Colonel Frazer, Letlers
mise, le matin, en suivant servilement les traces des Prussiens, il aurait pu la réparer à onze heures et demie en marchant au canon selon le conseil de Gérard. A cette heure-là, Exelmans avait trois brigades de dragons entre Corbais et La Baraque et une brigade à la ferme de La Plaquerie (1 500 mètres d'Ottignies) ; le corps de Vandamme était arrêté à Nil-Saint-Vincent; le corps de Gérard arrivait à Walhain; Pajol avec sa cavalerie et la division Teste marchaient de Grand-Leez sur Tourinnes. Il fallait pousser Exelmans jusqu'aux bois de la Huzelle, — plus loin vers Wavre, s'il le pouvait faire sans se compromettre, — de façon à inquiéter l'ennemi et à lui masquer le mouvement de l'armée; diriger Vandamme sur Otlignies par Mont-Saint- Guibert, et Gérard sur Mousty par Cour-Saint- Etienne; enfin rappeler Pajol, qui serait venu former l'arrière-garde. Mise en route à midi, la tête de colonne de Vandamme aurait pu atteindre le pont d'Ottignies (10 kilomètres de Nil-Saint-Vincent) vers deux heures et demie, tandis que la tête de colonne de Gérard, partie un quart d'heure plus tôt, aurait pu arriver au pont de Mousty (13 kilomètres de Walhain) vers trois heures et quart. Le passage de la Dyle par les deux ponts aurait causé une perte de temps d'une heure et demie. Ainsi Vandamme se serait trouvé sur la rive gauche de cette rivière vers quatre heures et Gérard vers quatre heures trois quarts. La Dyle traversée, les troupes devant désormais cheminer sur une seule route, Vandamme aurait pris la tête, et sa première division fût arrivée à Maransart (8 kilomètres d'Ottignies, par Géroux), vers six heures.
Pour cela, sans doute, les troupes auraient dû mar-
cher, pendant ce trajet de 18 kilomètres, au train moyen de quatre kilomètres à l'heure. Nonobstant les mauvaises traverses, les chemins embourbés, tous d'ailleurs jusqu'à la Dyle en pente vers cette rivière cette allure était possible \ surtout si l'on songe qu'î chaque pas on eiit entendu la canonnade plus proche
1. Théoriquement, la vitesse de marche d'une colonne des trois armes est de 4 kilo mètres à l'heure, y compris la halte horaire. Mais, dans la pratique, on fait gêné ralement moins de chemin et quelquefois davantage, selon 1 élat des routes, la ion gueur totale de l'étape, le degré de la température, l'eutraïuemcut physique et mora des troupes.
En 1796, la division Masséna, après avoir opéré une marche de nuit du 13 a\ 14 janvier et combattu tout le jour à Rivoli, se remit en route le même soir e fit, le lendemain, 41 kilomètres en huit heures. Le 30 novembre 1805, avant-veilli d'Austerlitz, la division Frianl fit -li kilomètres en dix-huit heures. Du 21 22 avril 1S09, la brigade wurtenibergeoise de Vandamme, qui avait déjà fait plu de huit lieues dans la journée, effectua en six heures une marche de nuit de 26 kilo mètres. Après la bataille de Talavera, la division Crawford fit 100 kilomètre (62 milles anglais) en vingt-six heures. Le 29 mars 1811, la vieille garde, en mar che de Doulevenl sur Troyes, fit 70 kilomètres en seize heures.
Je pourrais multiplier ces exemples. Mais je veux surtout fixer rallenlion su deux marches dont la comparaison s'impose ici. L'une est la marche des troupes ' mômes de Grouchy, le 19 juin ; l'autre est un mouvement analogue à celui que Grouchy aurait dû opérer le 18 juin, et qu'exécuta avec un grand succès, en 1870, le général de Voigls-Rhclz, commandant le tO" corps prussien.
Le 19 juin 1815, comme je l'ai rapporté précédemment, les corps de Gérard et de Vandamme se trouvaient à midi en ligne entre Rosieren et la Bavette : le premier avait marché et combattu depuis trois heures du malin, l'aulre depuis sept heures. A midi, le corps de Gérard se mil en retraite par le pont de Limale, la Baraque, Corbais et Gembloux, sur Temploux où la télé de colonne arriva vers neuf heures du soir. 11 nt donc 36 kiloraèlres en neuf heures, ce qui est autrement difficile que d'eu faire 18 en ciitq heures.
