‹ 1815Chapitre 37 sur 260 · Documents des Archives de Grosbois · texte numérisé non relu

Documents des Archives de Grosbois

3. Acte de décès de Berthier, Bamberg l"juin (Archives de Grosbois). Journal de Francfort, 4 juin ; Gazette universelle, 5 juin ; Gazette de Nuremberg, 4 juin ; Journal de Cologne, lu juin. — Le correspondant de Bamberg, du Journal de Cologne, donne ces détails : « Le 31 mai, Berthier avait diné avec le général russe Sacken, et celui-ci l'ayant complimenté sur sa fidélité au roi Louis XVIll, il avait paru extrêmement troublé et n'avait rien répondu... C'est de l'appartement de ses enfants qu'il se jeta par la fenêtre. Son petit garçon, qui le prit par la jambe pour le retenir, faillit être entraîné avec lui. »

Le bruit courut en 1815 que Berthier avait été jeté de la fenêtre par deux hommes

Depuis trois semaines déjà, l'empereur s'était décidé à prendre comme major-général le maréchal Soult, qui, à ce qu'il semble, s'était lui-même proposé pour ces fonctions ^

Suspect aux amis du roi, haï par les bonapartistes comme par les libéraux et exécré par le corps entier des officiers, Soult s'était retiré à Villeneuvel'Etang^. Cette retraite se trouvant fort à propos peu éloignée de Paris, il vint aux Tuileries dès le 26 mars^. Il est vraisemblable que ce ne fut pas pour rappeler à l'empereur qu'il l'avait traité de fou et d'aventurier dans son dernier ordre du jour*. A la suite de cet entretien, dont rien n'a transpiré,

masqués. C'est une légende absurde, mais il y a doute si le maréchal tomba accidentellement, par l'effet d'une congestion, d'un étourdissement, ou s'il se précipita. Cette circonstance que Berthier étant à une fenêtre du premier étage monta soudain au troisième étage, dans l'appartement de ses enfants, et en tomba, est plutôt une présomption de suicide. 11 n'est pas invraisemblable quil ait voulu chercher de cette hauteur une mort plus certaine et qu'il ait voulu aussi, avant de mourir, revoir une dernière fois ses enfants.

1. La nomination de Soult est du 0 mai (Décret impérial, Arch. Guerre, carton des lettres de Napoléon); et, dès le 23 avril, on disait à Gand {Journal universel, n" 4) que ce maréchal, qui avait depuis longtemps l'ambition de succéder à Berthier, serait major-général.

Soult avait assez de facoude gasconne pour persuader à l'empereur qu'il serait un excellent major-général. Il faut lire dans ses Mémoires (II, 206) le portrait qu'il trace, d'après soi-même, du parfait chef d'état-major. S'il est vrai qu'il fut dans ces fonctions, à la division Lefebvre, si actif, si appliqué, si prévojant, c'est qu'il avait beaucoup changé en 1815. Durant cette dernière campagne, Soult ne fut pas à la hauteur de sa tâche. Il rédigea souvent ses ordres sans précision ni clarté et il ne sut pas en assurer la transmission d'une façon certaine et rapide.

2. Soult, Mém. justif., 24, et Soult à Davout, Villeueuve-l'Etang, 11 avril. (Dossier de Soult, Arch. Guerre.)

3. Soult, Mém. justif., 24. — Soult prétend qu'il ne vint aux Tuileries que parce l'empereur l'y avait fait appeler à deux reprises, par Rovigo et par Clauzel. C'est douteux. Déconsidéré comme l'était Soult à cette époque, et après l'ordre du jour qu'il avait publié contre Napoléon, celui-ci ne pouvait être si inipatient de le voir et de l'employer. Si Rovigo et Clauzel intervinrent, ce fut très vraisemblablement à la sollicitation du maréchal. Le ton de ses lettres à Davout témoigne son désir de rentrer en grâce. D'ailleurs, en admettant même que l'empereur eût fait faire des démarches auprès de Soult, il était très aisé au maréchal de s'y dérober comme le nt Macdonald.

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