Gourgaud, 100-101. Napoléon, Mém., ICO
'A. Le général Rogniat lui-même, toujours si hostile à l'empereur, dit : « Peut-être les bataillons de la garde eussent-ils réussi à soutenir la retraite '' » [Réponse' aux Notes critiques, il'). — Clausewitz [Der Feldzurj von ISI5) et York de Wartenbourg [Nnpoteuii nls Feldhrr) cnndaninpiit la résolution désespérée de Napoléon, mais ils sont loin d être al'lirmatils sur la possibilité d'une retraite. — Plus
l'assaut de MONT-SAINT-JEAN. 401
)péréo sans trop de pertes ni de confusion, à Tabri l'une digue formée incontinent au sommet du Dlateau de la Belle-Alliance avec tous les bataillons le la garde, quels lendemains elle préparait à Napoléon ! L'armée réduite d'un quart, peut-être de moitié (car le corps de Grouchy laissé isolé, menacé dans sa ligne de retraite, risquait une destruction complète), la frontière ouverte, la France découragée, le patriotisme abattu, la Chambre passant de l'hostilité sourde à la guerre déclarée, partout l'intrigue, l'abandon, la trahison. Plutôt que revivre l'agonie de 1814 mieux vaut faire un dernier elTort pour violer la Fortune rebelle.
L'approche du I" corps prussien n'eut d'autre effet sur l'empereur que de lui faire précipiter son attaque. Six bataillons de la garde étaient seuls arrivés encore dans les fonds de la Haye-Sainte. L'empereur en posta un (le 2® du 3^ grenadiers, commandé par le lieutenant-colonel Belcourt) sur un petit mamelon, à mi-chemin de cette ferme et de Hougoumont ; et, apercevant Ney qui se
justement, Ch. Malo et Arthur Chuquet ont dit : celui-là {Précis de la campagne de ISI5) : « Quel autre parti aurait pu prendre Napoléon? » celui-ci {Bévue critique, 25 oct. 1880) : « L'empereur n'avait plus d'autre parti à prendre. Il fallait, comme, disent les Allemands, den grossen Trunipf ausspielen. »
Note de la 51° édition :
Le colonel Grouard {Critique de la Camp, de t8i5, 198-199) croit que Napoléon pouvait encore sauver son armée et le blâme de ne s'être pas mis immédiatement en retraite. D'autre part, le général von Lettow-Vorbeck (Napoléons [Intergang, 434) pense comme moi que l'empereur prit le parti qu'il devait prendre. « La résolution, dit-il, de chercher la victoire par un grand efTorl, dans des circonstances presque désespérées, est digne du passé du grand capitaine. »
trouvait toujours partout où il y avait la mort à affronter, il lui remit le commandement des cinq autres pour donner l'assaut au centre droit anglaise En môme temps, il fit tenir Tordre aux batteries d'accélérer leur feu, à d'Erlon, à Heille et aux commandants des corps de cavalerie de seconder sur leur front respectif le mouvement de la garde. Le bruit que les Prussiens débouchaient d'Oliain pouvait se répandre. L'empereur voulut prévenir cette alarme. Il chargea La Bédoyèie et ses officiers d'ordonnance de parcourir la ligne de bataille en annonçant partout l'arrivée du maréchal Grouchy-. Ney a dit qu'il fut indigné de ce stratagème. Comme si Napoléon avait le choix des moyens ! Ce qui est certain, c'est que, à cette fausse nouvelle, la confiance revint et l'enthousiasme se ralluma. Les troupes reformèrent leurs rangs en criant : Vive l'empereur ! Des blessés se redressaient pour acclamer au passage les colonnes en marche. Un soldat à trois chevrons, un vieux de Marengo, assis, les jambes broyées par un boulet, contre un remblai de la route, répétait d'une voix haute et ferme : « — Ce
1. Lettre de Ney au duc d'Olrante, 20 juin. (Journal des Débats, 29 juin.) Relation du général Petit. (Collection Morrison de Londres.) Drouot, Discours à la Chambre des Pairs. [Moniteur, 2i juin.) Gourgaud, 101. NapoK'on. Mém., 100.
Le général Petit précise bien qu'il y eut seulement cinc| bataillons qui marchèrent au plateau, tous appartenant à la moyeni)e garde : le 1" du 3» grenadiers, — le bataillon unique du 4» grenadiers, — les deux bataillons du Z" chasseurs, — le 4" chasseurs, réduit à un seul bataillon par suite des pertes subies à IJgny. Ney dit qu"il mena à l'ennemi quatre régiments. Cela est également exact ; mais, de ces quatre réginionls, deux étaient à un seul bataillon, et un bataillon était détaché. Reslaient donc cinq bataillons sous le commandement de Ney.
C'est tout à fait à tort, et dans une intention facile à comprendre, que les au.eurs anglais prétendent qu'il y avait à l'attaque huit et même douze bataillons de la garde.
2. Lettre de Ney au duc d'Otranlc, 20 juin. Gourgaud, 101. Napoléon, i)/én., 160. Notes do Baudus, (comm. par M. de Montenon).