Munileur, 9 mars
Soult échangea plusieurs lettres avec Davout qui lui montrait de l'amitié. Mais, malgré les démarches promises par le piince d'Eckmtihl, la décision de l'empereur se fit attendie. « Je désire, écrivait Soult le 11 avril au ministre de la Guerre, que Votre Excellence ait la bonté de répondre à la lettre que j'ai eu l'honneur de lui adresser avant-hier, afin que je sois à même de me conformer à la décision que Sa Majesté aura rendue à mon égard \ » Quelques jours plus tard, Soult, qui avait envoyé son serment par écrit, fut invité à venir le renouveler solennellement devant l'empereur '\ Le duc de Daimalie pouvait se regarder désormais comme rentré en grâce. Le 9 mai, il fut nommé major-général.
Soult était aussi supérieur à Berthier qu'un homme de pensée et d'action l'est à un bon commis. Mais il n'avait jamais rempli les fonctions de chef d'état-major dans un corps d'armée ^ ; l'habitude de ce service ne lui manquait pas moins que les qualités d'application et d'exactitude qu'il y faut apporter. Andréossi, chef de l'état-major général à Ulm
1. Davout, Coyresp., 1530, 1567, 1597, 1598, Soult à Davout, 11 avril. (Dossier de Soult, Arch. Guerre.)
2. Soult à Davout, 11 avril. (.Dossier de Soult.) Davout à Soult, 16 avril. [Corresp., 1598.)
3. Soult avait été seulement chef d'état-major de la division Taponnier pendant deux ou trois mois, puis chef d'état-major de la division Lefebvre pendant la campagne de 1794 dans les Pays-Bas. — Par parenthèse, il serait très hasardeux de penser que la coopération de Soult à cette campagne fut une des causes qui déterminèrent l'empereur à le choisir comme major-général pour une nouvelle campagne en Belgique. D'une part, le 9 mai, date de la nomination de Soult, Napoléon, comme on le verra plus loin, n'était point encore tout à fait décidé à porter la guerre dans les Pays-Bas. D'autre part, son expérience personnelle lui démontrait qu'après vingt ans et tant de batailles dans toute l'Europe, Soult n'avait dû conserver que de très vagues souvenirs du terrain entre la Sambre et Bruxelles. D'ailleurs on ne prend pas un major-général comme on prend un guide, parce qu'il connaît le pays !
Note de la SI" édition : Dans la Revue critique (5 juin 1899), M. Salomon Reinacli suppose que Soult fut désigné « parce qu'il s'était longtemps mesuré avec Wellington. » C'est possible, mais Napoléon aurait pu choisir Keille ou d'Erlon, qui, eux aussi, couuaissaienl bien la tactique anglaise.
et à Austerlitz ; Drouot, aide-major-général de la garde impériale; Belliard, chef d'état-major de Murât de I8O0 à 1808 et aide-major-général pendant la campagne de Saxe et la campagne de France; Reille et Drouet d'Erlon, tous deux anciens chefs d'état-major de Lannes ; Bertrand, si longtemps aide de camp de l'empereur et si habitué, comme Grand-Maréchal, à recevoir et à transmettre ses ordres ; Bailly de Monthyon, qui avait été chef de l'état-major général de 1812 à 1814 et qui en 1813, Berthier absent, avait fait deux fois l'intérim^ ; Gérard, ex-chef d'état-major de Bernadotte ; Ruty, chef d'état-major, en 1813, de l'artillerie de la Grande Armée, et tant d'autres généraux de division auraient été peut-être plus en état de remplacer le prince de Wagram. Mais pour des raisons de hiérarchie, — ou d'étiquette, — l'empereur voulait comme major-général un maréchal de France. Or, seuls deux maréchaux paraissaient aptes à ces fonctions. Il y avait Davout, mais au moment oii la France était en pleine organisation militaire, à la veille d'une guerre qui menaçait d'avoir pour théâtre, avec la Vendée et la frontière du nord, les Alpes et les Pyrénées, et alors qu'une crise politique pouvait se produire, il était de toute nécessité de laisser Davout au ministère de la Guerre et au gouvernement de Paris-. Il y avait Suchet, ancien chef d'état-major
1. Dans une lettre à Bertrand, du 8 mai Arch. Guerre), Davout, il est vrai, déclare qucMonlhyon • est inepte et peu sûr »; mais Napoléon, ap|)aremment, ne le jugeait pas si incapable puisqu'il le maintint en 1815 dans les fonctions de chef de l'étatmajor-généial.
