RETRAITE DE GROUCHY
feavette, le corps de Vandamme se replia à Wavre, y resta en position assez tard et se remit en marche. La tête de la colonne (division Habert) s'arrêta àGembloux vers neuf heures du soir. La division Berthezène, qui venait la dernière, n'y arriva que vers onze heures \ Pajol, chargé de faire l'arrière-garde avec la cavalerie du général Soult et l'infatigable division Teste, imposa à Thielmann en le suivant jusque près de Saint-Achtenrode où celui-ci prit position. Puis, quand les dernières troupes de Vandamme eurent repassé les ponts de ^Yavre, Pajol se mit lui-même en retraite, gagna Gembloux par Sauvenière et s'y établit dans la nuit-.
Cette hasardeuse retraite s'opéra avec quelque désordre^; mais on n'eut pas à tirer un coup de fusil. C'est très tard seulement que Thielmann, trompé par la feinte poursuite de Pajol, reconnut que l'armée de Grouchy décampait. Quant au ir corps prussien, s'il avait atteint Mellery dès midi, il y était arrivé dans le pire état de fatigue, car il n'avait pour ainsi dire pas cessé de marcher depuis vingtquatre heures. En outre, il semble bien que Pirch ne se sentait pas en forces pour agir seul. Il était
le Rapport de Hulot à Gérard : « J'arrivai à Gemblouï, vers neuf heures du soir et je suivis les Jeux autres divisions sur la roule de Temploux . »
1. Rapport de Grouchy à l'erapercur. 20 juin. (Arch. Guerre.) Relat. succ.ih. Faiilin des Odoards, Journal, 436. Bcrfliczène, Souv., 11, 398.
Berthezène dit que le 3" corps (il entend sa division) ne quilla Wavre qu'au coucher du soleil. C'eût été conforme aux instructions de Grouchy : « ... Le général Vandamme fait garder Wavre jusqu'à dix lieures du soir. » (Lettre précitée de Grouchy à Vichery). Mais il est probable que même la division Berthezène quitta Wavre vers six ou sept heures. Aulremeut, celle division n'eiit pu atteindre Gembloux (2ù kilomètres de Wavre) à on:e heures.
2. Pajol, III, 241. Cf. Grouchy à Teste, Temploux, 20 juin (Arch. Guerre.)
3. Grouchy à Vichery, Nil-Pierreux, 19 juin. (Arch. Guerre) : « Le désordre qui règne en ce moment dans la marche rend nécessaire que vous preniez position quelques instants à La Bai'aquc avec votre co-rièrc-garde. »
sans nouvelles de Thielmann dont il attendait le concours. Il ne voulut pas ou ne crut pas pouvoir mener plus loin, ce jour-là, ses soldats harassés \
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Le lendemain, 20 juin, Pajol et Teste quittèrei Gembloux de bon malin, d'après les ordres de Grouchy, et s'acheminèrent par Saint-Denis et Saint- Marc sur Namur -. Vers neuf heures ou dix heures, Grouchy dirigea également sur Namur le 4^ corps, qui ramenait tous les blessés et le parc de réserve. Le maréchal comptait faire traverser la ville à ce corps d'armée tandis que le corps de Vandamme resterait en position, en travers du chemin de Gembloux, jusque passé midi pour couvrir le mouvements Les choses n'allèrent pas sans encombre. Au moment où la tète du 4° corps quittait Temploux, on entendit à une lieue vers le nord une assez vive canonnade \ Le corps de Vandamme qui s'était mis en marche sur Namur par Argenton et Rhisnes ^ découvrant le
1. C. deW. (Muniing)/r/«f., 41-12. Wagner, IV, 09-100. DamiU, II, 336-337. Von Ollecli, 263, 264. — Pirch envoya, parait-il, vers Monl-Saint-Guibert, une reconnaissance de cavalerie qui trouva le défilé occupe par les Français. Celle reconnaissance dut être efTecluéfe seulement vers quatre heures. Los éclaireurs prussiens rencontrèrent la cavalerie de Vallin qui flanquait la droite du 4o corps.
2. Grouchy à Teste, Temploux, 20 juin. (Arcli. Guerre.) Pajol, Pajol, général en chef, III, 242-243. — Dans l'ordre de Grouchy, il faut lire Gembloux et non Templouï.
3. Cf. Grouchy à Vandamme, Temploux, 20 Juin. Rapport de Grouchy à Tempcreur, Dinanl, 20 juin, minuit 1/2. (Arch. Guerre), et lîelat. succincte, 46.
4. Rapport do Hulot à Gérard (comm. par le baron Hulot). Cf. Grouchy, Hctal, succincte, 46.
b. Les documents ne concordent pas sur le point d'où la colonne de Vandamme se mit en marche vers Namur le matin du 20 juin. Selon Grouchy (Rapport à l'empereur, Dinanl, 20 juin, et Helal. suce, 4.), 47), le 3» corps avait passé la nuit i 6 kilomètres de Namur (soit, vraisemblablement, a Rhisnes), et Vandamme avai! quitté ses troupes pour aller coucher à Namur. — Selon Berlhezène {Souv., II, 398