ROISIÈME ET QUATRIÈME CHARGES DE LA CAVALERIE
'insuccès de leurs attaques, la vanité de leurs rfforts. lis chargèi'ent avec la même intrépidité, non dus avec la môme confiance. Ils traversèrent encore a ligne des batteries ; mais, après avoir poussé 'ainenient leurs chevaux harassés sur les carrés, ou L mieux dire sur les remparts de soldats tués et de )êtes abattues qui en protégaient chaque face, ils ie replièrent d'eux-mêmes, découragés, désespérés, lans le fond du vallon, suivis à distance plutôt que )récisément refoulés par la cavalerie anglaise, ellenênie à bout de forces \
Ces grandes charges auraient pu réussir, mais à a condition d'être, dans l'instant même, soutenues 3ar de l'infanterie. Tandis que les batteries ennenies, dépassées par les cuirassiers, restaient muettes, es fantassins auraient gravi les pentes sans risque ai pertes, pris position au bord du plateau et abordé les carrés. Les Anglais auraient été contraints ou de soutenir dans une formation vicieuse le feu et les issauts de l'infanterie, ou de se déployer, ce qui 3Ût donné beau à la cavalerie. La division Bachelu et la brigade Jamin (division Foy) étaient depuis plusieurs heures à 1 300 mètres de la position alliée. Elles assistaient l'arme au bras à ce furieux combat; elles n'attendaient qu'un ordre pour aller seconder
1. Relation de Kellermann. Note du colonel Planzeaux. (Arch. Guerre.) Notes. de Stuers. Kennedy, H9. Journal du lieutenant Woodberry, 321. Lettres d'officiers du Royal Arlillery et des brigades Dcriibcrg et Ilalkelt. (Waterloo Letters, 100, 235, 328. 339, 342). Siborne, II. 82, 90-97.) Rapport dAllcn à Wellington, Bruxelles. 19 juin. Rapport de Somerset, 24 imn, [Dispalchcs of Wellington, StqjpL, X, oii,
la cavalerie. Ney les oublia. Ce fut seulement après l'échec de la quatrième charge qu'il s'avisa d'utiliser ces six mille baïonnettes. Les six régiments marchèrent par échelons en colonnes de division à demidistance. Il était trop tard. Les batteries les foudroyèrent, et l'infanterie anglo-alliée, qui avait étendu en arc de cercle son front vers Hougoumont, les cribla de feux convergents, « C'était une grêle de mort », dit Foy. En quelques instants, quinze cents hommes dont les généraux Foy, Bachelu, Campy et Jamin, furent tués ou blessés. On approcha tout de même l'ennemi à portée de pistolet, mais les brigades fraîches de Duplat et de William Halkett ayant dessiné un mouvement offensif (Duplat fut tué à ce moment), les colonnes tronçonnées par les boulets se mirent en retraite. En vain, le maréchal Ney les avait fait soutenir par quelques squelettes d'escadrons, notamment par les carabiniers. Dans ces charges partielles, qui se succédèrent presque jusqu'à la fin du combat, les cavaliers ne percèrent plus la ligne des batteries anglaises ^ Tout aux charges de cavalerie, Ney, dans le feu
1. Noies jourpalières de Foy cl lellre du môme à Guilleminot (comm. par le coml( Foy). Relation de Reille. (Arcli. Guerre.) Lellre de Baclielu (cilée par le vicomte d'Avoul, Carnet de la Sabretache, février 1905.) Waterloo Letters, 120, 128 193, 242,256, 305 etc. Kennedy, 124-125. Siborne, 11,84.
- Foy dit expresséiiienl : « Quand noire cavalerie fut rentrée, on nous donni: Tordre de gravir le plateau... Les 5' et 9« divisions n'ont été mises en mouvemen' que quand notre cavalerie commençait à se retirer. >> — Bachelu dit : « Ma divisioi qui n'avait pas été engagée ne fui mise en mouvement qu'après la grande cliarg de cavalerie. >> — Le lieutenant-colonel Davis, de la brigade Mailland, dit auss ^^Waterloo Letters, 256) : « Vers le soir, quand les attaques de cavalerie eurer été repoussées, l'infanterie s'avanoa contre nous, soutenue par de la cavalerie.
— Le capitaine Ecoles, du 95« rifles, dit de même {Waterloo Letters, 305) : « I y eut un temps d'arrôl entre les charges de cavalerie et la nouvelle attaque d'in fanlerie. »
L'oubli par Ney des six régiments disponibles de Reille confirme celle roniarqu de Nn|ioléon {Mcm., 182) ; « Ney, toujours le premier dans lo feu, oubliait le troupes qu'il u'avail pas sous les yeux. »