i. Napoléon à Davout, 30 avril {Corresp., 21856) : «... Si nous avons la guerre, mon intention est de vous laisser à Paris, ministre de la Guerre, gouverneur de Paris et commandant en clief des gardes nationales, des levées en masse et des troupes de ligne qui se trouveraient dans la ville... » — Ordre de service du il juin ^cité dans les souvenirs manuscrits de Davout) : « Notre cousin le prince d'EckraiJiil est nommé gouverneur de Paris. » — D'après les souvenirs manuscrits de Davout et J. de Chénier (Bist. de Davout, 540-341), Davout demanda à plusieurs
de Joubert et de Masséna. Il semble que, au moins au point de vue de l'effet moral, l'empereur eût été bien inspiré de le préférer à Soult, car Suchet, lui, ne pouvait éveiller aucune suspicion, provoquer aucune défiance. Soult eût remplacé sans désavantage le duc d'Albuféra dans le commandement de l'armée des Alpes, et ce poste moins en vue eût moins attiré l'attention sur lui. Ainsi aurait été évité ce grand scandale, que le premier de l'armée après l'empereur et le ministre de la Guerre, fût de tous les officiers généraux celui qui s'était rendu le plus haïssable à l'armée sous le gouvernement royaP.
Soult ayant adressé un ordre à Vandamme avant que sa nomination eût été rendue officielle, le fougueux général écrivit à Davout cette lettre qui est vraiment d'une belle ironie : « J'ai reçu une lettre par laquelle le duc de Dalmatie s'annonce comme major-général. Je crois devoir l'envoyer à Votre Excellence avant d'y répondre. Gomme le duc de Raguse pourrait me donner le même avis, je dois regarder celui-ci comme non avenu jusqu'à ce que je sois prévenu de cette nomination par Votre Excellence ou par un décret impérial". »
reprises un commandement à Tarmi'.e ; mais Tempereur lui répondit invariablement ; « Je ne puis confier Paris qu'à vous. »
1. Soult, qui ne se dissimulait pas les sentiments de l'armée, tenta de ramener à lui l'opinion par un ordre du jour. 11 le soumit à l'empereur qui lui écrivit : « Je pense, pour que l'armée ne fasse pas d'observations, que vous pouvez, sans être inconséquent, dire que la fuite des Bourbons du territoire français, l'appel qu'ils font aux étrangers pour remonter sur leur trône, ainsi que le vœ\i de toute la nation, détruisent les engagements qu'on aurait pu contracter avec eui. Sans cette phrase, je pense que cet ordre du jour vous ferait du mal aux yeux des hommes ombrageux. » Napoléon à Soult, 3 juin. (Arch. nat. AF. IV. 907.) — Soult ajouta le paragraphe indiqué, en l'enjolivant d'injures contre les Bourbons et leurs partisans que Napoléon ne lui demandait pas. L'ordre du jour parut le 4 juin dans la Moniteur.
2. Vandamme à Davout, Méziôres, 12 mai. (Arch. Guerre, Armée du Nord.) — La
Avant de s'occuper des marocliaux, l'empereur avait nommé aux principaux commandements les i;t'néraux qui pouvaient ambitionner le maréchalat (A qu'il y avait déjà promus dans son esprit. Il comptait trouver parmi ces hommes « ayant leur chemin à faire », comme il disait, plus d'ardeur et de dévouement que chez ses anciens camarades tout charges de gloire et d'honneurs*. Il donna le 1" corps d'armée à Drouet d'Erlon, divisionnaire de 1805, présenta léna et à Friedland et l'un des meilleurs lieutenants de Masséna et de Soult dans les guerres d'Espagne. Reillc, vétéran des campagnes d'Italie, divisionnaire de 1807, commandant une division de la garde à Wagram et chargé, à la fin de 1812, du commandement en chef de l'armée de Portugal, eut le 2" corps. Gérard, colonel à Austerlitz, brigadier à léna, divisionnaire à la Moskowa, un des héros, avec Ney, des combats soutenus à l'arrière-garde pendant la retraite de Russie, et le seul officier de son grade qui eût commandé un corps d'armée durant la campagne de France, reçut le 4* corps. Le o" corps (plus tard armée du Rhin) fut confié à Rapp, l'homme aux vingt-deux blessures, l'intraitable défenseur de Dantzig, divisionnaire de ISOo, aide de camp de Napoléon pendant douze ans. Mouton, comte de Lobau, un des
Dominalion de Soult, signée le 9 mai (décret impérial, 9 mai. Arch. Guerre, carton de la correspoiiilaiicc de Napoléon), ne fui mise à l'ordre du jour que le 14 mai. (Circulaire de Uavoul, 13 mai. Arcli. Guerre, Armée du Nord.)
