‹ 1815Chapitre 251 sur 260 · The Campaigne of Waterloo · texte numérisé non relu

The Campaigne of Waterloo

5. Corps Roille (moins la division Girard; 21 OQO environ; corps d'Eilon 20 700 Cavalerie légère de la pardo, de Lefclivre-nesnoëUes, 1 7U0. Tolal 43 400 l'usils el sabres el y baltehes à Luil piùces el 2 batlcnus k sin pièces.

Page 135, note 3, lignes 27 à 29 : Si l'empereur comptait sur une (ataille sérieuse à Sombreffte ou à Gembloux, il ne projetterait pas le marcher sur Bruxelles dans la soirée.

M. Navez (p. 9) objecte que la marche projetée sur sombrefFe avec 50000 hommes implique que Napoléon idmettait l'éventualité d'une bataille sur ce point.

Si M. Navez avait lu ma note en entier il aurait vu que lous sommes tout à fait d'accord là-dessus. J'ai écrit, en îffet : (( Le plan de l'empereur était d'ailleurs subordonné lux circonstances... Les circoustances qui pouvaient trai^erser son plan c'était la présence à Sombrefife de toute .'armée ou d'une grande partie de l'armée prussienne. » Dans ce cas-là, il est évident que Napoléon aurait attaqué, car, comme je l'ai dit dans la même note, il avait 3crit à Grouchy : « Si l'ennemi est à Sombreffe, je veux ['attaquer. »

Page 166, lignes 19 à 20 : L'empereur envoya directement au comte i'Erlon l'ordre de se porter en arrière de la droite de l'armée prussienne.

Et pages 205, LIGNE 20. à 209, ligne 4 : « Entre quatre heures et quatre heures et quart... etc., etc.

J'ai rétabli ces pages telles qu'elles ont paru dans la Revue des Deux Mondes du 1'''' février 1898. Entre cette publication et l'impression du volume, il m'avait été communiqué des notes du colonel Baudus, attaché à l'étatmajor de Soult, notes où le lieutenant-colonel de Forbin- Janson est désigné comme le porteur de l'ordre au comte d'Erlon. Le manuscrit de Baudus contient des détails si circonstanciés et si précis qu'il m'avait fait modifier ce passage. Je continue de croire à la véracité de Baudus, et si j'étais absolument obligé de donner le nom du porteur de l'ordre à d'Erlon, je dirais : Forbin-Janson. Mais je ne suis pas dans cette obligation. Or, en étudiant derechef les nombreux documents relatifs à cette question, il m'a* paru que, tout bien pesé, le porteur de l'ordre à d'Erlon a pu être le colonel Laurent, ou le général de La Bédoyère,

OU encore un sous-officier de la garde. C'est pourquoi j'ai rétabli mon texte primitif oi^i le nom du porteur d( cet ordre est laissé dans le doute.

Je tiens d'ailleurs à déclarer que je n'ai été déterminé, ej aucune façon, à cette modification par une lettre qu'a écrit^ en 1817 le colonel de Forbin-Janson et dont M. le colonel StofFel a publié des extraits dans le Matin du 20 mars 1899J Ce document contient des assertions qui paraissent tout fait invraisemblables. On croyait jusqu'ici que Forbinl Janson avait porté la dépêche de Soult de trois heures eJ quart, prescrivant à Ney de manœuvrer de façon à enve lopper la droite prussiennes ou l'ordre de l'empereur d^ trois heures et demie, enjoignante d'Erlon de diriger le 1'^'" corps sur les hauteurs de Saint-Amand pour fondre sur Ligny -. Or, d'après la lettre de Forbin-Janson, cet officier ne porta ni l'un ni l'autre de ces deux ordres. Mais à des heures qu'il ne précise pas, et qui sont certainement postérieures à quatre heures^, il porta coup sur coup à Ney deux ordres verbaux de l'empereur, dans lesquels il n'est nullement question d'un mouvement contre la droite prussienne. L'empereur se borne à faire dire à Ney que « tout va bien ici (à Ligny) » et à lui ordonner « d'enfoncer l'ennemi (les Anglais) et de s'emparer des Quatre-Bras coûte que coûte ». Ces ordres-là sont en contradiction avec les ordres écrits de deux heures, de trois heures et quart et de trois heures et demie, et bouleversent tout ce qu'on sait du plan et des desseins de l'empereur dans l'après-midi et la soirée du 16 juin. Passé quatre heures et encore moins passé six heures, il importait fort peu à l'empereur que Ney s'emparât ou ne s'emparât point des Quatre-Bras. L'important pour lui était que le prince

1. Gourgaud, Campagne de 1815, 57. Gamol, Réfutation, 17. Thiers, XX, IIG.

2. Notes manuscrites de Baudus, cit6os dans 1815, II, 16-2, 200-203 (ôditioiis antérieures à la ol').

3. Forbin-Janson dit : « Lorsque cette supériorité, [la supériorité des Français à la bataille de Ligny] commença à se manifester... » Or, l'action s'engagea à trois heures, et ce fut seulement de quatre à cinq heures que Gérard parvint à occuper la partie haute de Ligny et que Girard s'empara de la Haye et du Hameau.

