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PREMIÈRE ET DEUXIÈME CHARGES DE LA CAVALERIE

tèrent en avant du front, sur le bord même du plateau. On envoya les attelages au loin, et les canonniers reçurent l'ordre de tirer jusqu'au dernier moment, puis de se réfugier dans les carrés en abandonnant leurs pièces \

La cavalerie française s'avançait en échelons de colonnes d'escadrons, les cuirassiers à la droite, les chasseurs et les chevau-légers à la gauche. La direction était légèrement oblique, les premiers échelons manœuvrant pour aborder la partie plane du chemin d'Ohain, les échelons de gauche conversant vers les rampes qui s'élèvent au-dessus de Hougoumont\ On prêtait le flanc à l'artillerie ennemie. Dès que les cuirassiers commencèrent à déboucher des fonds 0(1 ils s'étaient formés, les batteries françaises cessèrent de tirer et les batteries anglaises accélérèrent leur feu. Les pièces avaient double charge : boulet et paquet de mitraille ou boulets rames \ Une rafale de fer. Les chevaux montaient au trot, assez lentement, sur ces pentes roides, dans ces terres grasses et détrempées, au milieu de ces grands seigles qui leur balayaient le poitrail. En précipitant le tir, les batteries purent faire plusieurs décharges. Une dernière salve, à quarante pas, des batteries de Lloyd et de Gleeves, établies au point oii s'élève aujourd'hui la butte du Lion, faucha à moitié les escadrons de tête. Les survivants s'arrêtèrent quelques

1. Kennedy, 115. Lettres d'officiers de l'artillerie anglaise. {Waterloo Letlers, 186, 193.) CÔttou, 88. Siborue, II, 67. Cf. Mercer, 1, 310, et Muflliug ^C. de W.).

2. Kennedy, 116. Notes du capitaine de Stuers, des lanciers rouges. (Comm. par M. de Stuers.) Siborne, II, 05-66. Cotlon, 88.

3. Lettre de YalcoU, du Boyal horse arlillenj [Waterloo Letlers, 193.) Kennedy 116. Siborne, II, 60. Collon, 88, 92, Mercer, Journal of the Campaign, I, 320.

secondes, paraissant hésiter. La charge sonna plus vibrante ; on cria : Vive Fempereur ! Les cuirassiers se ruèrent sur les canons. Successivement, toutes les batteries furent prises \ Superbe fait d'armes, mais capture illusoire. Les attelages manquaient pour emmener les pièces, les clous pour les mettre hors de service. On pouvait les renverser dans le ravin, enfoncer dans les lumières, à défaut de clous, des baguettes de pistolet. Rien! Pas un officier ne songea même à faire briser les écouvillons ".

Les canons se sont tus, mais la fusillade roule et crépite. Entre la route de Nivelles et la route de Bruxelles, vingt bataillons anglais, hanovriens, brunswickois, allemands^ forment deux lignes de carrés en échiquier. Les balles frappent sur les cuirasses avec le bruit de la grêle sur nn toit d'ardoises. Cuirassiers et lanciers, les rangs déjà rompus par le feu, par la montée, par le passage même de cette haie de: canons, fondent sur les carrés.

1. Lellres d'officiers de railillerie anglaise. {y\'aterloo Lellcrs, 180, 103, 193, 215, 282). Lellrc de Ilervey, 3 juillet iSIS. [Nineleenth Ccntury, mars 1803.) Capitaine Pringle, Remarques (t. Vlll, de la Vie de Napoléon, iiar Waller Scott, 044). Kennedy, 116. Siborne, H, 05-G8. Cotlon, 88. Noies du colonel Planzeaux. (Arcli. Guerre). Notes journalières de Foy (conim. par le comte Foy). — Foy dit que toutes' les batteries étaient dépassées, et Siborne « que le feu cessa comclctcmeut pendant vingt minutes ». C'est bien preuve qu'elles étaient en notre pouvoir.

2. Le colonel Baudus (Notes comni. par W. de Monlenon) s'étonne à juste titre qu'on ne donne pas dans chaque régiment, à quelques cavaliers d'élite, des marteaux et des clous sans tète pour enclouer rapidement les pièces prises. L'occasion s'en présenta quatre fois à Waterloo.

3. Il y avait alors en première et en seconde ligne un bataillon de Byng (les autres à Hougoumont) : les quatre de Colin Halkett ; les deux de Maitland ; deux d'Adam (les autres en réserve); deux d'Ompleda (les autres à la Haye-Sainte); les cinq de Kielmansegge ; les trois de Kruse ; quatre de Brunswick (les autres en réserve). Plus tard, les quatre bataillons de Duplal quittèrent leur position près de Merlse-Braiue et vinrent prolonger la ligne des carrés.

Les carrés élaiont d'un bataillon, sauf les carrés de Halkett qui étaient de deux bataillons à cause des perles subies aux Quatre-Bras. — Sur le plan très minutieux de Craan, seize carrés sont figui'és.

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