1. « Mes maréchaux en avaient assez. Ils auraicut voulu être des maréchaux de Louis XV. • Las Cases, Mémorial, VI, 35,
plus habiles manœuvriers de l'armée, divisionnaire de 1807, eut le commandement du G*" corps en formation à Paris. Charles Lebrun, fils du duc de Plaisance et vaillant général de cavalerie, fut mis provisoirement à la tète du 3° corps. L'empereur comptait l'y remplacer, quand il en serait temps, « par un général plus habile », Au milieu d'avril, il donna ce corps d'armée à Vandamme^
Napoléon n'aimait point ce rude soldat, mauvais coucheur s'il en fut ; mais les grandes qualités militaires de Vandamme et son ancienneté de grade (il avait été nommé divisionnaire à vingt-sept ans, en 1799) le désignaient entre tous pour un commandement. 11 l'exerça, du moins tant qu'il ne releva que de soi-même, avec une conscience, une fermeté, un zèle incomparables. Soigneux de tous les détails d'organisation, d'habillement, d'instruction militaire, prompt à sévir contre les embaucheurs et les alarmistes, ardent à enflammer l'esprit des soldats, des mobilisés et des habitants des Ardennes et de la Meuse, Vandamme mérita cet éloge de Davout : « Vous avez communiqué tout votre feu dans le pays où vous êtes". «
Envoyé à Bordeaux pour y faire reconnaître le gouvernement impérial, Clauzel, qui s'était particulièrement distingué en Italie et en Espagne, resta
1. Napoléon. Corresp,, 21723. Cf. Davout à Lebrun, 31 mars. (Arch. Guerre, Armée du iVord.) Uavout à l'empereur, 19 avril. (Arch. nal. AF. IV, 1939.) —Lebrun repril ses lonctions d'aide de camp de l'empereur.
2. Vandamme a Davout, Mézières, 20 et 30 avril, 9 et 14 mai. Ordres de Vandamme, Mézières, 2 mai, 7 mai. Rapport à Clarke du lieutenant Jallot, du 11" chasseurs, déserteur, Gaad, 12 juin. Davout à Vandamme, 7 et 29 mai. (Arch. Guerre, Armée du Nord.)
Avanl do recevoir le commandement du 3" corps (le 20 avril), Vandamme avait été chargé de l'inspection militaire et politique des places situées au nord de Lille; il avait rempli cette mission avec le plus grand zèle. (Vandamme à Davout, 28 mars et 30 avril. Arcli. Guerre.)
dans cette ville comme gouverneur de la iV division militaire ; il reçut en outre le commandement du corps des Pyrénées Occidentales. Le général Decaen, vétéran des campagnes du Rhin et de la Vendée, et six ans gouverneur de l'île de France et de Tîle Bourbon, avait sincèrement voulu conserver Bordeaux au roi ; mais comme la duchesse d'Angoulême elle-même, il avait dû céder aux événements. Il revint à Paris d'oîi il repartit pour Toulouse à la iin de mai. L'empereur lui avait confié le commandement des 9" et 10* divisions militaires et du corps des Pyrénées Orientales. Decaen aurait mieux fait de demander un corps ou une division à l'armée du Nord que d'accepter ce poste à la fois politique et militaire. En raison de sa conduite à Bordeaux, il allait se trouver à Toulouse dans l'alternative de devenir suspect à l'empereur, s'il montrait peu de zèle, ou de se rendre doublement odieux aux royalistes s'il agissait avec la fermeté rigoureuse qu'exigeaient les circonstances. Decaen prit ce dernier parti, comme il le devait, et se fit exécrer dans tout le Languedoc ^
Rayé des cadres en 1804, pour avoir manifesté en pleine audience l'indignation que lui causait le procès de son camarade Moreau, Lecourbe avait été réintégré dans son grade par Louis XVIIL A Lonsle-Saunier, il avait tenté d'empêcher la défection du maréchal Ney, et, sur le rapport de celui-ci, Napoléon avait prescrit de l'arrêter. Mais il vint aux Tuileries protester son dévouement. Heureux de s'attacher cet officier éprouvé qui passait pour répu-
1. CorresponJancc de Decaen, juin. (Arch. Guerre, Armée des Pyrcinécs Orien- Ules.) Cf. Villcle, Mém.. 1, 296-2a7. — Sur Clauzel el Decaen, TOir aussi 1815, 1, 405-4 U, 625.
