‹ 1815Chapitre 120 sur 260 · LES CUIRASSIERS DE KELLERMANN · texte numérisé non relu

LES CUIRASSIERS DE KELLERMANN

d'infanterie, les lanciers et les chasseurs de Pire rommencent seulement à s'ébranler* tandis que les deax régiments de cuirassiers, réduits à '">()0 hommes, désunis par rimpétiiosité même de la charge, et leurs chevaux hors d'haleine, se trouvent seuls au milieu de l'armée de Wellington. Ils sont ?u sommet d'un triangle de feux, fusillés du bois Je Bossu, par les Hollandais, des remblais de la route de Namur par les Anglais, des maisons des (Juatre-Bras par les tirailleurs de Brunswick, et mitraillés de la route de Bruxelles par les batteries du major Klilmann. Le comte de Valmy culbute sous son cheval tué '. C'est la débandade. En vain il se relève et veut reformer ses escadrons, les cuirassiers n'écoutent plus ses commandements. Ils tournent bride, enfoncent leurs éperons dans le ventre des chevaux, et, par petits groupes, en désordre, mais toujours la pointe menaçante, ils retraversent sous une grêle de balles les deux lignes ennemies, rapportant comme trophée le drapeau du 69" anglais^.

le ■;« bataillon de milice. A la vérité, Colbert (lettre communiquée par le général de (]olbert) dit que la division de la garde est restée en réserve le 16, mais nous savons qu'il a été cependant légèrement blessé ; et dans ses notes (comm. par M. de Stuers), le chefs d'escadrons de Stuers, des lanciers rouges, sans bien préciser le rôle de sa division pendant cette journée, rapporte qu'elle y a eu Su hommes hors de combat. La question reste donc douteuse.

En tout cas, mieux valait employer cette division que de la placer dans une position où sans aucune utilité elle perdit 50 hommes. 11 eût mieux valu encore Yenvoyer dès midi à Liberchies et appeler à Frasnes les trois brigades de Kellermann.

1. Kellermann le dit formellement, non seulement dans sa relation, mais dans son rapport a Ney, daté de 10 heures du soir. C'est donc une grave erreur de t'Iiarras et autres que de représenter comms simultanées la charge des cuirassiers et celle des lanciers et chasseurs.

-. Le général Guiton et le colonel Garavaque furent également démontés.

• Juand ils avaient affaire à la cavalerie cuirassée, les Anglais tiraient de préféreuce aux chevaux. (Lettre du sergent Mac Eveen, du 42» highlanders, Waterloo Lttters. 378.)

3. Rapport de Kellermann à Ney, 16 juin. Lettre de Kellermann à Grouchy,

Ces cavaliers, lancés à une allure folle, bousculent et entraînent dans leur fuite plusieurs bataillons de la division Foy et de la brigade Bauduin. Bachelu, qui s'avance de Piraumont, voit de loin la déroute et arrête aussi son mouvement. Seule, la cavalerie de Pire pousse encore à l'ennemi. En un temps de galop, elle est sur les bataillons de Kempt. Les carrés anglais lui opposent leurs baïonnettes et leurs feux flanquants. C'est sans eff'ot que lanciers et chasseurs multiplient les charges \

A ce moment, le commandant Baudus, envoyé par l'empereur, rejoignit le maréchal Ney qui, ayant eu deux chevaux tués, se tenait à pied « au point le plus exposé ». nperdu, furieux, la face pourpre, « il brandissait son épée comme un fou. » Baudus lui transmit les paroles de Napoléon : « Il faut absolument que Tordre donné au comte d'Erlon soit exécuté, quelle que soit la situation oii se trouve le maréchal Ney. Je n'attache pas grande importance à ce qui se passera aujourd'hui de son côté. L'affaire est toute où je suis, car je veux en finir avec l'armée prussienne. Quant au prince de la Moskowa, il doit, s'il ne peut faire mieux, se borner à contenir l'armée anglaise-. » Ney venait d'envoyer à d'Erlon l'ordre de regagner Frasnes. Baudus s'efforça de le faire

16 juin. Relation de Kellermann. Relation de Raille. (Arch. Guerre.) Rapport de Ney à SouU, Frasnes, 16 juin, 10 heures du soir. Archives du prince de la Moskowa). Woodberry, Journal, 310, Siborne, I, 144-. Lettres d'officiers des brigades Kempt et Pack. ( Waterloo Letters, 359, 378, 386.)

D'après le rapport et la lettre de Kellermann, quatre cuirassiers du 8'' régiment : Valgayer, Nourain, Arbillou et Henry « qui n'était pas un merveilleux sujet » réclamèrent l'honneur d'avoir pris le drapeau du Ci)".

1. Mém. du roi Jérôme, VII, 78-79. Siborne, I, 148-150. Lettres d'officiers de la brigade Kempt. {Waterloo Letters, 344, 354, 359.)

2. Notes manuscrites du colonel Baudus (comm. par M. de Montenon). Lettre' du général F... (comm. par le comte F...). — Comme nous l'avons dit, les notes de Baudus n'ont été reproduites que partiellement dans ses Etudes sur Napoléon.

Page 1