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POURSUITE DE LA CAVALERIE PRUSSIENNE

indes de fuyards qui tombant de fatigue s'arrêient dans les boqueteaux, les plis de terrains, les rmes, les hameaux, y étaient vite relancés par la ivalerie. Les Prussiens firent tour à tour lever neuf vouacs. Des blessés se tuèrent pour ne pas tomber vants entre les mains de lennemi. Un officier de lirassiers, se voyant cerné par des uhlans, s écria : — Ils n'auront ni mon cheval, ni moi. » Et froideent il abattit son cheval d'une balle dans l'oreille ; se brûla la cervelle avec son second pistolet \ Presque toute l'infanterie de Bûlow s'étant arrêtée Genappe et les corps de Zieten et de Pirch n'ayant Dint dépassé le Caillou ", Gneisenau n'avait plus avec li que les dragons et les uhlans du général de Rôder, Q bataillon du 1*'' poméranien et un bataillon du j*" régiment'. Chose en vérité incroyable, c'était evant quatre mille Prussiens que fuyaient trente à uarante mille Français ! Si quelques centaines de Dldats, dominant leur terreur et redevenus maîtres 'eux-mêmes, s'étaient reformés pour faire tête, leur §sistance eût mis fin à cette lamentable poursuite. ,es cavaliers prussiens qui sabraient surtout les ivards éperdus se laissaient, il semble, aisément nposer, puisque pour défendre les drapeaux, il iifUt d'une poignée d'hommes résolus marchant roupés autour de l'aigle de chaque régiment. L'enlemi ramassa sur le champ de bataille et sur la

1. Rapport de Gneisenau. Note précitée d'un officier prussien prisonnier. Belat. de t bataille de Mont-Saint-Jean, 89-90, 94. Rapport du colonel de Eelliua à avout. 23 juin. (Arcli. Guerre.) Damilz, II, 298. Mauduit, il, 472. Fleury de liaboulon, il. 182.

2. Sauf la division Tippelskirch (corps Pirch), qui avait suivi Bulow jusiiu'à ienappe, et la cavalerie do Hôder (corps Zieten; qu'emmena Gneisenau.

3. Von Ollech, 234. Cf. Damitz, 11, 20T-298. — La cavalerie du prince Guillaume le rejoignit Gneisenau que le 19 de grand matin.

chaussée plus de deux cents canons abandonnés * et un millier de voitures ; pendant la déroute, il ne prit pas un drapeau ".

Si endurci, si insensible que le soldat, par habitude et grâce d'état, soit aux spectacles de la mort, les fugitifs en passant aux Quatre-Bras furent saisis d'horreur. Les hommes tués dans le combat du 16 juin n'avaient pas été enterrés. Trois à quatre mille cadavres, complètement nus, les paysans belges leur ayant enlevé même la chemise, couvraient tout le terrain entre la route et le bois de Bossu. C'était l'aspect d'une immense morgue. Tour à tour éclairés par la lune et noyés d'ombre par le voile des nuages, les morts, dans ces rapides mouvements de lumière, semblaient remuer leurs corps roidis et contracter leurs faces d'une pâleur de • cendre. « Nous croyions voir des spectres qui nous demandaient la sépulture », dit un grenadier de la garde. Plus bas, des soldats étanchèrent leur soif au ruisseau de Gémioncourt qui, rendu torrent par l'orage de l'avant- veille, charriait des cadavres ^

De moins en moins nombreux, de plus en plus las, mais toujours aussi ardents, les Prussiens con-

1. « J'ai, je crois, cent cin(|uanle pièces de canon, et Bliiclier me dit qu'il en a ramassé soixante en plus. » Wellington â lady Webster, Bruxelles, 19 juin {Bispalclœs, SiippL, X, S31). - Un état, signé Wood, porte 122 pièces et 344 chariots, caissons, etc., pris à l'ennemi sur le champ de bataille môme. {Dispatches, Suppl, X, 547.) Wagner |1V, 85) dit : 250 pièces de canon. Du reste, toute l'artillerie fut perdue, sauf peut-être trois ou quatre batteries.

2. On lit dans Charras (II, 91-92) un paragraphe à effet sur la défense des drapeaux : mais je n'ai point trouvé de documents authentiques conlirmanl ces détails. Ce qui est hors de doute, c'est que les Prussiens ne prirent point de drapeaux. Les seules aigles perdues par l'armée française, celles du 4o<^ et du iùo'', furent enlevées par la cavalerie anglaise, vers deux lieurcs et demie, dans la débandade du corps d'Erlon. (1815, 11, 356. note i.)

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