Le 16 août 1870, le général de Voigts-Rlielz marchait avec le 10= corps prussien, de Font-à-Mousson ])ar Thiaucourt sur Sainl-Ililaire. Vers Thiaucourt, il entendit le canon de Rézouville. Loin d'imiter l'exemple de Grouchy, il commanda tàto de colonne à droite, pour porter ses troupes sur le lieu du combat. La 20' division (Kraatz), qui marchait la première, partit de Thiaucourt à on:e heures et demie avec deux batteries. Elle prit par Chambley, et, dès trois heures et demie, elle s'engagea dans les bois de Tronville contre les Français jusqu'alors victorieux. Or, de Thiaucourt an bois de Tronville, il y a plus de 20 kilomètres.. En quatre heures la division Kraatz (forte de douze bataillons), avait donc fait cimj lieues, après en avoir fait quatre dans la matinée (de Ponl-à-Mousson à Thiaucourt).
Sur ce mouvement du 10" corps prussien, en tout point semblable à celui qu'aurait dû faire Grouchy, la Retalion du Grand Etat-Major prussien dit (1, 570) : « En raison de l'évidente supériorité numérique des Français, la situation était très critique quand la 20" division apparut sur le champ de bataille. >> Et M. Alfred Duquel {les Grandes Butnilles de Metz, 154) conclut : « On peut dire que, ce jour-là, le général de Voigts-Khct^ sauva l'armée prussienne. »
ei plus intense. Quel facteur moral pour des soldats de 1815, aller secourir l'empereur et combattre sous ! ses ordres et sous ses yeux !
Voyons maintenant si, comme l'ont prétendu Charras et d'autres, les Prussiens auraient pu entraver ce mouvement. A onze heures et demie, Bûlow se trouvait à Chapelle-Saint-Lambert avec sa cavalerie et une division ; ses trois autres divisions étaient en marche pour l'y rejoindre. Le corps de Pirch V\ bivouaqué à Aizemont, commençait à peine de passer le pont de Wavre ; le corps de Zieten, bivouaqué à Bierges, allait se mettre en mouvement vers Ohain par Fromont. Le corps de Thielmann, destiné à rester le dernier en position au bord de la Dyle, était concentré entre Wavre et la Bavette. Ledebur, enfin, avec son détachement, occupait Mont-Saint-Guibert où il se tenait fort tranquille, sans se douter le moins du monde qu'il fût débordé sur sa gauche.
Si Grouchy avait marché sur Ottignies et Maransart au lieu de marcher sur Wavre, les choses, du côté des Prussiens, se seraient passées, du moins jusqu'à trois heures, exactement comme elles eurent lieu. Entre une heure et deux heures, Ledebur se fût frayé passage à travers la cavalerie d'Exelmans ; à deux heures, les divisions Brauze et Langen (corps de Pirch), entendant le combat engagé au bois de la Huzelle entre les tirailleurs de Ledebur et les dragons d'Exelmans, qui avaient deux batteries, auraient marché dans la direction de ce bois, et Thielmann eût différé son départ jusqu'à l'issue du combat. Vers trois heures, il est vrai, l'ennemi aurait reconnu que l'attaque d'Exelmans, non soutenue par de l'infanterie, n'était qu'une démonstration. Les Prussiens auraient alors repris le mouve-
ment prescrit. Le second échelon de Pirch (divisions Brauze et Langen) aurait passé le pont de Wavre et se serait dirigé sur Chapelle-Saint-Lambert. Thielmann eût laissé seulement quelques bataillons àjj Wavre, et il se fût préparé à marcher sur Couture avec le gros de ses troupes. Mais pour se porter de la Bavette dans la direction de Coulure, il aurait dû attendre le défilé des divisions Brauze et Langen et de la cavalerie de Solir, lesquelles, on l'a vu, durent attendre le défilé de tout le corps de Zieten, qui avait dû laisser passer devant lui la queue du corps de Bûlow et les divisions de tête du corps de Pirch. L'état-major prussien avait si mal conçu la disposition de marche que l'entre-croisement des différentes colonnes était inévitable. La colonne principale (Bûlow et Pirch P""), en marche de Dion-le-Mont et d'Aisemont par Wavre sur Chapelle-Saint- Lambert, devait intercepter la route au corps de Zieten se portant de Bierges sur Ohain par Fromont, et au corps de Thielmann qui avait l'ordre de se diriger de. la Bavette sur Couture.
