‹ 1815 (volume 3)Chapitre 91 sur 226 · I. OPINION PtBLIOTE · texte numérisé non relu

I. OPINION PtBLIOTE

clan* dt» la politique dos Bourbons, l'avocat d'Exelmans, le rédacteur du tant redouté Censeur, Comte, que \o Journal des Débats déclarait digne d'être déporté à Botany-Bay écrivit à la hâte une brochure qui parut le Kî mars sous ce titre : De f impossibilité d établir un gouvernement constitutionnel sous un chef militaire et particulièrement sous Napoléon *.

Les patriotes — c'est ainsi qu'on appelait le parti des anciens terroristes — ne se retournèrent pas vers les Bourbons à l'exemple des constitutionnels, mais leur mécontentement ou plutôt leur dépit fut extrême. Us rêvaient, et quelques-uns même fomentaient une révolution qui les eût portés au pouvoir en déférant une souveraineté purement nominale soit à Marie-l/iuise. soit au duc d'Orléans, soit, au pisaller, à Napoléon, contre lequel ils eussent pris des sûretés. Le retour imprévu de l'empereur traversait ces plans, d'ailleurs fort chimériques, et ne laissait aux patriotes que la perspective de raffermissement de la royauté ou de la restauration de l'empire, restauration accomplie sans leur aide et par la seule inaj^ie du nom de Napoléon *.

Même les bonapartistes de sentiment ou d'intérêt, 1rs anciens ministres, les ex-fonctionnaires, les familiers de la cour impériale, les confidents de l'empe-

1. Journal d** />~bat*. H> mars. — l.a livraison «tu Cemeur, tr»«s violent <-<>mnn« «le coutume, avait paru le s mars. et le redaeteur des H batt en fa 1*3 il la vive . rilique le 10 mars, sans connaître eneor»* le re\ ininenl politique qui celait produit die/ Cornle.

i Cil*; autre hroelture: /y f 'n d< In F> ance. portait o n . yue nous veuxlu * Si ce sont non débats politiques qui ont pu te faire penser que l'opinion île la r ran--e était eonlraire a non gouverne ment, apprends que oest <iis/ ti»Mon* sont inhérentes a tout jfoiivernemeiil qui n'est p:is dc>poti- •jue el qu*elle« fil font la forée et la surf te. •

J ili'VikM, Vrm , VII. Jfi'J-Oi Lavallrtlf. \f> »% , V, vu-m, im>. Henj. t;<>ii«Uint, l.*ttrt$,\, Tk-T» 1/nw. >U A'<>. ||. i>>i Lettre* «If Fou» he a M- «le «autine, 9, 10, li mars par llardoux, V~ de Cutti»,,

flVSI" ,

fur ti'£ui"ni ï'.'ial tatUf-srt*. n i: —

ç/,up d" IM*. il- rra j/tj a i- r* t . -i-:-:'^ n portât irwiu-iifnt *-u p-rdant à ;»~ ~:;r rau»* Ht en b** compromettant à» U f . ï-rn:-^fa/ on, |y-* çwiU-* I*-- dénonçaient ç».rnrr.- rz:; . — d<- r/'ft*' tentative crirninell'*. le public r*- lam^it b-ur arrestation. Ils tremblaient pour I emp-r- îr *-t un peu au*-î pour eiix-rnêrne*. « — -iJueKe *-xtravapaurj' '. dit Caulainrourt à -LavalMte. <Jxioi 1 débarquer sans t rr »u ! Il *era pris. Il ne fera pas

deux lieue» <«n Franc*. Il e-t perdu' ! »

l>s maréchaux de Franc, fort amis «l'un repo* ^lorieu*ernent gagné, et presque tous les officiers géii^raux en activité étaient cxas|»érés. Ils en voulaient a Napoléon «le les mettra dans l'alternative de lui l'aire tirer des coups de fusil ou de trahir leurs nouveaux serments, lioinrac pour s'exalter eux-mêmes au devoir, ils adressaient au roi des protestations en llam ruées et à leurs soldats des ordres du jour furibonds. « l'ar son entreprise ridicule, disait Jourdan. liuonapartc est un ennemi public. » « Buonaparte n'est plus qu'un aventurier, disait Soult, et son dernier acte de démence achève de le faire connaître. • « Huonapartc, disait Maison, a perdu les province*» (pie la valeur française avait commises avant ou il ne fut connu dans nos rangs ; il a ouvert la France el la capitale même à l'étranger. Il n'est aucun île non* 1 1 11 i ne .se sente animé contre lui de la plus profonde indignation. » « Soldats, disait (Juiot, Ihionapurte. altéré de votre sang, vient rallumer le flambeau de la guerre civile. » « Buonaparte. disait Pacthod, a couru un projet criminel et insensé qui le rend

I. Mollirn. Mrm.. IV. 1*:, Lav.ill.-tle, M m . II. !U lienj. Constat I.i>ttrt$, |. ?s Sb lta|t|x.rts M.- |M>h u . t II mars Arvh. ual. F. T. au» «•I F 7. MW *). - Sur Us .l.'ii- u. i;iti..iiN c<>nlre le-, ex fonctionnaires •** I . lupin-. voir le Journal d<$ lh t„ut du iUlirs.

