BcrtLezène, Souvenirs mililaires, II
Le raisonnement est des plus discutables, car on peut très bien penser que Ney avait reçu l'ordre mais que troublé par la canonnade de Gilly, entendue sur sa droite, il crut prudent de ne le point exécuter. C'est précisément ce que dit Grouchy.
En résumé, je maintiens avecJomini', avec Glausewitz-, avec Thiers^ et avec Ropes'^ que le maréchal Ney avait reçu le 15 juin l'ordre de se porter aux Quatre-Bras. Pour changer mon opinion, il faudrait non des appréciations et des hypothèses, mais un texte qui eût la valeur que le Bulletin de i Armée du 15 juin 18lo a dans ce cas particulier.
Page 133, lignes 7 à 9 : Avant neuf heures le maréchal Ney eût exterminé aux Quatre-Bras les 4 000 fantassins du prince Bernard.
M. lo colonel Grouard (p. 36) reconnaît que « Ney aurait « pu chasser des Quatre-Bras, le 15 juin au soir, les « troupes ennemies qui s'y trouvaient ». Mais il conclut qu'il fit bien de ne pas occuper cette position, « car il « aurait pu être accablé le lendemain à la pointe du jour « par les Anglais arrivant par la route de Bruxelles et par « les Prussiens arrivant par la route de Namur. »
Le 16 juin, passé midi, l'armée prussienne n'avait pas encore achevé sa concentration entre Sombreffe et Brye (10 kilomètres en moyenne des Quatre-Bras). Quant aux Anglais, leurs premières troupes arrivèrent aux Quatre- Bras, ce jour-là, à trois heures après-midi seulement. Sans doute, Ney pouvait craindre une attaque sinon au point du jour, comme le dit le colonel Grouard, mais dans la matinée. Mais lui pouvait aussi, dans la matinée, avoir 43 000 hommes et 84 bouches à feu ^ entre Gosselies et les Quatre-Bras.