Dans ces conditions, Thielmann se serait mis en mouvement au plus tôt à quatre heures. De La Bavette à Maransart, en passant à l'est de Couture il y a 14 500 mètres. Le IIP corps prussien, môme marchant au pas de 4 kilomètres à l'heure, n'aurait donc pu guère arriver à Maransart avant huit heures, beaucoup trop tard, par conséquent, pour arrêter Grouchy. A ce moment-là, Bûlow, pris de flanc par les troupes de Grouchy tandis qu'il luttait contre Lobau et la jeune garde, eût été déjà refoulé au delà du bois de Paris sinon, peut-être, exterminé dans la vallée de la Lasne.
Grouchy agit en aveugle, mais Napoléon ne fit
rien pour l'éclairer. Bien que prévenu le soir du 17 juin, par Milhaud, de la retraite d^une colonne ennemie vers la Dyle ; bien qu'instruit dans la nuit, par une dépêche de Grouchy, de la marche d'au moins un corps prussien vers Wavre ; bien que mis en garde, le matin du 18 juin, par le prince Jérôme, contre une jonction probable des deux armées ennemies aux débouchés de la forêt de Soignes, c'est seulement à une heure après midi, quand la bataille était engagée, que l'empereur fit expédier à Grouchy l'ordre formel et précis de couvrir sa droite. Sans doute, il avait cru jusqu'alors, il croyait môme encore que le maréchal manœuvrait pour remplir ce grand objet; sans doute, la lettre de Grouchy oii il était dit : « Je suivrai les Prussiens afin de les séparer de Wellington » avait fortifié cette opinion. Mais fallait-il avoir tant de confiance en Grouchy ? N'était-il pas bien hasardeux de s'en reposer pour la sûreté de son flanc droit, avec un adversaire aussi hardi que Bliicher, sur l'intelligence stratégique, l'initiative et la résolution d'un chef qui n'avait jamais exercé un commandement si important? « Si j'avais eu Suchet au lieu de Grouchy, dit Napoléon, à Sainte-Hélène, je n'aurais pas perdu la bataille de Waterloo ^ » C'est bien possible, mais il faut dire aussi que Grouchy aurait sans doute mieux manœuvré si l'empereur lui avait plus tôt renouvelé ses instructions, et en les précisant mieux qu'il ne l'avait fait la première fois.
1. Gourgaud. Journal de Sainte-Hélène, II, 424. (Conversation du 25 décembre 1817.) — Le 25 février, l'empereur avait exprimé la mdme opinion {Journal de Sainte-Hélène, I, 502) : « J'aurais dû confier à Suchet le commandement que j'ai douné à Grouchy. Il fallait avoir là plus d'élan que Grouchy qui n'était plus bon qu'à exécuter une belle charge de cavalerie, tandis que Suchet a plus de feu et connaît mieux ma manière de laire la guerre. »
A Waterloo, Napoléon voulait engager l'action d( bon matin; ses ordres en témoignent. Si la bataill( avait commencé vers six ou sept heures, la grosse faute stratégique de Grouchy et la négligence d< l'empereur à lui réitérer ses ordres n'auraient poin eu de conséquences, car l'armée anglaise eût été cul butée avant l'arrivée des Prussiens ^ Le corps de Lobau, la jeune garde, la cavalerie de Domon et de Subervie, que l'empereur employa contre Biilow, e la vieille garde elle-même, qu'inquiet pour sa droite il conserva en réserve jusqu'au dernier moment, eussent certainement, en appuyant les autres troupes, déterminé vers midi ou une heure, auparavant peut-être, la retraite de Wellington.
