Van Lôben
2. Noies journalières de Foy, Frasnes, 17 juin (comm. par le comte Foy). Ci. la Relation de Reille (Arcli. Guerre) et les paroles de Ney au colonel Répécaud, citées précédemment.
Reille faisait allusion à la tactique ordinaire des Anglais dans les guerres d'Espagne, où Wellington ne démasquait ses forces quau moment de l'attaque décisive des Français.
ATTAQUE DES (JUATRE-BUAS. 199
division Jérôme Bonaparte cheminait encore entre Gosselies et Frasnes, et les trois autres brigades de Kellermann avaient pris position à Liberchies selon les ordres de Ney ^
Le maréchal ne voulut pas retarder d'avantage son attaque ; mais, troublé par les paroles de Reille, il jugea que les troupes qu'il avait sous la main seraient insuffisantes pour aborder la position de front. 11 résolut de porter son etfort contre la gauche ennemie ^ (Il pouvait espérer que les défenseurs de Pierrepont et du bois de Bossu se replieraient dès qu'ils se verraient débordés, mais le prince Bernard, ayant une ligne de retraite sur Houtain-le-Val, n'avait pas à craindre d'être coupé des Quatre-Bras.) Après une courte canonnade, le maréchal lança dans la direction de Piraumont la division Bachelu, la cavalerie de Pire et la brigade Jamin de la division Foy. La seconde brigade de Foy (général Gauthier) resta provisoirement en réserve. La division Bachelu et la cavalerie de Pire s'avancèrent entre le bois de la Hutte et la chaussée vers Piraumont. Les Néerlandais postés en première ligne n'étaient pas assez nombreux pour soutenir cette attaque. Bachelu repoussa sans peine le 21^ chasseurs jusqu'à Piraumont. Parvenu à la hauteur de la ferme Lairalle, la brigade Jamin, conduite par Foy, fit tête de colonne à gauche, refoula le 2" bataillon de Nassau, et débusqua de Gémioncourt le o* bataillon de milice dont les débris se reformèrent à l'ouest de la route et se mirent en
1. Relation de Reille. (Arch. Guerre.) Rapport de Foy, Frasnes, 17 juin. (Registre de corresp. de Foy.) Cf. Siborue, I, luO : » Vers deux heures, Ney prit ses dispositions d"attaque. » Voir aussi l'ordre précité de .\ey et la Relation de Kellermann (Arch. Guerre), lequel confond d'ailleurs Frasnes et Liberchies.
2. Lettre de Foy à Guilleminot, 20 octobre 1815. (Registre de corresp. de Foy, communiqué par le comte Foy.)
retraite vers le bois de Bossu. Ney les fit alors charger par les lanciers de Pire qui les culbutèrent. Le prince d'Orange, serré de près, ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval ; un de ses aides de camp fut blessé et fait prisonnier. Sauf à la droite, oii les quatre bataillons du prince Bernard de Saxe-Weimar n'avaient pas encore été inquiétés, on était maître des positions avancées de l'ennemie
Il était environ trois heures. Wellington, revenu du moulin de Bussy-, jugea la situation critique, presque désespérée^. Quelques instants encore, on allait être forcé aux Quatre-Bras par Foy, déjà en marche pour attaquer ce hameau au sud, et par Bachelu, bientôt en situation de l'attaquer à l'est. Des renforts arrivèrent : la brigade van Merlen (hussards hollandais et dragons belges) par la route de Nivelles; la division Picton (huit bataillons anglais et quatre hanovriens) par la route de Bruxelles ^ Wellington était surtout inquiet pour la gauche de sa ligne, à peu près dégarnie et que menaçait Bachelu, maître de la ferme de Piraumont. La division Pic-,
1. Relation de Reille. Rapport de Foy. (Registre de correspondance.) Van Lôben, 190-196. Sibornc. 1, 101-102.
Ney aurait pu mieux répartir ses forces. La division Bachelu et la cavalerie de Pire eussent parfaitement suffi à attaquer Gémioncourt et Piraumont, laissant disponibles la 1" brigade de Foy pour marcher vers le bois et la 2» pour former uue éserve.
2. Une note du Supplément d la Corresp. de Wellington (X, 525) fixe le retour du duc à trois heures, Miiffling (C. de W., 11) dit égralement : « Vers les trois heures. • Van Lôben, Damitz, Siborne, Chesney s'accordent sur ce point.
3. Miiffling, Ans meinem Leben, 205. Cf. Wellington à lady Webster, Waterloo, 18 juin, trois heures du matin) (Suppl. Dispatches, X, 501.)
4. Le rapport de Wellington (Dispatches, Xll, 478) dit que la division Picton déboucha à deux heures et demie. C'est inexact, car nous savons que Wellington ne revint pas de Brye avant trois heures, et. d'après le témoignage de Miiffling. Aus meinem Leben, 203 (cf. C. de W., 11 1, on ne peut douter que le retour du duc n'ait précédé l'arrivée de Picton. Siborne (I, 104) dit de son coté : « Wellington revint ' un peu avant l'arrivée de Picton. » Quant à la brigade van Merlen, van Lôben, qui
a écrit d'après les Archives hollandaises, dit (196-197) qu'elle atteignit les Quatre- Bras en môme temps que la division Picton.