L ASSAUT DE M ONT- SAINT- J E AN
»e général Porret de Morvan commande le bataillon
u 3« grenadiers; le général Harlet, le bataillon du
® grenadiers ; le général Michel, le 1" bataillon
u 3° chasseurs ; le général Mallet, un fidèle de
île d'Elbe, le 2* bataillon; le général Hanrion, le
* chasseurs. Ney roule à terre avec son cheval, le
inquième tué sous lui. Il se dégage, se relève et
tiarche à pied, l'épée au clair. L'artillerie anglaise,
isposée en arc de cercle depuis la route de Bruxelles
usqu'aux hauteurs voisines de Hougoumont, car,
le convexe, le front de l'aile droite ennemie est
evenu concave, tire à double charge de mitraille
partir de deux cents mètres. La garde est battue
le face et d'écharpe. Chaque volée y fait brèche.
Les grenadiers serrent les files, rétrécissent les
:arrés, et continuent à monter du même pas en
triant : Vive l'empereur^ !
Le 1" bataillon du 3" grenadiers (échelon de Iroite) culbute un corps de Brunswick, s'empare Jes batteries Cleeves et Lloyd qu'abandonnent es canonniers, et, par une légère conversion, il se dirige vers la gauche de la brigade Halkett. Les 30^ et 73^ anglais reculent en désordre. Priant, blessé d'un coup de feu, quitte le champ de bataille en croyant à la victoire. Mais le général hollandais Chassé, un des héros d'Arcis-sur-Aube (il servait alors dans les rangs français!), fait avancer à la droite des 30^ et 73^ la batterie van der Smissen, dont le feu écharpe les assaillants. Puis il porte
1. Lettres d'officiers du Royal Artillery et des brigades Adam, Maitland et Halkett. [Waterloo Letters, 187, 194, 223. 2-27. 232. 237, 244, 254, 257, 292, 330.- S'iî.) Lettre de Ney au duc d'Olraiile. Relation du général Petit. Journal de Mac- Worlli, de l'otat-major de lord HilL (Citée par Sidney, Life of lord Hill, 309.) W. Gomm, Letters, 301.
délibérément à la gauche des deux régiment anglais la brigade Ditmer, forte de 3 000 hommes] la lance à la baïonnette contre le faible carré! le rompt, le disloque, l'écrase sous la masse en rejette les débris au bas des rampes ^
Le bataillon du 4^ grenadiers (second échelon) s'est engagé pendant ce temps contre la droite de la brigade Halkett. Sous la mitraille de deux pièces de Duchand et la fusillade des grenadiers, les débris des 33^ et 69" régiments fléchissent. Le général Halkett saisit le drapeau du 33% s'arrête en l'agitant et, par son exemple, retient ses hommes. « Voyez le général ! crie-t-on, il est entre deux feux ! il ne peut échapper ! » En effet il tombe grièvement blessé. Mais les Anglais sont ralliés, ils font ferme. Un vieux soldat dit en mordant
1 . Sur le refoulement des Brunswickois et la prise des batteries : Lettres du colonel Ta\ lor et du capitaine Mac-Ready. [ Waterloo Letters, 172, 330, 332.) Relation du général Petit. Van Lohen, 2'iG-2'97. Damilz, II, 288.
Sur l'attaque contre la gauche de Halkelt et le désarroi des 30° et 73" : la note des Waterloo Letters, 3I0, les lettres du major Luard, du colonel G;n\ler, du colonel Kelly et du capilaine Mac-Ready {Waterloo Letters, 121, 291, 330-331, 341.) — Après avoir parlé du fléchissement des 30" et 73", Mac-Ready dit : « Je vous prie de tenir cela secret. » Mac-Ready ajoute : « Les morts et les blessés qui i-estèrent devant nous appartenaient à la moyenne garde. » (Lians la Relation précitée de VUiiited Service Gazelle, il est dit aussi que tous les morls couchés devant le front de la brigade Halkett étaient des grenadiers de la garde.) — Le major Luard dit : « Je crus un instant l'infanterie repoussée. La colline me sembla au moment d'ètro emportée par l'ennemi. »
Sur l'action de la batterie van der Smissen et la charge de la brigade Ditmer : Lettre de Chassé à lord Hill et réponse de lord Hill, 5 et 11 juillet 1815 (citées dans la Relation belge de la bataille de Waterloo, 9, 11), la Relalion précitée de VUniled Service Gazette, et les lettres du colonel Taylor, du lieutenant Andersen et du capitaine Mac-Ready. {Waterloo Letters, 172,330, 338.) — Anderson rapporte qu'il y avait un corps étranger derrière la gauche de Halkelt, et Mac-Rcady dit que la garde impériale qui attaquait l'infanterie de Halkelt disparut subitement. Le corps étranger élail la brigade belge Ditmer, et si la garde disparut soudain, c'est qu'elle fui refoulée par « ce corps étranger ».