L'état du terrain, ou, si l'on veut chicaner, h fausse appréciation de l'état du terrain par Drouoi et les officiers d'artillerie, obligea l'empereur à modifier ses ordres. L'attaque fut remise de six ou sept heures à neuf heures, puis différée derechef, les
1. Clausewitz suppose tout ù fait gratuitement que si la bataille avait com mencé plus tôt, les Prussiens auraient aussi attaqué plus tôt. Il oublie que, jusqu'à midi. Biilow avait seulement à Chapelle-Saint-Lambert, où il était arrivé, de sa personne, vers dix heures, la cavalerie du prince Guillaume et la division Loslhin, en tout lû 000 sabres et fusils, et qu'il était séparé du champ de bataille parla Lasne et 7 kilomètres des pires chemins. 11 est bien difficile de crçire qu'il se fût aventuré à secourir les .\nglais au risque presque certain d'être entraîné dans leur déroute. Les généraux prussiens étaient ardents, mais circonspects On a vu que Blucher hésita une heure avant de s'engager dans les défilés de la Lasne, et qu'il se démasqua seulement à quatre heures et demie. On a vu aussi que Zieten, à six heures et demie, refusa ncllcmenl à l'aide de camp de Wellington de marcher sur Papclotte tant que le gros de son corps d'armée n'aurait pas serré sur son avant-garde ; qu'il rebroussa même chemin, craignant de se compromettre, et qu'il fallut les représentations et les prières de Mûffling, accouru au galop, pour le déterminer à revenir sur ses pas. Il n'est pas douteux que Biilow ne se fût montré aussi prudent que Zieten. En tout cas, son intervention eût été trop tardife.
itroupes n'étant point encore sur leurs positions. Ce retardement sauva l'armée anglaise.
Une attaque contre la gauche de l'ennemi, très faible et en l'air, ou môme contre sa droite, ce qui eût permis un vaste déploiement, eût été plus aisée et moins meurtrière que l'assaut au centre, cela est certain. Mais Napoléon, manœuvrant entre deux armées, se trouvait entre les deux mâchoires d'un élau. Il ne suffisait pas d'éloigner l'une d'elles pour un jour ou deux, comme il l'avait fait à Ligny : il fallait la briser. Pour cela, l'empereur devait percer le centre de l'armée anglaise '■ et en écraser les ailes rompues. « Napoléon, disait Wellington, m'a attaqué à la vieille manière, et je l'ai repoussé à la vieille manière. » En raison des circonstances et malgré la position très resserrée de l'ennemi, « la vieille manière » était pour l'empereur la meilleure à employer.
Mais combien de méprises, de négligences, de fautes dans l'exécution ! On a vu que la démonstration contre Hougoumont, ordonnée par l'empereur, dégénéra par l'ardeur de Jérôme, l'entraînement des soldats, le manque de vigilance et de fermeté de Reille, en une attaque à fond dans laquelle fut inutilement sacrifiée la moilié du 2® corps. On a vu aussi que la lourde formation des quatre divisions du général d'Erlon fut la cause virtuelle de la confusion où elles se trouvèrent en atteignant les crêtes, et de la déroute lamentable où les mit la cavalerie anglaise.
Comment Reille qui, selon l'ordre de l'empereur,
1. Claiisewitz, tout en disant (à tort, au moins au point de vue slialégique) qu'il fallait attaquer l'aile droite anglaise, convient en résumé que, seule, une attaque contre le centre, si hasardeuse qu'elle fût, pouvait avoir un résultat décisif.
devait « s'avancer à mesure pour garder la hauteur du comte d'Erlon », n'opéra-t-il pas ce mouvement? L'une de ses divisions (celle de Jérôme) était, il est vrai, engagée à Hougoumont, mais Bachelu et Foy restaient disponibles pour marcher contre le centre droit ennemi.
Comment Ney, qui avait sous son commandement immédiat toute la première ligne, les corps de d'Erlon et de Reille, plus de 34 000 baïonnettes, donna-t-il vainement deux assauts à la Haye-Sainte, défendue par cinq compagnies ? Comment n'en fit-il pas éventrer les murs à coups de boulets ? Comment, ayant échoué deux fois dans l'attaque de cette ferme, n'y renouvela-t-il pas les assauts "? Comment n'obéitil pas à l'ordre de l'empereur, comment ne compritil pas que la possession de la Haye-Sainte — « clé de la position anglaise », dit l'aide de camp d'Alten, Kennedy, — était son premier objectif.
