‹ 1815Chapitre 173 sur 260 · ATTAQUE DE HOUGOUMONT · texte numérisé non relu

ATTAQUE DE HOUGOUMONT

des officiers anglais avaient regardé leur montre. Il §tait onze heures et demie ^

Pendant ce duel d'artillerie auquel se mêlèrent bientôt d'autres batteries de la droite anglaise, une partie de Tartillerie de Reille et les batteries à cheval Je Kellermann (celles-ci sur l'ordre de l'empereur), la brigade Bauduin de la division Jérôme, pré- :édée de ses tirailleurs, descendit dans la vallée en colonnes par échelons. En même temps, les lanciers ie Pire dessinèrent un mouvement sur la route de Nivelles-. Le 1" léger aborda le bois à la baïonnette, ayant à sa tête Jérôme et le général Bauduin, jui fut tué au début du combat. Malgré la défense icharnée du 1^'' bataillon de Nassau et d'une compagnie de carabiniers hanovriens, on prit pied sur :a lisière du bois. 11 y avait encore à conquérir trois 3ents mètres de taillis très épais. Le 3^ de ligne s'y mgagea à la suite du 1" léger. L'ennemi ne se retirait que pas à pas, s'embusqiiant derrière chaque ;ouffe, tirant presque à bout portant, faisant sans :esse des retours offensifs. Il fallut une heure pour 'ejeter hors du bois les Nassaviens et les compagnies des gardes anglaises qui étaient venues les •enforcer ^

En débouchant du taillis, les Français se trouvent i trente pas des bâtiments de Hougoumont, vaste

Jispalches of WcUhiglon, X, 555.) Lettres du capitaine Yaicott et du colonel iawler. (Waterloo Letters, 192, 288, etc.) Kennedy. 102.

1. Kennedy (102) : « onze heures et demie. » Waterloo Letters (288, lettre du apitaino Yalcolt) : « on;e heures vingt; » (192, lettre du colonel Gawler) : onze leures et demie. » Siborue (I, 384) : « onze heures et demie. »

2. Relation de Reille. (Areh. Guerre.) Rapport du prince d'Orange. Napoléon, \fém., 13fi. Lettre de Jérôme à la reine Catherine. Kennedy, Notes on the Battle of '^'aterloo, 102-103. Colton, A Voice from Waterloo, 54-5.5.

3. Lettre de Jérôme à la reine Catherine, 15 juillet. Waterloo Letters, 240, ^59. l;ippnri ilu prince d'Orange. Kennedy, 104. Cotton, 55-3ti. Siborne, 1, 386-389.

massif de pierre, et du mur du parc, liaut de deux mètres. Il s'agit seulement pour Jérôme « de se tenir dans le fond, derrière le bois, en entretenant en avant une bonne ligne de tirailleurs^ ». Mais soit que l'ordre ait été mal expliqué ou mal compris, soit que le frère de l'empereur ne veuille pas se borner à ce rôle passif, soit encore que les soldats, très animés, s'élancent spontanément, on se rue à Tassaut. Des nombreuses meurtrières pratiquées dans les murailles, les Anglais commencent un feu nourri. Ils sont abrités, ils visent avec calme ; à cette petite distance, tous leurs coups portent. Les fantassins de Jérôme perdent leurs balles contre un ennemi invisible. Les uns tentent d'enfoncer la grande porte à coups de crosse, mais cette porte est dans un rentrant ; ils sont fusillés de face et de flanc. D'autres s'efforcent d'escalader le mur du parc en faisant la courte échelle ; à travers les meurtrières, les Anglais les percent de leurs baïonnettes. Morts et blessés s'amoncellent au pied de Hougoumont. Les assaillants rentrent à l'abri du bois".

Le général Guilleminot, chef d'état-major de Jérôme, conseille de s'en tenir à cette première attaque ^ Il suffit d'occuper le bois; il faut rompre le combat. Reille, à en croire sa Relation, envoie des ordres analogues*. Mais Jérôme s'obstine. Il veut

1. Relation de Roillc. (Arch. Guerre.) Cf. les derniers paragraphes de noire note de la page 336.

2. Lettres de lord Saltoun, du g(5néral Wcodford, etc. {Waterloo Letters, 246, 250, 261.) Cotton, ,ï.5-56. Mém. du roi Jérôme, VU, 91. Siborne, I, 389.

3. Lettre du général Woodford, Gibraltar, 27 janvier 1838. [Wa/erloo Letters. 261.1 — Woodford, ancien major des Coldstreams, tenait ce renseignement de Guilleminot lui-même qu'il avait connu plus tard.

4. Rolalion de Reille (Arcli. Guerre) : « L'ordre en fut donné plusieurs fois (de' se tenir dans le fond, derrière le bois\ mais d'autres attaques furent tentées inu-

ileraent. »

Page 1