‹ 1815Chapitre 39 sur 260 · Napoléon à Flahaut, 13 avril. (Arch. nat. AF. IV · texte numérisé non relu

Napoléon à Flahaut, 13 avril. (Arch. nat. AF. IV

4. Souvenirs manuscrits de Davout (comm. par M. le général Davout, duc d Auerstaedt). Cf. Davout, Corresp., 1607; Fleury de Chaboulon, Mém., I, 262.

5. Napoléon à Flahaut, 18 avril. lArch. nat. AF. IV, 907.) Cf. Napoléon à Flahaut, 12 mai. (Arch. Guerre, carton de la Corresp. de Napoléon.)

D après une autre lettre de Napoléon à F'Iahaut du 13 avril (Aroh. nat. AF. IV,

D'une extrême bravoure et excellent officier d'étatmajor, Flahaut s'était montré aussi brillant cavalier à Friedland et à la Moskowa que diplomate habile à Neumark et à Lusigny. 11 n'en passait pas moins pour devoir à la faveur son avancement vraiment extraordinaire. De fait, après n'avoir jamais commandé qu'un escadron , il avait été nommé, à vingt-huit ans (en 1813), général de division. Si jeune lieutenant-général, peut-être eût-il dû décliner cette mission, bien délicate à l'égard d'un homme comme Davout. En tout cas, sans pour cela y mettre moins de zèle, il aurait pu la remplir d'une façon plus discrète. Il s'installa chaque jour plusieurs heures dans les bureaux de la Guerre, bouleversant les dossiers, se faisant rendre des comptes, rayant de sa propre autorité des noms portés sur les états de proposition et donnant même directement des ordres opposés à ceux de Davout\ Les choix n'en furent pas meilleurs ^ car, malgré son dévouement et son intelligence, l'aide de camp de l'empereur ne pouvait mieux juger que Davout. Le prince d'Eckmûhl se sentit profondément blessé de cette inquisition dont, au reste, il fut assez vite délivré\ 11 s'en était expliqué avec l'empereur, lui disant que si ce n'était une lâcheté d'abandonner

907), Lobau et La Bédoyère devaient partager cette mission avec Flahaut. Pour une raison ou pour une autre, ce dernier en resta seul chargé.

1. Souvenirs manuscrits de Davout, précités. Cf. F. Masson, le Général Flahaut, 21-22, et Chéuier, Hist. de Davout, II, 503-504.

2. Plusieurs des mauvais choix cités à la page précédente sont, en effet, postérieurs au 18 avril, joui' oîi Flahaut fut chargé de contrôler les propositions.

Z. A dater du 15 mai, il n'y a plus apparence dans la Correspondance de Napoléon que Flahaut s'occupe encore du personnel, cl, d'après plusieurs lettres, il semble que l'empereur chargea le maréchal Davout de faiie directement certains choix d'officiers frénéraux.

son poste en de pareilles circonstances il ne resterait pas une heure au ministère \

Parmi les officiers pourvus de commandements, il se trouvait donc quelques hommes incapables, usés avant l'âge ou d'un dévouement douteux ; mais le haut personnel de la dernière armée impériale formait cependant un admirable ensemble. On peut même dire que, à moins de révolutions et de guerres analogues à celles qui se succédèrent de 1789 à 1814, jamais l'armée française n'aura de pareils chefs. Indépendamment de leurs qualités militaires innées, ils possédaient cette force : l'expérience, et cette vertu : la jeunesse. Tous avaient fait plus de vingt ans la guerre, et aucun n'avait cinquante ans. Napoléon avait quarante-six ans, Davout quarante-cinq ans, Soult quarante-six ans, Ney quarante-six ans, Grouchy quarante-neuf ans, Drouet d'Erlon quarante-neuf ans, Lobau quarantecinq ans, Lamarque quarante-cinq ans, Kellermann quarante-cinq ans, Reille quarante-quatre ans, Vandamme quarante-quatre ans, Rapp quarante-trois ans, Clauzel quarante-trois ans, Suchet quarantetrois ans, Pajol quarante-trois ans, Gérard quarantedeux ans, Drouot quarante-et-un ans, Exelmans quarante ans. Voilà pour les commandants des corps d'armée et des corps de cavalerie. Parmi les généraux de division, plusieurs, Allix. Pire, Flahaul, Berckheim, Teste, avaient moins de quarante ans. Le plus jeune des généraux de brigade était La Bédoyère. Il avait vingl-neuf ans.

Page 1