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DamiU, I

sur la Voie romaine, la tête à Baudeset. En arrivant à Mellery, Gneisenau y retrouva Blûcher. Il était couché sur de la paille dans une chaumière écartée, prenant do temps à autre quelques gorgées de lait'.

Le n, au point du jour, toute l'armée décampa. Les corps de Zieten et de Pirch, que venaient de rallier les trois bataillons de grand'garde à Brye, gagnèrent Wavre par Gentinnes, Villeroux et Mont- Saint-Guibert ; le colonel de Sohr fut laissé provisoirement à Tilly avec deux régiments de cavalerie. Arrivé devant Wavre entre onze heures et midi, Zieten fit passer ses troupes sur la rive gauche de la Dyle et les établit à Bierges et alentour. Pirch arrêta les siennes sur la rive droite ; elles bivouaquèrent entre Aisemont et Sainte-Anne ^

De Sombrefîe, Thielmann se porta d'abord à Gembloux; jugeant ses troupes très fatiguées, il prit position un peu au delà de ce village et, fort imprudemment, resta immobile depuis sept heures du matin jusqu'à deux heures après midi. Il reprit enfin sa marche, passa par Gorbais, traversa, à huit heures seulement, le pont de Wavre et vint camper à la Bavette (une demi-lieue au nord de Wavre). La cavalerie de Lottum et la division Borke, qui formaient l'arrioregarde de ce corps, n'arrivèrent même en vue de Wavre que longtemps après minuit ; elles durent bivouaquer sur la rive droite de la Dyle^.

1. Rapport de Gneisenau, Wavre, 17 juin, 2 heures (précité). Wagner, IV, 47. Damitz, 1. 142, 143-147, II, 200-209. Von Ollecb, 157.

2. Rapport de Gneisenau, Wavre, 17 juin, 2 heures. Wagner, IV, 46, 54, 55. Daraitz, H, 2û7. 2i0. Von Ollech. 166-167.

3. Wagner, IV. 46, 55 Damitz, II, 207-209. Von Ollech, 167. — Damitz blâme justement Thielmann pour sa trop longue halle à Gembloux, tout en disant i|ue ce général savait que Bulow, en marche à une lieue de lui, de Baudeset sur Dion-le-- Monl, le soutiendrait s'il était atlaquc. Mais il ne s'agissait pas pour Thielmann ni pour Biilow de risquerai Gembloux une action où ils pourraient avoir à combattre

LA RETRAITE DE l'aRMÉE PRUSSIENNE. 243

Biilow, qui dans la soirée de la veille avait arrêté ses troupes à Baudeset, le long de la Voie romaine, reçut l'ordre de se porter à Dion-le-Mont (une lieue m sud-est de Wavre). Il marcha assez lentement. A Jix heures du soir, son mouvement n'était pas Bncore achevé '.

La retraite de la grand'garde prussienne établie à Brye, et par conséquent des corps de Pirch et de Zieten, échappa absolument à l'attention des vedettes en position devant le moulin de Bussy. De toute la matinée, les petits-postes de cavalerie ne firent aucun mouvement, pas une reconnaissance, pas même une patrouille ^. A la droite française, vers Tongrinne, les hussards de Pajol se montrèrent plus vigilants. Dès deux heures et demie du matin, ils avertirent leur général que l'ennemi quittait ses positions. Pajol fit aussitôt monter à cheval les deux régiments qu'il avait conservés sous son commandement immédiat^ et se lança à la poursuite des Prussiens sur la route

le gros de l'armée française ; il s'agissait de se concentrer au plus vite à Wavre en dissimulant aux Français leur direction de retraite.

1. Rapport de Biilow à Bliicher, Dion-le-Mont, 17 juin, (0 lieures du soir. (Cité par von Ollech, 1G7-168.) Damitz, II, 209-210. — D'après les renseignements recueillis par Groucliy et consigm^s par lui (Arch. Guerre, Armée du Nord, 18 juin), Biilow prit par Walhaiu et Gorroy. Cesit d'ailleurs le chemin le plus direct de Baudeset à Dion-le-Mont, et en outre, si Biilow eût passé à Corbais, il eût entravé la marche de Thiclmann, qui, lui, devait forcément traverser ce village. Selon les rapports des habitanls (Grouchy à Napoléon; Gerabioux, IT juin, et Walhain, 18 juin, Arch. Guerre), les corps de Thielmann et de Biilow marchèrent en plusieurs colonnes, car il passa des Prussiens à peu près dans tous les villages, sur une largeur de 10 à 12 kilomètres.

2. Rapport de von Groben à Gneisenau, Tilly, 17 juin, vers midi. (Cité par von Ollech, 169-379.)

3. Le 1" hussards (division Soult) n'avait pas encore rallié, et la division Subervie avait été détachée à l'aile gauche.

de Namur^ C'était malheureusement une fausse direction. Il croyait être sur les traces du corps de Thielmann; il suivait des traînards, un convoi de parc, une batterie égarée". Au delà du Mazy, vers cinq ou six heures du matin, il atteignit cette colonne, sabra un escadron du T uhlans qui s'y était joint, prit les canons et les voitures. Il ne poussa guère plus loin que les Isnes sur la route de Namur, n'y voyant plus rien. Fort incertain de ce qu'il devait faire, il envoya des reconnaissances dans diverses directions et se porta de sa personne à la croisée de la grande route et du chemin de Saint-Denis. A midi seulement, informé par de faux rapports que l'ennemi battait en retraite non sur Namur, mais sur Saint-Denis pour gagner la route de Louvain, il se dirigea de ce côté. Grâce à l'arrivée du 1" hussards, qui avait rejoint vers neuf heures, et de la division Teste que venait de lui envoyer l'empereur, ses forces s'élevaient alors à trois régiments de cavalerie, quatre régiments d'infanterie et deux batteries •\

La brigade de dragons de Berton, du corps d'Exelmans, s'était mise en mouvement peu après que Tar-

1. J'ai dfjà dit (p. 224, note 1) qu'il y a doute si Pajol se mit à la poursuite de l'ennemi de son propre mouvement ou selon des instructions de l'empereur ou de Groucliy qui lui prescrivaient de suivre les Prussiens à la pointe du jour ou, plus vraisemblablement, dès qu'ils décamperaient. Le général Pajol dit dans son livre, Pajol, généi-al enchef (111, 211-212) ; « En suivant son inspiration, Pajol ne faisait que se conformer aux nécessités des circonstances et aux instructions de la > eille d. C'est peu clair, et d'ailleurs ce nest qu'une apprécialiou personnelle.

2. La veille, vers la fin de la bataille, la batterie à cheva? n» 14 (corps de Pircli) ayant épuisé ses munitions, s'était repliée à l'est de Sombreffe, près d'une colonne du grand parc qui, venue de Namur, s'était arrêtée là. Avant le lever du soleil, batterie et colonne, vraisemblablement dans la crainte de ne pouvoir gagner Sombreffe, avaient pris la direction de Namur ; en route ils avaient été rejoints par un escadron isolé du 7' uhlans. Damitz, 11, 215-216. Cf. Wagner, IV, 53, et von Ollech, 172.

3. Pajol à Grouchy, en avant du Mazy, 17 juin, midi. (Arch. Guerre.) Cf. Pajol, Pajol, général en chef, 111, 212-213, 218, et Damitz, 11, 216.

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