‹ 1815Chapitre 254 sur 260 · II · texte numérisé non relu

II

1° Le colonel Grouard oublie les pertes subies le 16juii par l'armée anglo-néerlandaise. Wellington n'avait, l( matin du 17 juin, que 41000 hommes^ aux Quatre-Bras et les troupes stationnées à Nivelles (à 10 300 mètres de Quatre-Bras) ne dépassaient guère 15 000 hommes I/empereur et Ney avaient plus de 74000 hommes dan la main^. Leur supériorité numérique était de près dj double sur Wellington réduit à ses seules forces, de prc de trois contre deux sur Wellington rejoint par le troupes de Nivelles.

"1° Je nai jamais prétendu que la masse de cavaliers e de fantassins qui marchait avec l'empereur se serait appro chée des bivouacs anglais sans être aperçue ni signalée. Mais tout averti qu'il était, Wellington aurait-il pu, cepen dant, « battre en retraite en temps utile », comme rénonc< M. Navez, sans daigner en faire la moindre démonstration

Mis en marche du champ de bataille de Ligny, vers sept heures et demie, le 6^ corps, la garde et la cavalerie fussent arrivés aux Quatre-Bras (9 kilomètres en moyenne des différents points de ce champ de bataille) vers dix heures et demie. Mais dès neuf heures et demie, les têtes de colonnes eussent été signalées à Wellington dont les troupes étaient encore au bivouac. A peu près à la même

1. Division Perponcher : 7 90Q. Cavalerie de Van Mcrlen : 1 200. Division Picton : 7158. Division Alten (moins la brigade Ompteda) : 6 02n. Corps de Brunswick : 6 300. Brigade Kruse : 2 900, Division Cooke : 3 989. Cavalerie de lord Uxbridge et deux ou trois batteries de la réserve d'artillerie : 10 500. Total : 45 972. A dofal- ((uep 4G78 pour le? pertes du 16 juin (1815, II, 218). Restait donc à Wellington 41 294 hommes.

Selon van Loben (231\ il n'y avait môme aux Quatre-Bras qu'une grosse fraction de la cavalerie d'Uxbridge.

2. Brigades Ompteda : 2 133 hommes. Division Clinton : 7 701. Brigade Mitchell, (de la division Colvillc) : 1886. Brigade d'Aubremi^c .'de la division Chassé) 3 581. Total ; 15 301.

Los deux autres brigades do Colville (Johnslon ot Lyons) et sa cavalerie étaient à Brainc-lc-Comte (7 lieues des Ouatre-Bras) ; la l'": brigade de Chassé et la cavalerie de Ghigny et de Trip à Arquennes (4 lieues et demie des Quatre-Bras) ; le corps du prince Frédéric à Enghien (10 lieues des Quatre-Bras).

Voir les ordres do Wellington des lo, 10 et 17 juin {Dispatches, XII, 472, 474- 475 470 et Supplemeniary Dispatches, X, 49G) et van Loben Sels, 2.52.

3. Toutes les troupes présentes le lendemain sur le champ de bataille de Waterloo. (1815, II, 330, note 2.)

heure, Ney, qui, sur Tordre de l'empereur, reçu avant neuf heures, aurait eu tout le temps de rassembler pour l'attaque la totalité de ses troupes, eût vigoureusement assailli les Anglais. Attaqué de front, très menacé sur son flanc gauche, Wellington se serait-il résolu à faire tête ou à battre en retraite ?

Dans la première hypothèse, assez peu vraisemblable, il eût appelé les divisions et brigades anglo-néerlandaises encore stationnées à Nivelles. En calculant le temps nécessaire à l'officier porteur de l'ordre pour le trajet (10300 mètres) et à lord Hill pour la transmission hiérarchique, ces troupes auraient pu se mettre en marche à dix heures et quart au plus tôt, et leurs tètes de colonnes n'auraient pu arriver aux Quatre-Bras avant une heure et qiiart. Ainsi, pendant près de trois heures, Wellington aurait dû lutter avec 41 000 hommes contre 74 000 l'attaquant de front et de flanc. S'il eût résisté encore quand fussent arrivés ses renforts, ces 15 000 hommes de troupes fraîches ne l'eussent pas sauvé et auraient elles-mêmes été entraînées dans le désastre.

Il est bien plus probable que Wellington aurait mis sans tarder son armée en retraite, mais déjà aux prises avec Ney au début de sa marche, qui en eût été singulièrement retardée, il n'aurait pu gagner la Dyle (5 kilomètres des Quatre-Bras) et la traverser avant de subir sur son flanc l'attaque de Napoléon^ J'accorde que la Dyle est guéable, mais une armée ne traverse pas, cependant, sans grande perte de temps, une rivière à gué dont les bords très escarpés sont infranchissables pour l'artillerie. L'armée anglaise a montré sur vingt champs de bataille, surtout à Waterloo, son invincible ténacité en position; mais elle était mé-

1. Une retraite de Wellington sur Nivelles, c'est-à-dire sur ses renforts immi5Jiats, eût été peut-cire un meilleur parti. Mais si elle avait pris cette direction, l'armée aufrJaise aurait-elle pu éviter une bataille soit le 17 vers Nivelles, soit le IS entre Nivelles et Hall ? Or, dans 1 une ou l'autre de ces batailles, les conditions auraient été bien moins avantageuses pour Wellington qu'a Mont-Saint-Joan : 1° parce qu'il n'aurait point eu une position aussi forte, 1° parce que l'aide des Prussiens lui aurait nécessairement fait défaut.

diocre manœuvrière. Or., autre Chose est de défendre une forte position comme Mont-Saint-Jean et autre chose de se replier, en combattant, sous des attaques de front et de flanc. La, il faut manœuvrer.

Sur cette question, du reste, je renvoie MM. Grouard et Navez aux conclusions du colonel Charras : « Wellington aurait été accablé sous les efforts réunis de Nej' et de Napoléon ^)) ; — de Ropes : « Napoléon aurait culbuté les deux tiers de l'armée anglaise"-»; — du général von Lettow-Vorbeck : « Si Fattaque des Français s'était produite vers dix heures, on ne peut savoir comment Wellington aurait évité des pertes énormes ou même l'anéantissement complet, pour peu que Napoléon Feùt pris de flanc^. »

Selon le colonel Grouard (p. 122, 12b), c"est à la poursuite des Prussiens, et non à une bataille contre les Anglais, que l'empereur aurait dû jeter son armée le matin du 17 juin. Je ne fais pas difficulté de reconnaître que cette manœuvre aurait pu donner de grands résultats. Mais le 17 juin, à sept heures du matin, l'empereur savait où trouver les Anglais et il ne savait pas où retrouver les Prussiens. C'était une raison pour marcher aux Anglais^. Aussi Napoléon a-t-il dit plus tard : « J'aurais dû battre les Prussiens le 16 et les Anglais le 17^. »

P.\GE 285, LIGNE 4 : Confiant dans la parole de son lieutenant...

Et Page 324, lignes 13 à 14 . Tout cela (le contenu de la lettre de Grouchy du 17 juin, dix heures du soir) était bien fait pour rassurer l'empereur.

« D'après M. Houssaye, dit le colonel Grouard, (p. 137) « cette lettre était de nature à donner à Napoléon l'assu-

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