LA POSITION DES QUATRE-BRAS
léi?ique des Quatre-Bras, il était déterminé à tenir coûte que coûte jusqu'à l'arrivée de l'armée anglaise.
La position était favorable à la défense. Le hameau des Quatre-Bras, groupe de trois grosses fermes et de deux maisons situées au croisement des routes de Charleroià Bruxelles et de Namurà Nivelles, domine alentour les ondulations multiples du terrain. A Test, la route de Namur, en remblai, forme un retranchement naturel en avant duquel s'élève, comme une redoute, la ferme de Piraumont. Au sud-ouest, l'accès des Quatre-bras est protégé par la ferme de Pierrepont et le bois-taillis de Bossu qui s'étend, l'espace de 2 000 mètres, à l'ouest de la route de Gharleroi ^ Enfin, dans un fond, à un quart de lieue au sud du hameau, la grosse ferme de Gémioncourt, construite tout proche la route, constitue un autre ouvrage avancé.
Bien qu'une division de moins de 8 000 hommes fût insuffisante pour garnir ce front de plus de trois kilomètres et en occuper solidement toutes les positions, Perponcher, afin d'imposer aux Français et de retarder d'autant l'attaque même des Quatre-Bras, ne craignit pas de disséminer son monde. Deux bataillons avec trois pièces de canon restèrent en réserve aux Quatre-Bras et sur la route de Namur; les autres furent répartis ainsi : à la gauche, un bataillon avec cinq pièces en avant de Gémioncourt et un autre occupant cette ferme ; à la droite, quatre batail-
van Lôben, 69. Cf. ma note 1 de la page 132. — A midi, Perponcher n'avait même que 7 200 hommes, car le T bataillon de ligne n'arriva de Nivelles qu'entré deux heures et deux heures et demie (Van Lôben, 193.)
1. Ce bois a été défriché ainsi que le bois de la Hutte qui s'étendait à 1 200 mètres à la droite de la roule, entre Frasnes et Villers-Perwiu.
Ions et la batterie à cheval sur la lisière orientale du bois de Bossu et en avant de Pierrepont ^
Vers une heure et demie, Reille, qui marchait avec la tête de colonne de la division Bachelu, rejoignit Ney. « — Il n'y a presque personne dans le bois de Bossu, dit le maréchal, il faut enlever ça tout de suite. » Reille était ce jour-là d'humeur peu entreprenante ; il répondit : « — Ça pourrait bien être une bataille d'Espagne oii les Anglais se montreront seulement quand il sera temps. Il est prudent d'attendre pour attaquer que toutes nos troupes soient massées ici. » Ney impatienté répliqua : « — Allons donc ! Il suffira des seules compagnies de voltigeurs ! » Néanmois la remarque de Reille l'avait fait réfléchir; il différa l'attaque jusqu'à l'arrivée de la seconde brigade de Bachelu et de la division Foy".
A deux heures, ces troupes débouchant de Frasnes se formèrent en colonnes par bataillon, Bachelu à l'est de la route, Foy sur la route et à l'ouest de la route. Les chasseurs de Pire flanquaient la droite de la division Bachelu, les lanciers se tenaient en arrière de l'intervalle des deux divisions. En seconde ligne, étaient la cavalerie de la garde, en colonne sur la chaussée, et la 1'^'' brigade des cuirassiers de Kellermann, déployée à la gauche. La