blicain et dont le nom était resté cher aux anciens des armées de Sambre-et-Meuse, du Rhin et d'Helvétie, l'empereur lui donna le commandement du corps du Jura\
Lamarque s'était improvisé, le 20 mars, commandant de la place de Paris. Remplacé deux jours plus tard par le général Hullin, qui avait occupé ce poste de 1807 à 1814, il reçut une division du corps de Reille ; puis il fut envoyé en Vendée comme général en chef de l'armée de TOuest. Il avait combattu les bandes des Abruzzes et les guérillas des sierras d'Aragon. Son expérience de la guerre de partisans le désignait pour commander contre les Vendéens''.
Le général Durosnel, ancien aide de camp de l'empereur, eut le commandement en second de la garde nationale de Paris dont Napoléon était nominalement commandant en chef. Durosnel comptait de beaux services dans la cavalerie ; mais tandis que Moncey, Ornano, Hullin, d'Hériot, Lespinasse s'étaient trouvés à Paris pendant la campagne de 1814, lui, fait prisonnier à Dresde, n'était rentré en France qu'après la paix. Ignorant ainsi ce qu'avait fait la garde nationale, et surtout ce qu'elle aurait pu faire, il se trouvait mal préparé à la commander. Avec du zèle et de l'énergie il aurait pu suppléer à cette inexpérience ; mais il se laissa circonvenir par son état-major, tout rempli de royalistes secrets et de libéraux aveuglés^ Loin d'insuffler l'esprit de
1. Napoléon, Corresp., 21732, Davout à Rapp, 16 avril. (Arch. Guerre.) C(. Procès de Neij, II. 141, et 1815, I, 315-317. et la note 3 de la page 318.
2. Lamarque à Gouvioii Saiul-Cyr, Tours, 27 juillet. (Arch. Guerre, Armée de la Loire.) Cf. Napoléon, Corresp.. 21948.
3. Napoléon à Durosnel, 30 avril. (Arch. nat. AF. IV, 9Ù7.) Voir aussi sur Dures-
LES 6ÉNÉRAUX. 67
patriotisme et d'abnégation dans toute la garde nationale, il ne tarda pas à prendre les sentiments de prudence égoïste qui guidaient l'élite de cette milice censitaire. Chargé de la revision du personnel*, il fit ce travail à tort et à travers, comme s'il voulait seulement paraître donner satisfaction à l'empereur. Il lui fallut bien rayer des contrôles des officiers à la fois trop compromis et trop connus, comme Decazes et Kémusat, mais il y maintint des hommes tels que le major Billing, ami intime de Comte, rédacteur du Censeur, et le chef de légion Acloque qui défendait à la musique de jouer Veillons an salut de l'Empire, sous prétexte que c'était « un air incendiaire ». De très chauds partisans de l'empereur furent destitués, nommément le commandant Beck, le seul des officiers supérieurs de la 6* légion qui eût combattu aux Buttes-Chaumont en 1814, le capitaine Albert, qui avait fait le voyage de l'île d'Elbe, le capitaine Ollivier, qui avait équipé à ses frais la moitié de sa compagnie -. En outre, Durosnel mit tout en œuvre pour empêcher la création des tirailleurs fédérés, puis pour en retarder l'organisation. « Armer pareilles gens, disait-il, ce serait provoquer l'inquiétude et le mécontentement dans la garde nationale . » Or , commandés exclusivement par des officiers àlademi-
nel le satisfecit que lui décerna Dessolles en reprenant, au nom du roi, le commandement de la garde nationale. Ordre du jour supplémeataire du 8 juillet. {Moniteur, 10 juillet.)