Les historiens anglais, qui voudraient faire croire que l'armée anglaise a gagné la bataille à elle seule, ne font aucune mention de la charge dos Belges. Ils s'efforcent môme d'établir une confusion entre la 2" brigade de Chassé (d'Aubremé), laquelle, bien que placée en seconde ligne, fut au moment de làclier pied {Walei'loo Letters, 104, 108, 118), et sa 1"^ brigade (Ditmer), qui repoussa les grenadiers.
[/assaut de MONT-SAINT-JEAN. 40Ô
>a cartouche : « — C'est à qui tuera le plus ongtemps \ »
Les 1" et 2" bataillons du 3* chasseurs (troiiicme échelon) atteignent presque la crête sans 'encontrer aucune infanterie. Us marchent vers e chemin d'Ohain, éloigné d'eux à peine d'une Dortée de pistolet. Soudain, à vingt pas, se dresse un nur rouge. C'est la brigade des gardes de Maitland, •angée sur quadruple profondeur. Ces hommes ittendaient, couchés dans les blés. Au commandenent : « — Up, guards, and at them! Debout, rardes, et à eux! » ils se sont relevés comme mus Dar un ressort. Ils mettent en joue, ils tirent. Leur Dremière décharge fauche 300 hommes, près de la îioitié des deux bataillons déjà décimés par l'artille- •ie. Le général Michel tombe frappé à mort. Les F'rançais s'arrêtent, leurs rangs rompus, leur marche )bstruée par les mourants et les blessés. Au lieu de es lancer instantanément à la baïonnette sans s"injuiéter du désordre où ils se trouvent, les officiers s'elforcent de les former en ligne pour répondre au 'eu par le feu". La confusion augmente. Le déploiement s'opère mal et à grande perte de temps. Peniant dix minutes, les chasseurs restent sur place îous les balles des gardes de Maitland et sous la mitraille des batteries Bolton et Ramsay qui les prennent en écharpe. Wellington voit enfin la
1. The Sth Brigade at Waterloo. {United Service Gazette, octobre 1843.) [.ettres du lieutenant Gawler et du colonel Kelly. (Waterloo Letters, 201, 340). I«ltoii, 123, 134, l-i6. Cf. la lettre, pleine de réticences, du lieutenant Anderson .
Waterloo Letters, 338.)
2. « Il faut croire que si nous avions abordi^ l'ennemi en nous faisant couvrir par >es tirailleurs, et que derrière eux nous eussions marché avec rapidité et la baïonaelte en avaul, notre attaque aurait réussi. » Lettre de Prax, adjudant-major au {'chasseurs de la garde. (Citée par le vicomte d'Avout, Carnet de la Sabretache, Eévrier 1903.) [Note de la 51= édition.]
garde fléchir ; il commande de charger. « — En avant ! mes garçons, crie le colonel Saltoun, c'est le moment ! » Les Anglais courent tête baissée sur cette poignée de soldats, les enfoncent et descendent confondus avec eux dans un furieux corps-à-corps jusque près du verger d'Hougoumont. « Les combattants étaient si mêlés, dit un officier de la batterie Bolton, que nous dûmes cesser de tirera »
Aux commandements précipités de leurs chefs, les Anglais font brusquement halte. Le bataillon du 4" chasseurs (échelon de gauche) s'approche pour dégager les débris du 3* chasseurs, ainsi que ceux du 4^ grenadiers qui se sont également mis en retraite. Sans attendre le choc, les soldats de Maitland lâchent pied en désordre et remontent sur leurs positions aussi vite au moins qu'ils en sont descendus. Chasseurs et grenadiers les suivent de près, gravissant la côte sous les volées de mitraille. Ils franchissent le chemin d'Ohain lorsque la brigade Adam (52% 71^ et Qo" régiments), qui s'est vivement portée en potence sur leur flanc gauche, les écharpe par des feux de quatre rangs. Les gardes de Maitland font demi-tour et, tant bien que mal reformés, recommencent à tirer de concert avec la brigade Colin Halkett tandis que les Hanovriens de William Halkett débouchent des haies d'Hougoumont et fusillent les Français par derrière. De tous côtés, les balles arrivent en grappes. Mallet est grièvement blessé. Un bataillon se déploie face à Maitland ; ce
1. Lettres d'officiers des brigades Maitland et Halkett et du Royal Artillery. [Waterloo Letlers, 2i3, 225, 227. 228, 220. 237, 242, 244. 254, 257, 319.) Kennedy, 142. Relation du gcuéral Petit. Melalion de l'Ambigu, de Londres, tome LU, 430', Lettre de Hiigel au roi de Wurtemberg, Lruxclies, 19 juin (cit. par Plifler, Aus dem Lager der Verbundelen, 37u). W. (jonini, Leilcrs, S'Z.