‹ 1815 (volume 3)Chapitre 94 sur 226 · LES THOLBLES ET LES SÉDITIONS · texte numérisé non relu

LES THOLBLES ET LES SÉDITIONS

Même dans les contrées où dominait le royalisme: la Provence, le Languedoc, la Guyenne, l'Anjou, la Ton raine, la Normandie, le Maine, la Picardie, les Flandres, il y avait un parti bonapartiste nombreux et ardent. A Boulogne, on criait : Vive l'empereur', sur le port. « Les honnêtes gens frémissent, ceux qui n'ont rien à perdre se réjouissent, »> écrivait le préfet du Haut-Hhin. *» La basse classe a très mauvais esprit, » écrivait le préfet de Rouen. « Je crains la guerre civile, vu l'exaltation des deux partis, » écrivait le préfet de l'Hérault. A Nîmes, où la question politique se compliquait de la question religieuse, les protestants étaient contre le roi. A Toulouse, on affichait des placards bonapartistes dans les églises et l'on sifflait au théâtre l'air de Vive Henri IV ! Dans le Maine-et-Loire, les jacobins s'agitaient. A Caen, le duc d'Aumont irrité du cri populaire : « Napoléon abattra la fierté de l'avilissante noblesse! » s'en prit aux commissaires de police et en révoqua quatre le même jour \

Partout dans les départements, les opinions avaient un caractère d'exaltation inconnu à Paris. Les Parisiens se bornaient à exprimer leurs vieux et à discuter. Kn province, c'étaient des attroupements séditieux, des vociférations, des injures, des menaces, des actes de fanatisme et de rébellion. A Montauban, on brûle solennellement le buste de Napoléon dans un feu «le joie s. A Versailles, on affiche ce placard : « Lglise à vendre, Louis XVIII à pendre et à dégraisser pour en faire des lampions pour l'arrivée de Napoléon. 3 » Tandis que les portefaix de Marseille demandent des

I. <;om*sp. <!«•« l'rvM*. «lu " nu V» m.irs. |t.i|>|>«>rt M"M'TV. I* m.'irs lAnh n.it Y 7, :iU7. »l K. T. i.«'ii.rnl Auit-.-rt à S-ull. Mui»I|" IIit.

rn.irs <X-irk>' h i|'Am1r»\ 1? mars Ar> li »;u»tp'

i. l'r» f»-t <!♦• Monl.iul^iti tt Vli>u t«".«|in« m . M marv Anli n il. V. ". i'~ i.s 3 lt:>pjK.rt <le poh. p, y m.ir> An li. n.it. V. T. *l

armes pour « assommer la bête féroce », ciinj nulle ouvriers de Saint-Etienne s'ameutent devant l'hôtel du préfet en vociférant : « Vive l'empereur1. », et la manufacture de Charleville retentit des mêmes clameurs V Les notables de Blois ouvrent une souscrij»tion publique pour l'assassinat de Bonaparte. M. deM s'inscrit pour 25.000 francs, M. S.-(i. pour 10.000. M. il. pour 0.000 '. Mais à Provins, à Brest, à Saiut- Brieuc.on lacère les ordonnances royales aux cris d»*: Vive l'Empereur ! A Metz, ce mot est charboniu* sur toutes les murailles 3, et à Nancy. M"" Azaïs. bonapartiste plus exaltée encore <jue son mari, compose ces stances dont les copies courent dans la ville «lès le 1 1 mars * :

deviens ! Deviens ! C'est le cri de la France, Pour terminer sa honte et sa souffrance.

Dans un banquet royaliste donné à Rennes, le lildu premier président «lit à haute voix : c — .le voudrais voir le roi et tous ses chouans f... 5 »» A Lille, on insulte* les officiers, on crie : « A bas les revenant* de Moscou! »On parle d'appeler dans la ville les troupes anglaises cantonnées sur la frontière*. A lhjon. le 1 1 mars, jour de l'arrivée du Sr «le chasseurs, en marche vers Lyon. >i\ hommes, la cocarde tricolore au chapeau. s«» postent sur la place Saint-Ktienne.

1 l *Urv» -v M.i-i- i * rr.-»r^ : ' • } \: rv. H ir? Ar*>. «fi-rr»- ' ■■ '. > .al :> . i • ,i> . : . - 1 v> \r ':■ ] ? si.jn- iAr !. : j'

Y * i". rî } '.

S < •• • ' ]'■•- • > ,» \i «'• .» j o ^ Kt ?< t '

i t • - > : ' • Y - \ - ' l : 3^ î3 ' *<vr- v > 1 -

\>r*: X »•• ^TS • - : V ; ; » ■ \ - - • y - ,

; : • K • - — '. ! — v V- •. - iî F " ->:»"

LES TKOl HLES et LES SÉDITIONS 279

adossés à la palissade d'un théâtre en construction. L'un de ces hommes, lilsd'un forgeron et grand-prix de Home, s'appelait François Hude. Quand le premier peloton passa, les frôlant presque dans son mouvement de conversion, ils crièrent: Vive l'empereur! Les chasseurs restèrent impassihles. Quand |<» deuxième peloton passa, ils crièrent : Vive l'empereur ! Les chasseurs continuèrent silencieusement leur marche. Le troisième peloton s'avançant, ils crièrent encore : Vive l'empereur ! Alors les cavaliers lancèrent le même cri qui se répercuta «lu centre à la tète et à la queue de la colonne comme l'écho du tonnerre dans les montagnes*.