APPKNDICE DK LA 51* ÉDITION. 531

de la Moskowa se bornât à contenir les Anglais et détachât trois ou quatre divisions vers Brye^

Page 175, lignes o a 6 : Des soixante mille Prussiens de Zieten et de Pirch, pas un n'échappera.

Et Pages492, LIGNE27, à 493, ligne 22 : Les faits contredisent les conclusions de Claiisewitz... Ney aurait pu tomber sur les derrières de l'armée qui combattait à Ligny et en causer ainsi la destruction totale.

M. Navez (io U) pense couime Clausewitz. Il tient pour nulle l'opinion de Reille, de Kellermann, du maréchal Wolseley, du maréchal de Moltke, de Ropes, du général de Lettow. Après avoir chicané sur la possibilité où auraient été les corps de Zieten et de Pirch de quitter le champ de bataille, il en arrive à dire, me donnant ainsi pleinement raison : « M. Houssaye, considère comme décisif le pasce sage suivant qu'il cite d'une lettre de Gneisenau au roi « de Prusse : Si le général de Perponcher n avait pas « fait une aussi bonne résistance, le maréchal Ney, arri- « vant aux Quatre-Bras, aurait pu tourner la droite et « tomber sur les derrières de l'armée qui combattait à « Ligny et causer ainsi sa destruction totale. Ce pas-

1. ForLin-Janson ne remplissant plus de rnle dôlerminé dans mon récit de la journée du 16 juin, j'ai nalurcllcmenl relranclié les quolcpics renseignements et appréciations que j'avais donnés sur lui ; mais j'en maintiens l'exactitude absolue. Nonobstant l'avis de M. le colonel Stoffel qui a présenté le colonel Forbin-Janson comme un officier accompli et un foudre do guerre, je maintiens ([ue c'était « un officier de faveur », « un officier d'élat-niajor n'ayant aucune expérience de ce service », et, enfin, que comme chef de partisans en 1814, il avait fait très peu de mal à l'ennemi. Je renvoie M. le colonel Stoffel aux Notes du colonel Baudus, au livre de M. Charles Boc'ill, [Un chapitre de l'histoire d'Autun en ISI4, in-S", Autun, 18U9), et au dossier de Forbin-Janson aux Archives de la guerre. 11 apprendra là, si par hasard il l'ignore, que né en 1787, emmené en émigration dès 1790, attaché depuis 1803 jusqu'en 1813 au service du roi de Bavière en qualité de chambellan, Forbin-Janson rentra en France seulement à la fin de cette année 1813. Nommé le 4 février 1814 chef de légion des gardes nationales de la Nièvre et chef d'un corps de partisans, il fut, sur sa demande, nommé par Louis XVIII, le 20 février 1815, chef d'escadrons de cavalerie avec jouissance de demi-solde, c'est-à-dire sans commandement. L'empereur le confirma dans ce grade le lU avril 1815, et le promut quatre jours plus lard (décret du 14 avril) colonel de cavalerie, mais toujours sans commandement. Le 13 mai 1815, enfin, il fut attaché à l'élat-major général 'de l'armée. — J'avais donc bien le droit de qualifier : « officier de faveur », le colonel de Forbiu-Jansou.

sage serait en effet décisif s'il n'était incomplet. M. Houssaye ne reproduit pas le commencement de la phrase qu'il cite. Ce commencement est ainsi conçu : Si le général Perponcher avait suivi Vordre du duc de Wellington, s'il avait marché sur Nivelles et n avait pas fait une aussi bonne résistance, le maréchal Ney, etc. »

M. Navez est Belge, mais il me cherche une querelle d'Allemand. La phrase complète de Gneisenau ne présente un sens raisonnable que si elle est modifiée ainsi : « Si le général de Perponcher avait suivi Vordre du duc de Wellington [de marcher] sur Nivelles'- [ou] s'il n avait pas fait une aussi bonne résistance [aux Quatre-Bras -] , le maréchal Ney, etc. ». Le premier membre de la phrase ne changeant rien à la conclusion du second, l'assertion de Gneisenau, qu'une attaque sur les derrières de l'armée prussienne eût « causé sa destruction totale », reste décisive.

Page 182, lignes 9 à 14 : Il semble même que l'empereur renvoya ' l'aide de camp avec l'ordre à d'Erlon, non plus de... mais d'attaquer ■ tête baissée les Prussiens vers Wagnelée.

Le général von Lettow-Vorbeck (p. 333) pense que Icmpereur n'envoya pas à d'Erlon ce second ordre « parce que

1. « Le prince d'Orange rfunira à Nivelles la 2" division (Pciponclicr) et la 3' division (Chassé) des Pays-Bas. » Ordre de Wellington, Bruxelles, 15 juin. (Dispatches, Xll, 472.)