1. t) après une lettre de l'empereur, (Napoléon. Corresp., 21868.) Carnot, R(5al, Dubois, Reemaud, devaient seconder Durosnel lians ce travail, mais la correspondance de Durosnel en avril et mai (Arch. nat, F. 9, 766) prouve que lui seul ou à peu près seul s en occupa.
2. Rapport de Durosnel à l'empereur. 30 mai et 6 juin. Perregaui a 1 einpi-roiir, 3 juin. Lettres diverses et notes de poiice. 28 et 31 mai, 1"' juin, i juin. lArcli. nat. AF. IV, 1933 et F. 7, 3774.)
solde, et ayant pour chef le général Darricaii, qui avait gagné ses grades au siège de Toulon, en Egypte, à la Grande Armée et en Espagne, et qui, au contraire de Durosnel, avait la foi et l'ardeur, les tirailleurs fédérés eussent contribué efficacement à la défense de Paris. Comme le disaient Garnot et Davout, la création de ces bataillons d'ouvriers ne pouvait mal impressionner que les esprits hostiles ou pusillanimes '.
Les nominations dans l'armée étaient faites par l'empereur motit propino ou sur la proposition de Davout; quelquefois même le ministre de la Guerre nommait directement aux emplois-. Pas plus que Napoléon, Davout n'était infaillible. 11 y eut des choix maladroits, il y en eut de pitoyables. Berckheim et Millet, qui n'avaient jamais servi que dans la cavalerie, et Molitor, divisionnaire de 1802 (à trente-deux ans), qui, en raison de ses grandes qualités militaires, aurait dû être employé aux armées d'opérations, furent appelés à commander des gardes nationales , tandis que Marcognet, médiocre officier, et Donzelot, qui avait perdu l'habitude de la guerre dans ses sept années de gouvernement à Corfou, eurent l'un et l'autre une division au 1" corps de l'armée du Nord. Peu de jours après avoir été relevé de son commandement, le colonel du 14^ chasseurs, un des plus fidèles officiers du duc d'Angoulôme pendant la campagne du Midi,
1. Mathieu Dumas à l'empereur, s. d. (mai). Davout à l'empereur, T juin. (Arch. nat. AF. IV, 1935 et AF. IV, 1936.) Sur les fédérés parisiens, voir 1815, I, 627,
2. Napoléon, Corresp., 21263, 21960, 21926. — Davout {Corresp., 1740) assure, il est vrai, n'avoir nommé Charabarlliac à Dijon que sur la désignation verbale de Napoléon. Mais d'autres officiers furent pourvus d'emplois par lui sans la ratification de l'empereur. Il n'y a point de doute sur ce point.
fut proposé pour un régiment de mobilisés. Un «utre colonel, que sa lâcheté au feu avait jadis fait mettre en non-activité, fut aussi l'objet d'une proposition pour un régiment de lignée Enlin le général Moreau, le pusillanime commandant de Soissons en 1814, qui n'avait évité une condamnation capitale que grâce à la chute de Napoléon, fut désigné pour commander une brigade active -. L'empereur pouvait dire avec raison : « Il me semble que parmi les officiers généraux, il y a un grand nombre de jeunes gens plus habiles que ceux qu'on me propose ^w
Surchargé de travail et absorbé par les plus graves soucis, l'empereur ratifiait souvent les propositions de Davout sans les examiner. Il s'en prenait ensuite à ce ministre, qui, paraît-il, était peu aimé aux Tuileries à cause de sa raideur et de sa sévérité dans le service. Aussi ne manquait-on point dans l'entourage impérial d'incriminer tous ses actes susceptibles de quelque critique*. Afin d'avoir une garantie de plus pour le personnel militaire, l'empereur chargea son aide de camp Flahaut de reviser les propositions du ministre de la Guerre. « Recueillez, lui écrivit-il, tous les renseignements qu'il vous sera possible sur les généraux et officiers, car, si je fais de mauvais choix, c'est à vous que je m'en prendrai'. »
1. Napoléon à Davout. 2 mai et 16 mai. (Arch. nat. AF. IV. 907, et Mise de Blocqueville, le Maréchal Davout, IV, 137.) Lettre de Flahaut àTtiiers, l"' octobre 1861 (citée par F. Masson, le Général Flahaut. 20-21.)
2. Moreau à Clarine, Châteauroux, 19 nov. 1815, et états des services de Moreau. (Dossier de Moreau. Arch. Guerre.) — Sur la conduite de Moreau, voir 1814, 145- 157,