Ney trouva plus court de commencer par la fin. Trop circonspect aux Quatre-Bras, le voici trop audacieux devant Mont-Saint-Jean. Il risque avant l'heure, sans ordres, sans préparation, sans soutiens, le grand mouvement de cavalerie projeté par l'empereur. Il s'imagine culbuter avec des cavaliers une infanterie non ébranlée et occupant une position dominante. 11 lance follement à l'assaut les deux corps de cuirassiers, la garde à cheval et même la brigade de carabiniers — dernière réserve de cavalerie de l'armée — que Kellermann a arrêtée avec l'ordre formel de ne pas bouger. Quelle qu'en soit la témérité, ces héroïques charges pourraient cependant réussir si elles étaient soutenues par de l'infanterie. Il y a près de la Belle-Alliance, à petite portée de canon de la position anglaise, la moitié du
corps de Reille. Ces douze balaillons n'ont point encore été engagés ; ils attendent l'arme au pied. Ney, qui, selon la remarque de Napoléon, « oubliait dans le feu de l'action les troupes qu'il n'avait pas sous les yeux j), ne pense pas à les mener au plateau. C'est seulement quand les dernières charges ont été repoussées, quand l'intervention de l'infanterie n'est plus opportune, qu'il lance ces 6 000 hommes sur les rampes de Mont-Saint- Jean où ils sont décimés sans utilité.
11 est près de six heures. La Haye-Sainte dont Ney a tenté de s'emparer à deux heures, puis à quatre heures, est toujours au pouvoir de l'ennemi. Il faut pourtant que l'empereur renouvelle l'ordre de s'en rendre maître coûte que coûte. Cette fois, Ney emporte la position, et c'est seulement alors que Wellington se juge en péril. Par malheur, il est bien tard pour profiter de ce point d'appui. Hommes et chevaux sont harassés. Napoléon donne au maréchal la moyenne garde pour un effort suprême; mais au lieu de faire brèche à la ligne anglaise avec ces cinq bataillons de héros formés en une seule colonne, Ney les dispose en échelons, de telle façon que chacun d'eux se trouve, sur chaque point, en nombre deux ou trois fois inférieur à l'ennemi.
Il semble qu'à l'aile droite il y eut aussi des négligences et des fautes. La cavalerie de Domon et ' de Subervie se porta aux débouchés du bois de Paris quand elle aurait dû en surveiller les approches. La défense de Lobau fut valeureuse, mais mal conçue et mal préparée. Ce n'est pas à 2 oOO mètres à l'E. E. N. de la Belle-Alliance et en terrain décou-. vert qu'il fallait s'éta!)lir pour arrêter les Prussiens. A une heure et demie, quand le corps de Bûlow
était encore immobile à Ghapelle-Saint-Lambert, Lobau avait reçu de l'empereur l'ordre de se perler dans celte direction « et de choisir une bonne position intermédiaire où il pût, avec 10 000 hommes, en arrêter 30 000 ». Celte « bonne position intermédiaire », Lobau ne la chercha point. C'était les hauteurs escarpées qui dominent la vallée de la Lasne en face le pont de Lasne. Là, ses communications avec le gros de l'armée assurées par les nombreux escadrons de Domon et de Subervie, Lobau eût l'ait une résistance autrement longue et autrement eflicace que devant Plancenoit. Peut-être même eùt-il été inexpugnable. Clausevvitz avoue que Blûcher aurait été contraint de le tourner par Couture. C'était bien du temps de gagné pour l'empereur ! Au cas même oii Lobau aurait hésité à se porter si loin en flèche (4 800 mètres de la Belle- Alliance), au moins aurait-il dû occuper le bois de Paris \
I/arlillerie, enfin, d'un tiers plus nombreuse que celle de l'ennemi (266 pièces contre 174), fut-elle employée de façon à donner tout son effet d'écrasement? fut-elle même entièrement utilisée. A Sainte-, Hélène, l'empereur se plaignait de n'avoir pu retrouver les pièces de 12 de la garde". Et, de fait, sur les