‹ 1815 (volume 3)Chapitre 92 sur 226 · I. Hv> ru v> v.'. 1 ti ::nrs VrS rit F J1«. #>t F · texte numérisé non relu

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L'OPINION PlBLiyiK 2".3

naparte chez les ébénistes du faubourg Saint-Antoine, niais, d'après d'autres rapports. les maçons du quai de (îèvres assuraient « qu'ils feraient leur affaire » aux gardes nationaux qui prendraient les armes pour le roi. Des affiches de l'ordonnance royale furent lacérées. Hue du Lycée, un rassemblement d'ouvriers et de soldais cria: Vive l'empereur! Des gens à mine sinistre avaient acheté des fusils chez les revendeurs du Temple. La ville était agitée. Des attroupements se formaient sur les quais, sur les places, où les exaltés des deux partis exposaient leur opinion avec une égale exagération. Les uns disaient : « Buonapartc est pris ou tué... C'est la Providence qui Ta livré. On n'entendra plus parler de lui. » Les autres ripostaient: « L'empereur est à (irenoble. Il est à Lyon... Comment douter de son succès? Tout est combiné d'avance. Il a l'armée, il a le peuple, il a l'assentiment du congrès. Autrement son entreprise serait une folie... Vous allez voir M. de Tallevrand ramener l'impératrice et le roi de Home. » Les portraits de l'empereur et de son lils foisonnaient aux étalages. Les crieurs de journaux annonçaient malicieusement : « L'ordonnance de Louis XVIII contre l'empereur Napoléon... L'insurrection à Lyon... Les progrés de Bonaparte.» Les rubans du Lys disparaissaient peu à peu des redingotes ot îles uniformes ; nombre d'officiers ne portaient plus que la Légion d'honneur. Le colonel du V léger déclarait que nouobstant ses serments il ferait présenter les armes quand il apercevrait la redingote grise. Avant même de connaître l'entrée à < irenoble, sept généraux quittèrent Paris pour rejoindre Napoléon. Jusque dans les compagnies muges, il y avait des gens pour prendre sans regret leur parti de l'événement. Le 8 mars, nue dizaine de

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mousquetaires décommandèrent leui> uniformes en disant paiement au tailleur Sandoz : « — Bu-ut t nous en forons faire d'autres »

Los hommes politiques et les beaux esprits n Ytaient point non plus tout à fait unanimes à condamner l'entreprise de l'empereur. Si le duc de Vicence tremblait. Lavallette et Kovip» se réjouissaient. la reine Hortense pleurait de joie1. La rédaction du Censeur s'indiinuiit. mais on riait tout bas au Xattt jaune 3. Fouehé éprouvait un violent dépit mai-* Merlin faisait des vieux pour le triomphe de Xa|H>léon. Tout en déclarant que Louis XVIII polirait encore sauver la royauté s'il prenait un ministère franchement constitutionnel. (larnot sentait battre son c»eur de soldat et de patriote à la nouvelle que le< troi< couleurs brillaient à Lyon*. Karraconverti au rovaIi-»me. llarra*». le haineux contempteur de 1 empereur cor<e a^<»ue s«»n émotion « en vovanl sa\ancer >an> "h^tacle. devant la France slup •■t'aite d'admirati"ii. le soldat de Toulon et «le v» i>i|- miaire. le ii« •n-,ral en chef .b-*. armées de la lici-nbii. jue ' han-* ^<m» \i\ant tableau d une soirée ch, i ma. Lune de Kurat -ni. à .vs j..ur^ de trouble. Y !• 'H...IH ta r!iv Si-::; et Frain oU Anujo réa-

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l/OPIMON PniMyiK Î73

pissant contre le pessimisme <le La Fayette, de Benjamin Constant, de Lemercicr, de Lamcth, de Maine de Biran, et proclamant que « le despotisme militaire avec l'indépendance de la patrie est encore préférable au protectorat étranger 1 ».

La province s'était émue plus que Paris des prétendus projets de restitution des biens nationaux, et elle subissait depuis dix mois la morgue des royalistes et l'ingérence des prêtres *, dont on se moquait rue Saint-Denis. Aussi n'y eut-il pas dans les départements le revirement d'opinion pour la royauté qui se manifesta avec tant de force chez la majorité de la population parisienne. La moitié de la France était pour l'empereur. On connaît l'élan du Dauphiné et du Lyonnais, où les royalistes sentant leur faiblesse n'osèrent pas bouger. Le Bourbonnais, U» Limousin, la Saintonge. l'Aunis, la Franche-Comté orientale, le Nivernais, la Bourgogne, l'Orléanais, la Champagne, l'Ile-de-France, la Lorraine, le quart de la Normandie, la moitié de la Bretagne et les deux tiers de l'Alsace auraient fait le même accueil au glorieux . évadé de File d'Elbe3. Presque partout, sans doute,

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