LE DÉFILÉ DE LAFFRAY
constances l'ayant empoché a\'exécuter l'ordre de retarder la marche de Napoléon en faisant sauter le pont de Ponthaut,. pouvait-il rentrer à Grenoble sans prévenir le général Marchand et sans lui demander de nouvelles instructions 1 ? l^a bonne contenance de ses hommes, dont pas un seul n'était resté en arrière, <'t la position avantageuse de Laffray, où l'on pouvait difficilement le tourner, avaient déterminé Dclessart à occuper le débouché du défilé. Il espérait y imposer aux rebelles assez de temps pour recevoir la réponse de Marchand aux deux dépêches qu'il lui avait expédiées dans la nuit et dans la matinée. Entre midi et une heure arriva un aide de camp du général, le capitaine Bandon. Mais parti de Grenoble avant que les dépèches de Delessart n'y fussent parvenues, il n'apportait aucun ordre nouveau. Marchand l'avait envoyé uniquement pour avoir des nouvelles. Cet officier de dix-neuf ans, propre neveu de
t. L'hypothèse que le |Mint serait occupé avant l'arrivé du bataillon u était pas prévuedaoslcs ordres de Marchand, et Delessart devait être d'autant plus embarras»*' que ces ordres fiaient, à ce qu'il semble, peu précis et niante contradictoires. Dans sa relation comme dans ses interrogatoires. Marchand a usure que IMcssart • avait l'ordre de faire sauter le ponl, d'en rendre les abords infranchissables, d'en occuper la rive pour empêcher d'établir un passade, et de repousser la force par la force ». l'n de ces ordres écrits il en existe deux à la daledu6 mars, et il est presumahle que Marchand avait donne en outre des instructions verbales porte que • le »*de \tgaedoil protéger les travailleurs qui feront sauter le pont *w moment ou Un trouptw de Bonaparte «« prrêenteront .. Mais dans le second ordre, il est dit seulement : • Le bataillon se repliera sur Grenoble *ntiitùt mprét ucorr fait iti/#r l* pont ». De la de|tosition embarrassée et confuse de (ie|e**art. il semble ressortir qu'il avait seulement l'ordre de faire sauter le pont et de se replier suMlrenohle. Mais si l'ordre était de se replier sur tirenoble en évitant à tout prix le contact. pourquoi Delessart crut-il devoir o rU|»er laffray en attendant de nouvelle» instructions ? Il n'avait qu à rentrer purement et simplement à (irenoblc. Marchand, dans sa relation. n'a pas blâme l>elessarl |K)ur celte occupation de Laffray. C'est une préemption que ses ordres laissaient au commandant une grande part d'initiative. Puis, s'il s'agissait seulement de faire sauter le pont sans en (Tarder ensuite les abords, pourquoi Marchand aurait-il envoyé un bataillon d'infanterie: Les sapeurs du ce nie sufllsaicnt. Ajoutons enfin que dans mui actr «l'accusation le chef de bataillon l'retet. rapporteur, conclut que 1rs instructions de Marchand étaient de s'opposer parla force, s'il riait besoin, au lissage de Bonaparte.
Marchand et qui de\int maréchal de France et ministre de la guerre sous le second empire, était d'ailleurs très animé contre Bonaparte. « — Il n'y a pas de doute, dit-il. il faudra faire tirer dessus, n \\ resta avec Delessart, qui établit son bataillon en avant du village, la compagnie de voltigeurs déployée en première ligne \
Le commandant reconnut Napoléon à sa redingote grise et le vit descendre de cheval. L'empereur paraissait fort agité. Il se promenait à grands pas sur la route, puis s'arrêtait et observait le bataillon avec sa lunette. Tn grand nombre de paysans l'avaient suivi. (Juelqucs-uns s'approchèrent des voltigeur> et leur tendirent des proclamations. Mais les soldat> restaient fixes à leurs rangs. Menacés par Delessart. ces émissaires s'éloignèrent. Peu après, un officier de la garde, ancien camarade du commandant, vint pour parlementer. Sans vouloir écouter ses exhortations ni ses promesses. Delessart lui dit: « — Je suU déterminé à faire mon devoir, et si vous ne vous retire/, sur le champ, je vous fuis arrêter. « — Mais, enfin. tirere/-vous? • Je ferai nn>n devoir «. répéta
le commandant: et comme l'officier semblait vouloir ^'approcher des troupe* pour les haranguer, il porta la main à la p-'isinée de son epec. Le capitaine d'artillerie Raoul, aide de camp de l'empereur, arriva alors à che\al ju^pie de\ant le front du Imitai lion et cria : — LYmpen-ur va mar. lier \er> \ou>. Si v«ni> faite* feu. le premier c-'tip îumI *rra jn>ur lui. Vi-ih t ii r»- j- n lir/ *le\aul ia r raiict-. Muets et imnie'ï .le* c euv.ie nr.e n-.: e ,1,- >ta!ii» >. 1» - ~«!daN
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