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odieux à tout Être doué de raison. » « Buonaparte, disait Hey, n'a pas su mourir en soldat... C'est un brigand insensé. » « Buonaparte I disait Curto, si je nie trouvais en face de lui, je lui percerais le cumiide monépée \ »

Le maréchal Ney, bien que boudant la cour depuis quatre ou cin(| mois, étonna et charma les royalistes par son langage véhément. Il se trouvait dans sa terre des Coudreaux lorsqu'un ordre de Soult l'appela à Besançon. (On avait décidé en conseil de lui donner le commandement de l'aile gauche de l'armée royale *.) Il passa par Paris où il apprit les nouvelles, de la bouche de son notaire. « — (Juel malheur î s'écria-t-il, en s'appuyant la téte sur le marbre d'une cheminée. Quelleehose affreuse î Que va-t-on faire? qui opposer à cet homme là' ? » Le 7 mars, il se présenta aux Tuileries. Troublé par les événements, ému de l'accueil de Louis XVIII, qui avait, quand il le voulait, une séduction sans pareille, emporté par la fougue de son caractère, tout de premier mouvement, l'infortuné maréchal baisa la main du roi et lui dit : « — Sire, j'espère bien venir à bout de lé ramener dans une cage de fer *. »

1. Ordivs du jour et lettres de Jourdain. Maison. Soult. Ouiot, Padhod. H«-y. Curto. l»un»ono'au, bcssoles, Oudinot, Victor, Manqua, lk<-a«'ii. vlr.. et«v, du 7 au I* mars »Ar< h. (iuirrc, plufcirurs rrpmduits dans Monïttur). Cf. Unijamui Constant. LtUiet, I, Tti-TS, »d Fa^ell au comte d«- Na»r« lt. Taris la mar* (Ar.h. Aff. etr.. *>':>. i

2. Soult à N«*>. 5 mars Areh. tiui-rr»* . InlerroLMloire de NVy. [front ./«■ Xey, II, loi )

j. Df|»u*itions du notaire Ilatard\ à l'mslrurlion ot devant le* pairs tl'rocri J* AVy. Il, l«i7-lriS. <XI>o>skt doN>>. An h. Guenv. , i.t . IirpoMtioii df Setfur el interrogatoires de Ney [»<»si><r .

*. Imposition!» du dur de I>uras vl du prin<e de Poix à l'instruction « t devant les pair» (/Voo* dr AVy. Il, Ili-tH. et do>sier «1.- Nr> , Ar. h. GuerreV — 1 'es deux personnages assistaient à l'aiidn-ni o du " mars.

Baranto \Son><mrt, II. lû» «-onte que le roi. qui avait le senti ni <|e«,

convenance, dit a mi-voix après le départ de Ne\ : • — Je nv lut en demandais pas tant ! •

Au début de la séance du 4 décembre. Ney aisura a\<>ir dit qu'yen hasar-

Le peuple et la garnison de Paris semblaient hésiter encore à se déclarer. L'opinion des faubourgs, où l'un continuait à travailler sans paraître s'inquiéterdes événements, était impénétrable. Les soldats, sombres rt silencieux, restaient sourdsaux flatteries et aux vivats îles royalistes comme aux insinuations des partisan* de Napoléon. Sauf le l'r de ligne, caserne à l'Ecole militaire, qui dans la nuit du 8 au 9 mars avait crié: Vive l'empereur î en faisant sauter ses paillasses en l'air, les troupes n'étaient l'objet d'aucune plainte Depuis le retour des Bourbons, elles n'avaient jamais été si tranquilles. A la revue du 9 mars, où chaque homme reçut cinq francs île gratification, on entendit même quelques Vive le roi * 1 Seuls les officier* à la demi-solde montraient de la joie. Ils se serraient les mains, s'embrassaient, péroraient sur le* promenades, haranguaient les soldats, couraient la ville avec le triomphe dans le regard et dans le sourire 1.

Tels étaient les sentiments de Paris. Il v avait pourtant ,à peu près dans toutes les classes, bien des dissidences à l'opinion générale. Des rapports de police signalaient une grande irritation contre Bo-

t >:il n i" »'Tîtr»,},n<«* *i fo!l»\ N^f» !^n m-nt*rait -V^tiv ^nf*»nne dans ur.' ••*>*.•»» i" '*' r • t: .iv jo* *'<>\r>' .'t;;ir^v lui. >]*■ l>i*-ution. • — I»u*v-;* . tr>- p.i**^ ;or V* arm.-v rt -i> hir>- r-n ta m Vaux. reprit-il. je ne nv r»p- ]"■'.'- tu* I a \ • i r lit • M.u.-. ;*u ir« • }*■ ■ • tt»* s» .m lr duo (>ura« et ;>h:i>'»> I' ix.i>3nt r-j-t- i-ur* .ir.iti- V*\ x rétracta en <«■"» W-

• • r >.i.s ;«\..ir i;l jj<- i; •:i;i}ur|i- montait d>tre mit «iaa* ur."

• 1. f.-r-t •. i j i \ - i t(r>- Il i- urrul ^pendant |u«-

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