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ROISIÈME ET QUATRIÈME CHARGES DE LA CAVALERIE

Trop nombreux pour l'étendue du terrain, tous es escadrons se gênent mutuellement, se choquent, 'entre-croisent, brisent leurs charges, confondent îurs rangs. Les charges, toujours aussi ardentes, eviennent de moins en moins rapides, de moins en loins vigoureuses, de moins en moins efficaces, par uite de ce désordre et de Tessoufilement des cheaux qui à chaque foulée enfoncent dans la terre rasse et détrempée. L'atmosphère est embrasée; n a peine à respirer, « on se croirait à la gueule 'un four ». Le général Donop est tué, le général lelort est blessé, le général Lhéritier est blessé, î général Guyot est blessé, le général Roussel 'Hurbal est blessé. Edouard de Colbert charge, le ras en écharpe. Blessés aussi les généraux Blanard, Dubois, Farine, Gobrecht, Guiton, Picquet, 'ravers, Wathier. Le maréchal Ney, son troisième heval tué sous lui, est debout, seul près d'une atterie abandonnée, cravachant rageusement un anon anglais avec le plat de son épée. Tout le hamp de bataille est encombré de non-combattants, uirassiers démontés marchant lourdement sous leur rmure dans la direction du vallon, blessés se traitant hors des charniers, chevaux sans cavaliers ;alopant éperdus sous le fouet des balles qui leur iftlent aux oreilles. Wellington sort du carré du 73* ù il s'est réfugié au plus fort de l'action, court à sa avalerie, la précipite sur ces escadrons épuisés, ésunis et rompus par leurs charges mêmes. Pour la

rani et du Royal Artillery. (Waterloo Letters, 144, 186, 214-219.) Note de Valéry e Sirjaquc, aide de camp de Janiin. (Arch. Guerre, dossier de Jamin.) « La cavalerie française, dit Wellington, évolua longtemps autour de nos carrés amme si elle eût été la nôtre. » (Lettre citée dans le Bulletin bibliographique, ou linisU-rc de la Guerre de Belgique, n° du 30 avril 1900).

troisième fois, les Français abandonnent le plateau*.

Pour la quatrième fois, ils y remontent en criant : Vive l'empereur ! Ney mène la charge à la tète des carabiniers. De loin, l'éclat rutilant de leurs cuirasses de cuivre a frappé ses regards, Il a volé à eux et, malgré les observations du général Blancard qui oppose l'ordre formel de Kellermann, il les entraîne avec lui dans la chevauchée de la mort ^.

L'acharnement de Ney et de ses héroïques cavaliers, comme lui ivres de rage, touchait à la folie. Celte dernière charge avec des escadrons réduits de moitié, des hommes exténués, des chevaux à demi fourbus, ne pouvait aboutir qu'à un nouvel échec. L'action de la cavalerie sur l'infanterie consiste principalement dans l'effet moral. Quel effet moral espérer produire sur des fantassins qui venaient d'apprendre en repoussant, par le feu et les baïonnettes, des charges multipliées, que la tempête de chevaux n'est qu'un épouvantail, et qui, dans ces deux rudes heures, longues comme des jours, avaient pris l'assurance de leur invincibilité ? C'étaient, au contraire, les cavaliers qui étaient démoralisés par

1. Relation de Kellermann. (Arch. Guerre.) Kennedy, 118. Mercer, I, 310. Lettres d'officiers des brigades Granl, Adam, Halkett. (Waterloo Letters, 142, 144, 3û2j, 305, 328, 339.) Colonel Labordc, Napoléon et sa garde à l'île d'Elbe, 117, note. Sibornc. II, 82. Cotlon, 94. I

Note de la 31' édilion : |

Les étals de services du général Donop portent : « disparu ». Il disparut si bieiÉ que jamais plus on n'cuteudit parler de lui. Des cuirassiers de sa brigade, questionnés plus tard, dirent qu'au moment où il fonçait avec eux sur un carré, ils, l'avaient vu tomber de cheval, mortellement blessé sans doute. On ne retrouva pas: son corps qui, probablement, avait été dépouillé dans la nuit de la bataille pardes délrousseurs de morls, et fut enfoui sans être reconnu avec la masse des cadavres. — Je tiens ce renseignement de son petit-fils, le général Donop, aujourd'hui inspecteur d'armée.

2. Relation de Kellermann. (Arch. Guerre.) Kennedy, 119. Notes de Stuers, dés lanciers rouges (comm. par M. de Stuersl. Sibornc, II, 93. Lettres du capitaine Rogers, du Royal .\rlillery, et d'officiers de la brigade Halkett '^Waterloo Letters, iio, 318-342.) t'raser, Letters, 339.

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