Le 1 1 mars, un convoi d'artillerie dirigé d'Auxonue sur Lyon d'après les ordres du comte d'Artois * prend gi'e à (lhalon-sur-Saône. Les habitants, qui ignorent encore que Lyon est au pouvoir de Napoléon, s'assemblent le lendemain malin autour du parc et décident « qu'il ne faut pas que ces canons aillent tirer sur l'empereur ». On s'oppose au départ de l'artillerie, le rappel bat. la garde nationale sort en armes pour prêter main fort»» à la foule, domine on pense, les conducteurs et les canonniers m* résistent pas ; ils s'empressent de remettre les chevaux au piquet. Sur ces entrefaites arrive le général Houelle. Il veut ramener les pièces à Auvoime puisque l'insurrection a éclaté à Lyon, el il parvient à les faire ratteler, malgré l'opposition des (Ihalonais qui veulent maintenant « conserver les canons

1 Itf'if. *a rif, tf% .,i< r<-i |.:ir I»* ii<». i.-tir l.*»irr.ni<l . !.»■.(.., t. nr

l.r?rarui qui linait c>-\W ;tn«-« <!>• Hu<1«\ mais «|ui > t.nl intni « lU nn'iit |x'u r»*i»s«'i k'n«* sur !«•» minwr"* Ar* r<'iin«nU. «lit : • !.«• ••• <>u |<- ».* hn%siiris. . t>Uit lo * rha-sv. iirs sL.li..rni.- .t i;r:»y et <|.»nt oVux \..îi-..n«. avaient tijric"' mit I.yn lUk-ivlp- <le« in<'ii\»Mii>*nt*. 1«U-t<r>.

ArWi. «;»irrr«*.. Il y a l»< .iui udj» <I*,ïiiIiv* i rr< nr> <l.in^ l«« .M. ni* hi-l»»ri.|u»'S <lonl I.ocran-I .1. . ..iti|-.i«if < • :m< . <i a.

f. Du<- «rorltaits. L'rt,,!,! d< »M/./i J*,t,u,al. I».

pour l'empereur ». Le convoi se met en marche, mais à cinq cents mètres de Chalon, la foule furieuse le rejoint et force les conducteurs à rentrer dans la ville où elle dételle les chevaux et détache les avanttrains. En même temps, le drapeau hlanc de l'hôpital est abattu et remplacé par le drapeau tricolore, aux cris : Les royalistes à la lanterne î « Je n'ai eu qu'à me sauver, » dit le général Rouelle en terminant son rapport*. Le 13 mars, Villefranche. Bourg:, Autun, Tournus, Roanne. Dijon sont en pleine insurrection s.

Soit que l'opposition ardente du peuple des provinces influât sur les troupes, soit parce que les officiers et les soldats, qui se sentent isolés, sans cohésion et sans force dans les grandes cités, parlent en maîtres et prennent le haut du pavé dans petites villes, les garnisons des départements donnaient beaucoup plus d'inquiétude que celle de Paris. En dépit des premiers rapports des généraux et des chefs de corps, dont l'optimisme alla bientôt diminuant, l'esprit «les troupes était moins que douteux. Dans les casernes de Besançon, de Mézieres, «le Sarreguemines. d' Amiens, du Havre, de Saint - Brieuc, de Brest, «le Fontainebleau. d'Auch, la nouvelle du débarquement est saluée par des Vive l'empereur î On arrache ef on foule aux pieds tas cocardes blanches3. « La masse des régiments est calme, écrit de Italien le maréchal Jourdan. mais je nt1 sais trop quelle conduit*' tiendrai«>nt les soldats si l«»ur

I. ItomMk a llruiMel. •v.niniaiiii.-tiil à I»ijon. <:|ial»n. li mars, et Iujon. 13 mars. Ilm-ldot a «:i.irk.-. IJ mars. lAnh. fiuernv)

i. «trn.Tol ll<»u«-ll«- a Uoud.lel, Ui.tl ti. ti mars. (.vixral dr Cortlnv qiu-t a < larko. V'\« rs. U iiiar-. (,« n« ral Hnj.t.l.-t a Uarke. I»ij«m. il mars An h. «.ut-rrei. I.Hti, .1. S, y. u mars !»«•(«. siti,,ns du préfet d<- I Au» «•t <i>' ll' U'lrl. L i'rcct f >it AVy. II. Ufi. I >o. !«'.». îV>.

■s. i:..rr.^|».n<ian.-.- j.n f. ls. du s au U mar>. (Ar. li. nal. F. ?, JUT.F.T.

Page 1