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LA LIGNE ANGLAISE ÉBRANLÉE

bataillon sur la sablonnière qu'abandonne de nouireau le 93® anglais. De ces deux positions, les îanonniers tirent à moins de 300 mètres, les tirailleurs à moins de 80, sur le centre môme de la ligne înnemie. Soutenus par ce feu qui fait brèche, les lébris des divisions Allix, Donzelot et Marcognet ïiontent des deux côtés de la ferme jusqu'au chemin i'Ohain. On se fusille à travers les haies, par-dessus es berges, on s'aborde à la baïonnette. Ompteda ivec les S*' et 8" bataillons de la Légion Germanique )père sur la grande route une contre-attaque qui réussit d'abord. Une balle le jette mortellement blessé à bas de son cheval. Le S'' bataillon allemand >e replie. Le 8% qui se trouve plus en avant, est îxterminé par un escadron de cuirassiers. Son drapeau est pris ; son chef, le colonel Schrader, est tué; rente hommes seulement échappent aux sabres \

Le centre gauche ennemi (brigades Kempt, Pack, Lambert, Best et Winke) tient ferme; mais, à l'ex- ;rôme gauche, les Nassaviens du prince de Saxe- Weimar se laissent, pour la seconde fois, débusquer le Papelotte par la division Durutle, et, au centre iroit, les Anglo-Alliés sont ébranlés, à bout de résistance. Les munitions s'épuisent, des pièces sont démontées, d'autres sans servants. Le prince d'Orange 3t le général Alten, blessés tous deux, quittent le îhamp de bataille ; les colonels Gordon et W. de Lancey, de l'état-major de Wellington, sont tués. Les brigades de cavalerie de Somerset et de Ponsonby sont réduites ensemble à deux escadrons ;

1. Rapport d'Allen, Bruxelles, 19 juin. (Dispatches of Wellington, Suppt., X, 534.) Lettre d'Alten au duc de Cambridge, Bruxelles, 2ûjuiu. (Papiers do Gourgaud.) Waterloo Letters, 128, 330, 390, 391, Kennedy, 124. Cotton, 103, 113-114. SIborue, II, 113-116. Souvenirs d'un ex-officier, 293.

la brigade Ompteda n'est plus qu'une poignée i d'hommes; la brigade Kielmansegge se replie der-j rière le village de Mont-Saint-Jean, la brigade Krusel recule. A l'arrière, les fuyards se multiplient. Le régiment des hussards Gumberland tout entier tourne bride, colonel en tête, et file au grand trot par la route de Bruxelles. Partout les rangs s'éclaircissent, les blessés étant nombreux et nombreux aussi les hommes qui s'éloignent sous prétexte de les porter j aux ambulances. Il y a du désordre même dans l'intrépide brigade Colin Halkett oii un bataillon se trouve commandé par un simple lieutenant. On envoie prudemment sur les derrières les drapeaux duSO-^et du73°\

« Le centre de la ligne était ouvert, dit un aide de camp du général Alten. Nous étions en péril. A aucun moment, l'issue de la bataille ne fut plus douteuse'. » Malgré son assurance accoutumée,! Wellington devenait anxieux. Il voyait bien les masses noires de Blûcher déborder le tlanc de l'armée française, mais lui-même restait sans sou^i tien. On l'entendit murmurer : « Il faut que la nuit ou les Prussiens arrivent ! » Déjà il avait

1. Rapport de Kempt, Genappe, 19 juin. Rapport de Lambert, Genappe 19 juin] Rapports d'Alton, Bruxelles, 19 et 22 juin et Rapport du prince d'Orange au ro.'j des Pays-Bas, Bruxelles, 22 juin. {Dispatches of Wellington, Supplementanj, Xij 533, 533, 537, 333, 559.) Waterloo Letters, 161, 179, 33u, 340. Lellres de Huge au roi de Wurtemberg, 19 et 25 juin. (Citée par Ptifter, Aus dem Laper der Ver bûndeten. 370, 390). Kennedy, 127. Muffling, Aus meinem Leben, 213. Cotton, 106 119, 120,123, 126-127. Siborne, II, 146, 152-133, 136. Capitaine Pringle, Remarqua sur la Campagne de 1815 (dans le tome IX de la Vie de Napoléon, par Waltei Scott, 049).

Le régiment des hussards Gumberland fut licencié, son colonel cassé.

2. Kennedy, 127. Cf. Hiigel (lettre du 19 juin au roi de Wurtemberg) : « Le feu commençait à devenir dangereux pour le duc. » — Pringle, 040 : « A cause des morts, des blessés et des fuyards, nos forces étaient bien diminuées, n — Cotton^ 120 : « Il semblait (|uc le combat était désespéré. » — Siborne, II, 121 : « Lîi situation était estrôraemcnl grave. »

LA LIGNE ANGLAISE EBRANLEE. à^à

dépêché vers Ohain plusieurs aides de camp pour presser la marche du corps de Zieten. Mais sa résolution ne faiblissait pas. Des officiers arrivaient de tous côtés pour lui exposer la situation désespérée où l'on se trouvait et lui demander de nouveaux ordres. Il répondait froidement : « — 11 n'y a pas d'autre ordre que de tenir jusqu'au dernier homme \ »

Le flottement et le léger recul de la ligne ennemie n'avaient pas échappé au maréchal Ney. Mais ses soldats étaient aussi épuisés que ceux de Wellington. Il eût suffi, il le sentit, de quelques troupes fraîches pour les ranimer, les entraîner et vaincre la dernière résistance des Anglais. Il envoya le colonel Heymès demander à l'empereur un peu d'infanterie. « — Des troupes ! s'écria Napoléon ! Oîi voulez-vous que j'en prenne? Voulez-vous que j'en fasse - ? «

L'empereur avait encore huit bataillons de la vieille garde et six bataillons de la moyenne garde. Si, à l'instant, il en eût donné la moitié au maréchal Ney, on peut croire, de l'aveu même de l'historien militaire anglais le mieux informé et le plus judicieux % que ce renfort aurait enfoncé le centre

1. Lettres du major Freemantle et du colonel Murray. (Waterloo Letters, 20- 21-22, 178.) Journal du lieutenant Woodberry, 313-314. Cotlon, A Voice from Waterloo, 125. Sibonie, II. Cf. Kennedy, 12S; von Ollech, Geschichte des Felzuges von 1815, 243; et colonel Frazer, Letters, 500.

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