Napoléon, Mém.. 119. Cf
OU vers Liège ^ Et dans le Ilot de pensées contradictoires qui battaient son cerveau, surnageait l'espérance qu'au cas même où Blûcher manœuvrerait pour se rapprocher de Wellington, l'armée prussienne abîmée, tronçonnée, démoralisée par la bataille de Ligny, ne serait pas en état de rentrer en ligne avant plusieurs jours ^
Les incertitudes de l'empereur touchant les projets de Wellington étaient bien fondées, car, jusque très tard dans la nuit, le duc lui-même ne savait point encore quel parti il allait prendre^ Gela dépendrait de Blûcher. Comme il l'avait dit, le matin, à l'officier d'ordonnance de Gneisenau, le lieutenant de Massow, il accepterait la bataille à Mont-Saint-Jean s'il avait l'assurance d'être soutenu au moins par un des quatre corps prussiens. Autrement, il continuerait sa retraite*.
1. Cf. l'ordre à Grouchy, 17 juin (1815, II, 236-237) : « Inslruisez-moi des mouvements de l'ennemi, de manière que je puisse pénétrer ce qu'il veut faire. »
2. Napoléon, Jlém., 195, 199. Cf. la lettre de Bassano à Caulaincourt (le Caillou, 18 juin au matin, Arch. AIT. étr., 1802) où se reflète la pensée de l'empereur : 0 La victoire de Ligny est d'une haute importance. L'élite de l'armée prussienne a été écrcisée. Le moral de cette armée s'en ressentira longtemps. » — La Relation de YAmbiyù, de Londres (LU, 429i, attribuée au général Bernard, et que Napoléon jugeait très véridique : « ... On s'exagéra les résultats de la bataille de Ligny. » — Les paroles de Soult citées dans les notes manuscrites de Baudus : o Dans l'état où la bataille a mis l'armée prussienne, il suffirait d'un faible corps pour l'observer. »
3. Les lettres de Wellington où il annonce qu'il va livrer bataille sont datées : Waterloo, 18 juin [de deux heures à quatre heures du matin]. (Dispatches, Xll, 47G, 478, et Supplementary, X, 301.) Jusque-là, il prend éventuellement position. Il espère combattre le lendemain (à Colville, 17 juin, au soir Bispatches, XII, 476) : « L'armée conservera probablement demain sa position en avant de Waterloo », mais il n'a pas encore pris de résolution ferme. — Aussi Hiigel, commissaire du roi de Wurtemberg au quartier-général anglais, écrit à son souverain le 17 juin au soir : « A la nouvelle de la retraite des Prussiens, Wellington s'est retiré à Waterloo et conservera cette position si Bliicher tient sa promesse. » (Lettre citée par Pfifter, Am« dem Layer der YerbiXndeten, 367.)
4. Miiffling, Aus meinem Leben, 208. Cf. Rapport de Wellington à Bathurst, Waterloo, 18 juin [Oispatches, Xll, 479), et Mémorandum de Wellington. (Supplementary Bispatches, X, 527.)
Or, depuis douze heures, Wellington était sans nouvelles du quartier-général prussien. Bliiclier avait bien été informé par Massow, de retour auprès de lui dès midi, du plan éventuel du général anglais, et il brûlait d'y coopérera Mais, avant de s'engager formellement à seconder Wellington le lendemain, Bliicher était obligé d'attendre que son armée fût concentrée et ravitaillée". Les choses n'allaient pas si vite. Dans l'après-midi du 17 juin, seuls le l" et le IP corps étaient massés à Wavre ; encore manquaient-ils de munitions et de vivres. Le grand parc avait été dirigé par Gembloux sur Wavre ; mais éviterait-il la cavalerie française ? Pour les IIP et IV" corps, ils pouvaient être suivis de si près par les Français qu'il leur faudrait s'arrêter et livrer bataille^
Sur les cinq heures du soir, comme le bruit de la canonnade diminuait vers Genappe, le grand parc arriva. Trois heures plus tard, le IIP corps traversa Wavre pour se rendre à la Bavette. A onze heures, enfin, un rapport de Biilow annonça qu'il était à Dion-le-Mont avec la tête du IV" corps*. Bliicher reçut au même moment une dépêche de Mûffling lui confirmant que Wellington avait pris éventuellement à Mont-Saint-Jean des positions de combat^ Gneisenau hésitait encore. « — Si les Anglais sont battus, objectait-il non sans raison, nous risquons d'être complètement détruits. » Bliicher finit par