusieurs fois de suite et la jeta sur sa table en disant avec le plus grand calme : « — (Test Bonaparte qui est débarqué sur les eûtes de Provence. Il faut porter cette lettre au ministre d<* la guerre. 11 verra ce qu'il y aura à faire. » Vi-

«!. Kahry, Itin-rairr de Bonnpartr d« Cil* tTF.lbr ,i Samtr-HrUnr, 35-43. r'ahry. dont I* récit e«*t .user, exact quant aux faits, mais très |kirtial dan* le* commentaires dont il les accompagne, dit que le sous-prefet avait rie . untraint par Camhronne d'aller an devant de l'empereur ; que ce fut . une populace soudoyée .qui acclama Na|H>le<,ii. cl que la femme avait confectionne le drapeau par orr/r#.

!. Lahorde. *i. Pevrusse. Journal des su -jours de l'empereur. Arch nat.. AK\ IV. u: >

i C'e&t du moins en que l'on peut inférer du re«-it de Vitrolles < II. >■» ->•> . a ni<.tns d'admettre quVn même temps qu'il écrivait à S..nlt. Manx-na avait aussi rnvnye directement une dépêche a Louis XVIII. Mais Masscita n'en fait pas mention dans son 1/» wmr,-. — l\ cnI singulier, d'ailleurs, que celle seconde dépêche, expédier le l mars passe 0 heure-» du soir, s<>il arri\«- Pana avant la première expédiée le même jour \entmidi et qui ann<ui<;aii .vulement un deharquement de quelques soldai», de I " 1 1 d KU»e. V..ir 1813, I.. Ouant a la lettre que. le j mars, le préfet du V:ir avait adre^v . de Krejus directement a Pans par Aix. en même temps qu'il écrivait a Massena. le courrier qui la parlait s'était casv la cmw entre Aix et L\uu. JUranU*, Sow., ||, iinjj

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trolles, fort agité, courut rue Saint-Dominique. Sur le Pont-Royal, il se croisa avec Soult qui venait à pied aux Tuileries pour une réunion chez M- de Blacas. Le maréchal se montra incrédule. « — Le débarquement, dit-il, n'a aucune certitude. Il faudrait en attendre la confirmation. » Le comte d'Artois, lui non plus, ne fut nullement troublé. A la stupéfaction de Vitrolles, il alla entendre les vêpres aussitôt après que le roi lui eût révélé cette grave nouvelle *.

Cependant, comme d'autres dépêches vinrent bientôt corroborer celle de Masséna *, le conseil des ministres se réunit dans la soirée. Soult exposa que Talleyrand ayant écrit de Vienne pour demander la formation d'un corps d'observation sur la frontière italienne, afin de tenir en respect Murât et les révolutionnaires de la péninsule, trente mille hommes s'acheminaient vers les Alpes *. Le ministre de la guerre se faisait donc fort d'opposer sous peu de jours une véritable armée aux onze cents soldats de Bonaparte. On se félicita de cette heureuse conjoncture, et il fut décidé que le comte d'Artois se rendrait à Lyon pour prendre le commandement des troupes réunies et à réunir dans le Lyonnais, le Dauphiné et la Franche-Comté. Il aurait ses deux fils comme lieutenants : le duc de Berry à l'aile gauche; le duc d'Angoulème a l'aile droite, qui serait formée avec les garnisons des !)', 10' et II" divisions militaires. On espérait du même coup en lin ir avec Bonaparte et donner aux princes l'occasion d'un succès

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