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COMBAT DE GENAPPE

Cette poursuite se fit à l'allure d'une chasse au •eiiard [fox-chase), dit le capitaine Mercer, L'arière-garde anglaise fuyait dans le plus grand délordre. Hussards et canonniers galopaient pêlenêle, comme des fous {going like mad), aveuglés )ar les éclairs et fouettés par la pluie qui tombait ii dru qu'à cinq ou six pas on ne pouvait distinguer a couleur des uniformes. Lord Uxbridge faisait le nétier de cornette. Il courait le long de la colonne, triant à ses hommes : « — Plus vite, plus vite! )our l'amour de Dieu ! Galopez ou vous êtes tous bris! » Les lanciers d'Alphonse de Colbert talonlaient parfois de si près les hussards anglais que, m milieu du bruit des chevaux et du tonnerre, eurs éclats de rire et leurs insultes arrivaient jusqu'aux fuyards*.

Les Anglais passèrent la Dyle^ sur le pont de Ge- [ia})pe, sur un autre pont en amont, et quelques-uns à gué. Au nord de Genappe s'élève en pente douce un rideau de collines. Pour ralentir un peu le train de la poursuite, lord Uxbridge établit à mi-côte, sur deux lignes, le gros de sa cavalerie et deux batteries.

1. Mercer, Journal of the Waterloo Campaign, I, 270-274. — Pontécoulant, 185 : « Cette marche ressemblait bieu plus à un steeple-chase qu'à la pouisuite d'un ennemi en retraite. » — Gourgaud, 79 : « L'ennemi fut poussé l'épée dans les reins. » Cf. Waterloo Letters, 167-168.

C'est en parlant de cette poursuite furieuse que Wellington se borna à écrire dans son rapport du 19 juin (Letters and Dispatches, XII, 478) : « L'ennemi n'essaya pas d'inquiéter notre retraite, si ce n'est en suivant avec un corps considérable de cavalerie, venu de la droite, la cavalerie de lord Uxbridge. »

2. Sur les anciennes cartes, la petite rivière qui passe à Genappe porte le nom' de rivière de Genappe et va plus loin vers l'est se confondre avec la Dyle. Mais la carte de l'Etat-major belge nomme cette rivière :1a Dyle. C'est l'appellation générale dans le pays.

Quand le l"lanciers déboucha du village, aux trousses de la brigade Vivian, il fut salué par une volée de mitraille, puis chargé tour à tour par le T hussards anglais et par le l"'' régiment des Life-Guards. Les lanciers rompirent sans peine les hussards; mais ils furent refoulés dans Genappe par les gardes qui y pénétrèrent avec eux. Uxbridge lui-même conduisait cette charge. Un combat corps à corps, oii les lanciers perdaient tout l'avantage de leurs longues armes, s'engagea dans l'étroite et tortueuse rue qui formait alors presque tout le village. Au milieu de Genappe, le 2* lanciers, débouchant en pelotons par quatre d'une ruelle transversale, fondit sur les gardes et les rejeta loin au delà des premières maisons. Sur la route de Bruxelles, les Anglais subirent encore une charge des hussards de Marbot qui avaient tourné le village parla droite. Mis en désordre, ils regagnèrent les hauteurs sous la protection de leur artillerie ^ A ce moment, l'empereur sortait de Genappe avec ses escadrons de service et une batterie à cheval. Monté sur Désirée, une jument blanche très vite, il avait galopé depuis les Quatre-Bras pour rejoindre la tête de la colonne. Sa redingote grise, du drap le plus léger, une sorte de « cache-poussière », était traversée. L'eau ruisselait sur ses bottes. La violence de la pluie ayant rabattu, par devant et par derrière, les ailes de son chapeau, il se trouvait coiffé comme Basile dans le Barbie?' de Séville. Il fit placer lui-

1. Tomkinson, Diarij of a cavalry Officier, 284, 285. Mercer, I, 275-278. Lettre de lord Uxbridge, Bruxelles, 28 juin, citée par Cotton, A Voice from Waterloo, 27. Lettres d'Evaus, Grady, Vivian. {Waterloo Letters, 37, 60, 135, 155.) Siborne, 1, 201-267. Pontécoulant, 186-187. Pétiet. Souvenirs militaires, 2Û5-2U8. Paillard, Biographie du f/énéral Sourd, 15.

Dans l'escarniouche des Quatre-Bras, au combat de Genappe et pendant la retraite, los Anglais eurent 238 hommes tués, blessés ou prisonniers. (Etat des manquants, le 17 juin, Dispatchesof Wellington, XII, 485.)

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