Relation de Reille. (Arcli. Guerre
4. Reille à Ney, Gosselies, 10 juin, 10 heures et quart (Arch. Guerre).
Jomini, tout en constatant (p. 274) que « cet incident fut un malheur », dit (p. 283) ; « Reille obéit à un raisonnement logique fondé sur les lois de la grande lactique, car il devait supposer que l'aile gauche serait appelée là où se montrerait l'ennemi et que ce serait un maliieur si, après les renseignements de Girard,
Ce « très peu de temps de perdu », c'était un retard de deux heures. Reille ne mit ses troupes en marche qu'à la réception de l'ordre de Ney, c'est-à-dire au plus tôt vers midi. Sa tête de colonne n'arriva guère à Frasnes avant une heure et demie '. En vain, dans l'intervalle, Ney avait reçu une nouvelle lettre du major-général réitérant les premières instructions ^ Avec un seul hataillon et les lanciers et chasseurs à cheval de la garde, il était contraint d'attendre l'infanterie de Reille pour commencer l'attaque. D'ailleurs, il pensait avoir tout le temps de s'étahlir aux Quatre-Bras, car il continuait de croire que l'ennemi peu nombreux n'y ferait pas grande résistance^.
Le prince d'Orange, il est vrai, ne disposait encore que de la division Perponcher : 7 900 baïonnettes et 16 bouches à feu *. Mais pénétré de l'importance stra-
il s'engageait sur la route de Genappe quand il faudrait se rabattre sur Brye.
Ce système de défense ne tient pas debout : 1° Si les généraux en sous-ordre obéissaient « aux lois de la grande tactique » au lieu d'obéir aux ordres qu'ils reçoivent, ce serait dans les armées une singulière confusion; 2° En s'engagean sur la route de Genappe, Reille ne risquait qu'une cliose, c'était précisément de s< rapprocher de Brye; 3° Dans sa lettre. Napoléon disait bien qu'il pourrait appeler à lui une division de l'aile gauche, mais cette division devait déboucher de Marbais et non de Gosselies. Or, à Frasnes, où Reille, aurait dû se diriger tout de suite, il se serait trouvé plus près de Marbais qu'il n'en était à Gosselies. Il faut cependant lire attentivement les documents avant de porter un jugement!
Ce qui paralysa Reille, ce fut la crainte pour lui-même des masses prussiennei signalées par Girard comme débouchant de la route de Namur. Craintes chiméi riques et raisonnement mal fondé. Reille, sachant par la lettre de l'empereur qvt venait de lui être communiquée, que celui-ci marchait sur Sombreffe par Fleurus, il était évident que les Prussiens avaient pour objectif non point lui, Reille, mais Napoléon.
1. Il y a 2 lieues de Frasnes à Gosselies, et l'ordre de Ney fut envoyé à onze heurei et quart au plus tOt. — Reille dans sa Relation dit que ses divisions de tête com raencèrent l'attaque vers deux heures. Foy dans son rapport du 17 (Reg. de Corresp. dit aussi que sa division fut formée en avant de Frasnes à deux heures.
2. Sur cette lettre motivée par le rapport d'un officier de lanciers et envoyée par Soult vers 10 heures, voir 1815, II, 142-143.
3. Colonel Répécaud, 17. — Comme je l'ai déjà fai remarquer, cette assertioi est absolument confirmée par l'ordre de marche de Ney précipité.
4. Brigades Bylandt et Saxe -Weimar . Etat de situation du 12 juin, cité pai