‹ 1815Chapitre 36 sur 260 · Macdonald. Souvenirs · texte numérisé non relu

Macdonald. Souvenirs

4. Il y a à Bamberg deux châteaux royaux dont l'un est appelé : la Nouvelle Résidence. C'est celui-là quliabiLait le duc Guillaume. — La princesse de Wagram avait cfuilté la France avec ses trois enfants dans la première quinzaine de mars, à la nouvelle que Napoléon approchait de Paris (Documents des archives de Grosbois).

adressa au ministre dirigeant de Bavière une demande de passeports pour rentrer en France. Il donnait pour raisons l'intérêt capital et urgent qu'il y avait pour lui à se rendre dans ses terres \ (Sans doute, le prince de Wagram appréhendait que les lois révolutionnaires prononçant la confiscation des biens d'émigrés ne fussent remises en vigueur.) Mais les Alliés aimaient mieux tenir Berthier prisonnier de fait en Bavière que de le savoir en France. Ils pouvaient croire que, de retour dans sa patrie, il y vivrait à Grosbois en simple citoyen comme Macdonald à Courcelle ; mais ils pouvaient redouter aussi que, gagné par les sollicitations de Napoléon, il ne se laissât aller à reprendre l'épée comme Soult, Suchet, Mortier, Lobau, Decaen, Lecourbe et tant d'autres. Les passeports furent refusés. Berthier fit de nouvelles démarches, mais il désespérait qu'elles aboutissent^. Il fut pris d'une profonde tristesse. Dans l'aprèsmidi du 1" juin, comme un régiment de dragons russes en marche vers la France défilait devant le château, on vit Berthier quitter brusquement la fenêtre du premier étage où il se trouvait, apparaître peu après à une fenêtre de l'appartement de ses enfants, au troisième étage, et tomber sur le pavé. On le releva mort, le crâne brisé ^.

1. Lettres de Berthier au duc Guillaume, au roi de Bavière, à Clarke, à Louis XVIII, et lettres des mêmes à Berthier. Avril-mai. (Archives de Grosbois.)

Page 1