II, 137-139 et les notes
donc que Grouchy était sorcier puisqu'il lui attribi l'exécution d'un mouvement trois heures avant d'( avoir reçu l'ordre?
Page 123, note 1, lignes 8 à 18 : Pour confirmer les dictées de Sainte Hélène (sur l'ordre à Ney d'occuper les Quatre-Bras le lo juin) il a un témoignage important et un document décisif : 1» Grouchy dt que l'empereur en sa présence blàraala conduite de Ney qui naval pas exécuté le 15 juin les ordres qui lui prescrivaient de se porte aux Quatre-Bras: 2o le Bulletin de l'Armée, Gharleroi, 15 juin ai soir, porte : « L'empereur adonné le commandement de la gauche aa maréchal Ney qui a eu le soir son quartier-général aux Quatre-Gh€ mins, sur la route de Bruxelles. »
M. le colonel Grouard (pp. 33-34) objecte que le Bullelh de V Armée « est un document de peu de valeur ca: « il énonce un fait complètement inexact».
Que le fait soit inexact, ce n'est pas la question. En ré digeant le Bulletin, Soult supposait que Ney, conformé ment aux ordres de lempereur, avait occupé les Quatre Bras. Autrement, pourquoi l'eùt-il écrit ? Comment eùt-i pensé à cette position s'il n'en avait pas été question entn l'empereur et Ney? Dans quel dessein, dans quel intérêt eùt-il donné ce faux renseignement? J'entends bien ce que le général von Letlow-Vorbeck insinue (p. 295), que c'était pour frapper l'imagination des Français. Mais l'argument est mal fondé en l'espèce car tous les Français, sans exception, ignoraient oîi étaient situés les Quatre-Chemins. Us l'ignoraient d'autant plus que, sur les cartes de l'époque, ce point est appelé les Trois-Bras. En écrivant que le maréchal Ney avait eu le soir son quartier-général à Frasnes ou à Gosselies, sui' la roule de Bruxelles, Soult eût donné aux Français une impression tout aussi favorable des résultats de cette première journée.
« Soult, dit aussi le colonel Grouard, a formellement « affirmé plus lard que Napoléon n'avait pas prescrit à « Ney d'occuper les Qualre-Bras le 15 juin )>.
Je connaissais ces paroles de Soult au duc d'Elchingen*.
1. Docum. inéd. sur la Camp, de ISI5, publias par le duc d'ElcLingen. p, 30.
Mais je connais aussi les paroles de Soult au général Berthezène, que Ney « reçut en sa présence, le 15 juin. Tordre le plus précis d'occuper les Quatre-Bras* ». Comme on iunorera toujours si c'est au duc dElchingen ou au général Ijirthezène que Soult a dit la vérité, il n'y a pas à faire état, ni pour ni contre, de ces deux témoignages contradictoires.
« Si Napoléon, dit encore le colonel Grouard, a exprimé « une plainte devant Grouchy au sujet de Ney, ce ne peut « être que le 17 en parlant de la lenteur des mouvements « de ce dernier dans la journée du 16. »
Grouchy parle des opérations de Ney le lo et non des opérations de Ney le 16. Il dit textuellement : « J'avais entendu l'empereur blâmer Ney d'avoir suspendu le mouvement de ses troupes le 15, au bruit de la canonnade de Gilly, au lieu de s'en tenir à l'exécution pure et simple des ordres qui lui prescrivaient de se porter aux Quatre-Bras. »
D'ailleurs, le colonel Grouard prend soin de faire remarquer que la brochure de Grouchy, de 1818. n'a pas de valeur véridique, car « cet opuscule fut rédigé de mémoire « et sans documents officiels ».
Il ne pouvait y avoir de « documents officiels » sur les paroles de l'empereur, et Grouchy, aussi bien à Philadelphie qu'ailleurs, était parfaitement à même de se rappeler ces paroles, puisque, précisément, il rédigeait sa brochure « de mémoire ».
Le général von Lettow-Vorbeck ne décide pas nettement sur la question de l'ordre à Ney d'occuper les Quatre- Bras. A la page 268, il dit qu'il y a des témoignages pour et des témoignages contre. A la page 256, il reconnaît l'importance qu'il y aurait eu pour Napoléon à faire occules Quatre-Bras le 15 juin, ce dont on pourrait induii'e que l'ordre en fut donné. A la page 264, enfin, il conclut de ce que Ney arrêta le gros de ses troupes autour de Gosselies « qu'il n'avait pas reçu l'ordre de pousser jusqu'aux Quatre-Bras. »