2. Il est évident que Gneisenau veut dire <■ une bonne résistance aux Quatre- Bras ». Car ce n'est pas à Nivelles, où le maréchal Ney, maître des Quatre-Bras, n'aurait pas été le chercher, que Perponcher eût fait cotte « bonne résistance »

Une courte explication à propos de ce passage cité incomplotemcnt par moi. Le général von Letlow-Vorbcck, dans sa préface, et le colonel Grouard, à plusieurs reprises, me reprochent de ne pas citer les ordres et dépêches in extenso. Lcltow vs jusqu'à dire que ce n'est pas « consciencieux ». — Ce qui est à coup sûr moins u consciencieux >> c'est, comme le fait souvent le général de Leilow-Vorbeck, d« citer des documents sans dire chez qui on les a trouvés. — Je reconnais que 1« plus souvent je n'ai cité des textes que les passages essentiels. J'ai pour celj deux raisons, dont l'une est la crainte d'alourdir le récit, et l'autre la nécessité d< le faire tenir en un volume. Si j'avais reproduit in extenso tous les documents, les trois tomes de 1815 en auraient formé au moins six ! D'ailleurs, comme je cit< toujours les références, il est loisible de vérifier mes citations et de voir que si elle sont souvent abrégées elles n'en sont pas moins exactes.

« selon toute probabilité l'aide de camp rapporta à Napo- « léon que le 1" corps était déjà en contre-marche, et « qu'il y a même des présomptions que la contre-marche « était commencée quand l'aide de camp joignit la « colonne ».

Dans les précédentes éditions, je n'avais pas parlé non plus de ce second ordre à d'Erlon. Mais je dois à l'argumentation de M. le colonel Grouard (pp. 65-67) de l'avoir mentionné dans celle-ci. Les témoignages du capitaine Chapuis et du général Brue, sur lesquels les remarques de M. Grouard ont ramené mon attention, me semblent, sinon une preuve, du moins une forte présomption que l'empereur, apprenant la présence de d'Erlon sur la droite des Prussiens, lui dépêcha l'ordre de les attaquer. Sans doute ces témoignages, bien que concordants, ne sont peut-être pas absolument surs, (j'en ai donné des raisons) ; mais ils ont cependant plus de valeur que la conjecture toute gratuite du général von Lettow, que « le l*'' corps était déjà en contre-marche quand l'aide de camp rejoignit la colonne».

Page 206, note 1, lignes 33 et suivantes jusqu'à la page 208 : L'assertion du général de Salle, que l'ordre de l'empereur fut adressé directement à d'Erlon est confirmé explicitement ou implicitement par quinze témoignages... etc., etc.

M. le colonel Grouard (pp. 79-84) discute plusieurs de ces documents et conclut qu'ils ne sont pas décisifs. Libre à lui! Mais qu'oppose-t-il au témoignage du général de Salles, commandant l'artillerie de d'Erlon, et aux quinze documents qui le confirment? Deux assertions, d'ailleurs contradictoires ^ du général d'Erlon, et ces deux remar-

l. Dans sa lettre au duc d'Elchingen [Docum. inédits, Gi), d'Erlon dit qu'il rf^Trtofa 5a colonne, et qu'arrivé à Frasnes il y fut rejoint par La Ltédoyére, qui lui lit voir la note au crayon destinée au maréchal Ney. Dans sa Vie militaire, 195, le môme d'Erlon dit qu'il marchait avec sa colonne lorsqu'il apprit qu'i(H officier de l'étatmajor impérial, porteur de l'ordre à Ney, avait fait prendre à la tête de sa colonne la direction de Ligny. Et M. le colonel Grouard déclare que ces deux textes ne sont pas contradictoires ! Et il s'en rapporte au premier, sans dire la raison de sa préférence

ques embarrassées de Napoléon : « L'empereur ne put se rendre compte d'un tel mouvement » et « Les mouvements du 1" corps sont difficiles à expliquer».

J'ai cité moi-même ces textes, etjai dit les raisons pour-, quoi les témoignages de d'Erlon, comme ceux de l'empereur, sont intéressés et par conséquent suspects^ D'autre part, comment croire, comme je l'ai dit encore, à la sincérité de ces mots de l'empereur : « Les mouvements du 1" corps sont difficiles à expliquer. » « Napoléon ne pût se rendre raison d'un tel mouvement - ? » Si l'empereur n'a pu se rendre raison de ces mouvements et s'il ne les a pas expliqués, c'est assurément parce qu'il ne l'a pas voulu. Les éléments d'information ne lui manquèrent pas le lendemain de Ligny, puisqu'il n'avait qu'à questionner le maréchal Ney et le général d'Erlon. Il n'y faillit pas, cela est certain ; et s'il n'a point révélé les résultats de cette très facile et très courte enquête, c'est que cela ne lui a pas convenu. Autrement, comment admettre que pour expliquer le mouvement du comte d'Erlon — sur lesquels il s'était fait certainement renseigner par Ney et par d'Erlon lui-même — il émette des hypothèses^?

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